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Dans un contexte d'intensification des frappes, les principaux soutiens de Kiev échangeront lundi à la mi-journée. Emmanuel Macron a déjà annoncé samedi l'envoi de nouveaux missiles intercepteurs pour aider Ukraine.
Publié le 24/08/2026 06:01
Temps de lecture : 4min
Le chancelier allemand Friedrich Merz, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron le 6 janvier 2026 à l'Elysée (Paris). (LUDOVIC MARIN / AFP)
Plus de quatre ans après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, aucune issue ne se dessine. Les avancées sur le front sont minimes et la diplomatie est à l'arrêt. Les frappes, elles, s'intensifient, la Russie tuant de plus en plus de civils en Ukraine, profitant des difficultés de la défense antiaérienne, tandis que Kiev, avec ses drones, parvient à toucher le territoire russe de plus en plus en profondeur.
C'est dans ce contexte que la coalition des volontaires pour l'Ukraine, qui rassemble les plus fidèles soutiens de Kiev, se réunit une nouvelle fois, lundi 24 août, à 13 heures dans un format "hybride", c'est-à-dire avec certains participants en présentiel et d'autres en visioconférence. La réunion sera coprésidée par Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et, pour la première fois, le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham.
Selon un responsable européen, une dizaine de participants, dont le président du Conseil européen Antonio Costa, se trouveront à Kiev autour du président Volodymyr Zelensky. "Cette réunion, qui se tiendra symboliquement le jour du 35e anniversaire de la célébration de l'indépendance de l'Ukraine, sera l'occasion de réaffirmer notre soutien résolu au peuple ukrainien et à son combat pour préserver la souveraineté et l'indépendance", a affirmé la présidence française. On vous résume les enjeux des discussions.
Répondre à l'intensification des bombardements
Ces dernières semaines, l'Ukraine fait face à des frappes incessantes et particulièrement meurtrières. Vendredi, c'est un important centre commercial de Kryvyï Rih qui a été touché par des drones russes, faisant au moins 16 morts, trois disparus et 130 blessés selon un bilan communiqué samedi. Dans la nuit qui a suivi, sept autre personnes ont été tuées par des frappes russes à travers le pays, tandis que des frappes ukrainiennes faisaient six morts en Russie ou en Crimée annexée.
De part et d'autres, les frappes visent un nombre croissant d'installations civiles. L'Ukraine, capable de frapper de plus en plus loin en territoire russe, vise ainsi les entrepots logistiques, notamment ceux des géants russes du commerce en ligne Wildberries et Ozon. De son côté, la Russie a fait du mois de juillet le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis mai 2022, avec au moins 437 civils tués, en hausse de 30% par rapport à juin et de 70% par rapport à juillet 2025, selon la Mission de surveillance des droits de l'Homme des Nations unies en Ukraine. Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky ne cesse de pousser ses alliés à envoyer des moyens supplémentaires.
Livrer de nouveaux missiles intercepteurs
L'Ukraine manque de missiles intercepteurs pour faire face à ces attaques. Kiev est donc de plus en plus vulnérable aux tirs de Moscou et la coalition des volontaires devrait aborder la question du renforcement de la défense anti-aérienne ukrainienne. Volodymyr Zelensky réclame depuis des mois à ses alliés occidentaux de nouveaux moyens, notamment des intercepteurs américains Patriot, dont les stocks mondiaux ont été affaiblis depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
"Malheureusement, les missiles balistiques constituent le plus grand défi à l'heure actuelle", a encore souligné jeudi le président ukrainien. "Nous avons besoin de missiles pour les [batteries antimissiles] Patriot, ce que seuls nos partenaires peuvent nous fournir", a-t-il ajouté. En juillet, les Etats-Unis avaient ouvert la porte à l'idée d'autoriser l'Ukraine à les produire eux-mêmes, mais cette perspective reste lointaine.
Faisant référence à l'attaque du centre commercial de Krivyï Rih, Emmanuel Macron a annoncé samedi sur X l'envoi de nouveaux missiles intercepteurs, dont il n'a pas précisé le modèle, pour "donner à l'Ukraine tous les moyens nécessaires pour défendre son ciel".
"Il est essentiel que tous les pays qui ont des moyens en leur possession se joignent aussi à cet effort."
Si l'Ukraine souffre à ce point d'une pénurie d'intercepteurs face aux salves de missiles balistiques russes tirés chaque jour, c'est d'abord en raison d'une stratégie russe d'épuisement des défenses aériennes de Kiev. Comme le détaille L'Express, l'armée russe pilonne notamment la région d'Odessa avec des missiles de croisière de type S8000 Banderol avec une stratégie dite du "missile spam", c'est-à-dire de frapper de façon répétée avec ces projectiles au faible coût de fabrication, notamment pour user les stocks d'intercepteurs ukrainiens.
Renforcer la pression sur la Russie
La coalition des volontaires pour l'Ukraine a également pour but de réaffirmer la détermination des dirigeants "à renforcer la pression exercée sur la Russie", selon le communiqué de l'Elysée. Les alliés doivent ainsi poursuivre "leur coordination sur les mesures visant à réduire les ressources" dont dispose Moscou pour financer son effort de guerre, "notamment à travers la lutte contre la flotte fantôme", ajoute l'Elysée.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a d'ailleurs annoncé le 17 août, dans le journal allemand Die Welt, vouloir augmenter d'un tiers le nombre d'entités russes sanctionnées. "Pour cet automne, je propose la liste de sanctions la plus ambitieuse depuis le début de la guerre", a ajouté la diplomate. Depuis le début de l'invasion russe, l'UE a adopté 21 trains de sanctions, qui "ont déjà coûté très cher à la Russie, privant sa machine de guerre de plus de 1 000 milliards d'euros", a-t-elle revendiqué.
Préparer la paix
L'objectif final de la coalition des volontaires reste la fin de la guerre. La réunion de lundi sera donc l'occasion "de poursuivre les travaux relatifs aux garanties de sécurité afin de contribuer à l'établissement d'une paix juste, robuste et durable en Ukraine", précise encore l'Elysée.
Dans le cadre des discussions entre la Russie et l'Ukraine pour cesser le conflit, les Européens avaient avancé sur des pistes pour garantir la sécurité du territoire ukrainien, avec notamment le déploiement d'une force multinationale et des mécanismes de surveillance d'un éventuel cessez-le-feu.
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