Les avions militaires mettent trop de temps à arriver (car les pilotes et les cales doivent être préparés): «c’est la faute à Macron». Il n’y a pas assez de canadairs (car l’Etat n’a plus d’argent et les usines sont engorgées): «c’est la faute au gouvernement». Ces aéronefs sont trop nombreux en maintenance (car il faut assurer leur entretien à tour de rôle pour des raisons de sécurité): «c’est la faute au ministre». Le débat politique sur la lutte contre les feux de forêt en France est complètement parti en vrille ce week-end sous la pression des images et des témoignages bouleversants venant des historiques incendies de Gironde.
Face à de telles catastrophes vertigineuses, le débat politique est évidemment le bienvenu. L’exécutif a des comptes à rendre. Il doit organiser à l’avance sa réaction face à de telles situations prévisibles au vu du réchauffement climatique (et, autre sujet bien moins discuté, avec tous ses prédécesseurs de droite comme de gauche, il aurait dû agir davantage pour limiter l’ampleur de ce réchauffement d’origine humaine).
Lire aussi: Les feux de Gironde enflamment le débat politique français en pleine campagne présidentielleLes voix les plus critiques du moment auraient-elles fait mieux si elles avaient été au pouvoir?
Mais une autre salve de questions s’impose tout de même: les voix les plus critiques du moment auraient-elles fait mieux si elles avaient été au pouvoir? Auraient-elles fait ou ne serait-ce que permis d’autres arbitrages budgétaires avec les finances publiques en crise qui sont celles de la France? N’était-ce pas elles qui freinaient des quatre fers quand il fallait limiter les dépenses de retraites pour assurer la survie du reste des services publics? Qui dénonçaient les mesures d’économies, que ce soit sur les dépenses sociales, d’une part, ou sur les augmentations d’impôts, d’autre part? Et qui demandaient déjà davantage de moyens pour la justice, la police ou les climatiseurs à la suite de précédentes spectaculaires séquences d’actualité?
De plus en plus notables au fur et à mesure que les cruciales élections de 2027 approchent, les dérives populistes d’un très large spectre du paysage politique français, la violence des débats qui partent au quart de tour avant même que les cendres du dernier drame en cours aient eu le temps de retomber, tranchent avec la solidarité et l’unité que devrait provoquer ce genre de catastrophe. Parions qu’à l’automne, quand les chaleurs estivales seront oubliées, ces politiciens seront passés à autre chose. Et que quand les débats budgétaires arriveront, ils seront de retour à la défense bornée de leurs stricts intérêts électoraux immédiats, qu’ils soient sociaux ou fiscaux.
Voir aussi: En images - Le choc visuel des mégafeux en France

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