En cherchant le marteau perdu d’un fermier du Suffolk le 16 novembre 1992, Eric Lawes, jardinier retraité et détectoriste amateur, a littéralement fait entrer ce simple outil au British Museum. Dans le même champ, près du village de Hoxne, il a mis au jour 14 865 pièces romaines en or, en argent et en bronze, avec environ 200 objets de vaisselle d’argent et de bijoux en or. Le marteau a suivi le trésor jusqu’à Londres, et il y figure aujourd’hui dans les collections.
Il possède même sa propre fiche d’inventaire.
À retenir
- Un jardinier retraité cherchait le marteau d’un fermier du Suffolk en novembre 1992.
- Le détecteur a révélé 14 865 pièces romaines en or, argent et bronze près de Hoxne.
- Le marteau figure aujourd’hui dans les collections du British Museum, sous le numéro 1994,0408.410.
Sommaire
Peter Whatling, fermier locataire, avait perdu un marteau et avait demandé à son ami Eric Lawes de l’aider à le retrouver. Le champ se situait au sud-ouest du village de Hoxne. Lawes, retraité, avait l’avantage de posséder un détecteur de métaux. Selon plusieurs récits, ce détecteur était un cadeau de départ à la retraite.
L’appareil a fini par signaler autre chose que du fer moderne. Lawes a déterré des chaînes en or, des cuillères en argent et des pièces, dont une partie a fini dans deux sacs en plastique de supermarché. Il a ensuite prévenu Whatling, puis les propriétaires du terrain, le conseil du comté du Suffolk, et la police.
Lawes a laissé le reste en terre.
Une fouille d’urgence bouclée en une journée
Le lendemain, une équipe d’archéologues de la Suffolk Archaeological Unit a mené une fouille d’urgence sur le site. Tout le dépôt a été dégagé en une seule journée, plusieurs gros blocs de matière intacte étant prélevés pour être fouillés ensuite en laboratoire.
Ce choix a payé. Grâce à ces blocs, les spécialistes ont pu déterminer la disposition d’origine des objets dans leur contenant, un coffre dont l’existence même a pu être établie. L’opération s’est d’abord déroulée dans la discrétion, de peur que l’emplacement ne s’ébruite et que le site ne soit pillé. Raté : le 19 novembre, le tabloïd The Sun faisait sa une avec Lawes et son détecteur, en avançant une valeur de 10 millions de livres.
Le British Museum a répondu par une conférence de presse le 20 novembre. Elle a calmé l’intérêt des journaux et laissé aux conservateurs le temps de classer et de nettoyer les pièces. Une chronologie serrée, quatre jours entre le champ de Suffolk et la presse nationale.
Le contenu a de quoi expliquer la fièvre. Les pièces datent de la fin du IVe siècle et du début du Ve siècle. Parmi les objets, une chaîne de corps en or et des poivrières en argent doré, dont la poivrière dite de l’Impératrice. Les archéologues y voient le bien d’une famille très aisée de la Bretagne romaine, sans pouvoir l’affirmer.
1,75 M£ et une loi réécrite
En 1993, le Treasure Valuation Committee a estimé le trésor à 1,75 M£.
Auparavant, il a fallu déterminer le statut juridique de la trouvaille. Le trésor a été jugé sans propriétaire connu et caché dans l’intention d’être récupéré plus tard, ce qui relevait de l’ancien principe du « treasure trove ». Ce régime coutumier s’appliquait aux objets cachés délibérément et composés essentiellement d’or ou d’argent. Un jury de coroner s’est prononcé en 1993, avant que le comité chiffre la valeur.
Cette affaire a pesé dans la réforme qui a suivi. La trouvaille a aussi amélioré les relations entre détectoristes et archéologues, et influencé un changement du droit anglais sur les trésors, le Treasure Act de 1996. Le cas de Hoxne montrait ce qu’un détecteur de métaux pouvait faire sortir d’un champ ordinaire, et ce qu’un inventeur honnête permettait de préserver.
Le partage exact de la somme entre les deux hommes n’est pas détaillé ici, les sources divergeant sur ce point.
Le marteau, pièce de musée
Le marteau porte le numéro d’inventaire 1994,0408.410 au British Museum. La fiche le décrit comme un « Modern iron hammer, wooden haft », un marteau moderne en fer à manche de bois, long de 393 mm. Rien de romain là-dedans, et personne ne prétend le contraire.
Sa présence s’explique par une phrase de la notice : le trésor a été trouvé alors que Lawes cherchait ce marteau, ce que la fiche formule ainsi : « The Hoard was found while the finder, Mr Lawes, was looking for this hammer ». Le trésor excavé est parti pour Londres avec le marteau de Peter Whatling.
Une précision, pour finir : certains récits parlent du marteau de Lawes, alors qu’il appartenait au fermier Whatling. Les pièces les plus importantes du trésor sont présentées dans une reconstitution en plexiglas du coffre de chêne et des boîtes intérieures où elles avaient été déposées.
Sources : threads.com | ancient-origins.net


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