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International 14/05/2026 08:36 Actualisé le 14/05/2026 09:01
Lors d’un premier entretien entre les dirigeants des deux principales puissances mondiales, la question de Taïwan a été abordée très directement.
Par Alexandre Boudet avec AFP

KENNY HOLSTON / AFP
Donald Trump a été accueilli par Xi Jinping à Pékin ce jeudi 14 mai.
EN BREF • En Chine pour trois jours, Donald Trump a été accueilli une première fois par son homologue Xi Jinping pour un long entretien.
• Le président chinois a mis en garde son homologue sur la question de Taïwan dont Pékin revendique la souveraineté.
• Ce sujet est un point de friction entre les deux dirigeants qui doivent aussi s’entretenir sur la guerre en Iran qui mine l’économie mondiale.
Cela faisait neuf ans qu’une telle visite n’avait pas eu lieu. Le déclenchement de la guerre en Iran, à la fin du mois de février, l’a même retardée de deux mois. Mais Donald Trump est bien arrivé en Chine mercredi 13 mai pour une visite qui doit durer jusqu’à vendredi. Ce jeudi, le président chinois Xi Jinping a reçu son homologue américain en grande pompe au palais du Peuple, qui jouxte la place Tiananmen.
À l’issue d’un premier très long échange, les services chinois ont évoqué les sujets abordés par les deux leaders mondiaux : « Moyen-Orient, guerre en Ukraine et situation sur la péninsule coréenne ». Mais alors même que l’entretien était toujours en cours, la télévision d’État a fait état d’une mise en garde de Xi Jinping à Donald Trump sur un autre dossier, considéré à Pékin comme « le plus important dans les relations sino-américaines ».
La Chine veut Taïwan dans son territoire
Il s’agit de la question de Taïwan, île asiatique dont la souveraineté est contestée. La Chine la considère comme l’une de ses provinces qu’elle entend unifier avec le reste de son territoire alors que les États-Unis accordent un soutien sans faille aux dirigeants de l’île. « Si la question est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et États-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit », a déclaré le président chinois, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire.
Pékin plaide officiellement pour un rattachement pacifique de l’île à son territoire mais la menace de l’utilisation de la force plane toujours. Les autorités chinoises sont surtout hostiles à tout agissement qui à leurs yeux peut nuire à une « réunification » non négociable et inéluctable selon elle. C’est ainsi qu’elles s’opposent aux livraisons d’armes américaines. De leur côté, les Américains apportent un soutien militaire robuste sans aller vers une reconnaissance à part entière ni un appui officiel aux velléités d’indépendance.
Ce premier avertissement est bien sûr intervenu loin des caméras qui ont été priées de quitter la pièce où l’échange entre les deux présidents a eu lieu. Avant que les portes ne se referment, Donald Trump fidèle à sa stratégie très personnelle entre les dirigeants avait proclamé son « honneur d’être aux côtés » de Xi Jinping et « l’honneur d’être (son) ami ». « Les relations entre la Chine et les États-Unis vont être meilleures que jamais », a-t-il dit. « Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux. J’ai un tel respect pour la Chine, pour le travail que vous avez accompli. Vous êtes un grand dirigeant, je le dis à tout le monde », a-t-il renchéri.
« Partenaires, pas rivaux »
Il compte sur ces trois jours en Chine pour sceller la réconciliation économique des deux principales puissances mondiales. Les deux superpuissances se sont livrées en 2025 une farouche guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples, dès après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Les deux pays ont conclu en octobre une trêve dont les suites devraient figurer parmi les sujets de discussion du sommet. D’autant que depuis octobre, la Chine ressent directement l’impact d’autres politiques conduites par les États-Unis au Venezuela et plus encore en Iran. « Nous devons être des partenaires, pas des rivaux », a exhorté le dirigeant chinois à son homologue.
« Pouvons-nous unir nos forces pour relever les défis mondiaux et apporter une plus grande stabilité au monde ? », a-t-il demandé en citant les enseignements de Thucydide, un historien de l’antiquité grecque, ayant théorisé le risque de guerre quand une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante.


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