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La Réserve fédérale de New York a orchestré une vente d’euros inédite pour acheter des yens. La monnaie nippone avait enregistré en juillet ses plus bas niveaux depuis près de quarante ans.

Dans une salle des marchés, à Tokyo, le 31 juillet 2026. Dans une salle des marchés, à Tokyo, le 31 juillet 2026.

Washington a bel et bien dépensé pour soutenir le yen qui a atteint dernièrement ses plus bas niveaux en quarante ans. Donald Trump a confirmé, dimanche 2 août, ce que le Financial Times avait avancé quelques heures plus tôt, à savoir que les Etats-Unis étaient intervenus pour soutenir la monnaie nippone.

Interrogé à bord de l’avion présidentiel Air Force One sur les raisons d’un tel acte, le président américain a répondu : « Parce que nous avons une bonne relation avec le Japon ». Les Etats-Unis vont tirer un « avantage financier » de cette décision, a insisté Donald Trump, mais « c’était avant tout (…) un geste d’amitié », également « bon pour l’économie mondiale ».

Citant trois sources anonymes proches, le Financial Times avait affirmé, dimanche, que « la Réserve fédérale de New York a[vait] pris la décision inhabituelle de procéder à une vente d’euros pour acheter des yens pour le compte du Trésor » vendredi, en coordination avec le Japon. Il s’agissait alors de « la première fois en près de trente ans que Tokyo et Washington [unissaient] leurs forces pour soutenir la monnaie japonaise par le biais d’achats directs », a écrit le journal américain.

Remontée soudaine du yen

Cette intervention a coïncidé avec la remontée soudaine du yen, qui avait enregistré en juillet ses plus bas niveaux depuis décembre 1986, plombée par les écarts de taux entre le Japon et les Etats-Unis. Le yen s’est envolé jeudi face au dollar et les cambistes suspectent Tokyo d’avoir acheté d’importantes quantités de yens avec des dollars pour soutenir la devise nationale.

Vendredi, le yen s’échangeait à 160,53 (soit 0,88 euro) face au dollar, après avoir atteint 158 yens (0,87 euro) la veille sur fond de rumeurs d’une intervention gouvernementale japonaise.

Selon des analystes cités par le Financial Times, l’intervention japonaise a porté sur quelque 52,8 milliards de dollars (45,7 milliards d’euros environ), quand le quotidien économique Nikkei l’a évaluée entre 37,5 à 44 milliards de dollars.

Les taux japonais restent bien inférieurs à ceux des Etats-Unis, ce qui pèse sur la monnaie nippone. D’autant que les marchés anticipent une nouvelle hausse des taux de la Fed au moins une fois avant la fin de l’année, intensifiant la pression.

Cette disparité de rendements encourage le « carry trade », un mécanisme qui consiste à emprunter dans une devise dont la banque centrale pratique des taux bas, pour placer ses fonds dans une monnaie aux rendements plus élevés, ce qui plombe la première pour renforcer la seconde.

Le Monde avec AFP