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En août 2021, les talibans revenaient au pouvoir en Afghanistan. Cinq ans après, certains se demandent s'il faut oui ou non avoir des relations avec les autorités du pays.
Publié le 12/08/2026 07:45
Temps de lecture : 2min
Une militante d'Amnesty International brandit une banderole "Halte à l'accord avec les talibans" devant le siège de la Commission européenne pour protester contre une rencontre avec une délégation talibane à Bruxelles le 23 juin 2026. (NICOLAS TUCAT / AFP)
Les pays occidentaux doivent-ils entretenir des relations avec les talibans, parce que certains ont déjà fait le travail ? Parmi eux, les Russes. La Russie a officiellement reconnu, le 3 juillet 2025, l’Émirat islamique des talibans au nom de la lutte contre le terrorisme. C’est le seul pays à l’avoir fait. Une ironie de l’histoire alors que tout a commencé avec la guerre qui a opposé les Afghans et les Russes de l’URSS en 1979.
Il y a aussi des rapprochements de raison entre les talibans et certains pays proches : Turkménistan, Tadjikistan, Kazakhstan. Leur objectif commun est de désenclaver et de développer des routes commerciales qui passent par l’Afghanistan pour rejoindre des ports en Iran ou au Pakistan. Les spécialistes parlent de pragmatisme qui les pousse à échanger avec leur voisin. Pragmatique également Pékin qui avance masqué. Les Chinois s’associent avec des sociétés afghanes pour exploiter des mines d’or. Il y a aussi l’Inde, qui pour embêter son voisin pakistanais, a décidé de renforcer ses liens avec le gouvernement taliban.
L’Union européenne ne reconnaît pas officiellement les autorités talibanes, mais en juin 2026 une délégation talibane a été reçue à Bruxelles. La Commission européenne a très vite expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une rencontre politique avec les plus hauts responsables du pays, mais d’une rencontre technique pour parler d’un seul sujet : l’expulsion des migrants afghans, notamment ceux qui ont été condamnés par la justice en Europe.
Une rencontre qui a fait bondir certains députés européens et certaines ONG.
Il y a aussi un peu d’hypocrisie. On ne trouve personne pour défendre l’idée de relations diplomatiques avec les talibans, mais la réunion de juin a eu lieu à la demande d’une vingtaine d'États européens qui ont demandé explicitement à la Commission d’agir. Sans compter que des délégations européennes ont été reçues également à Kaboul.
Ils risquent de l’être de moins en moins. En juin, l’ONU a décidé de prolonger d’un an sa présence à Kaboul. Le débat a été vif avec des pays comme la Chine ou la Russie qui expliquent que les talibans sont les dirigeants du pays et qu’il faut en tenir compte. Les États-Unis pensent au contraire que même l’ONU doit quitter l’Afghanistan.
Finalement, on peut se demander si la question n’est pas de savoir combien de temps cette digue de mise à l’écart du régime taliban pourra tenir.
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