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Les promoteurs de deux projets qui devaient redynamiser l’économie de la côte ouest de Terre-Neuve ont tenté de sauver les meubles lundi en Cour suprême provinciale.
En matinée, le groupe World Energy GH2, consortium proposant un vaste projet de production d’hydrogène vert qui s’est placé à l’abri de ses créanciers le mois dernier, a demandé qu'il soit interdit au gouvernement provincial de lui retirer des terres de la Couronne octroyées en février 2023.
L’avocat de World Energy GH2, Darren O’Keefe, a soutenu que la valeur et la survie de l’entreprise, dont les dettes s’élèvent à 100 millions $, sont directement liées à l’accès aux terres qui seraient utilisées pour la construction d’éoliennes.
Le juge Sandy MacDonald a accédé à la demande. Il a également prolongé jusqu’au 27 avril la suspension des procédures, qui protège la compagnie de ses nombreux créanciers et lui permet de se pencher sur sa restructuration.

Le consortium World Energy GH2 doit 10,5 millions $ au ministère provincial de l’Énergie et des Mines, soit des frais liés à la réservation de 108 000 hectares de terres de la Couronne, principalement dans la péninsule de Port-au-Port. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Mauvaise nouvelle pour trois actionnaires
Selon des documents déposés en cour, le groupe World Energy GH2 doit environ 50 millions $ à Exportations et Développement Canada. Le consortium doit 10,5 millions $ au ministère provincial de l’Énergie et des Mines, soit des frais liés à la réservation de 108 000 hectares de terres de la Couronne, principalement dans la péninsule de Port-au-Port.
La suspension des procédures ne protège plus trois actionnaires du projet — John Risley, Brendan Paddick et John Goebolys — qui avaient garanti un emprunt de 15 millions $ de la Banque Royale du Canada.
Me O’Keefe avait demandé que les trois actionnaires soient protégés, en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, ce qui leur permettrait de se concentrer pleinement sur la restructuration de World Energy GH2, dont le projet pourrait créer 3000 emplois et transformer la côte ouest de Terre-Neuve.
Mais le juge a rappelé que, pour le moment, seulement neuf personnes travaillent sur le projet qui, malgré les nombreuses promesses de ses promoteurs, demeure théorique.
Nous avons ici un projet qui n’est pas concret et qui me semble loin de l’être. Il n’y a pas de projet, alors il n’y a pas d’effets économiques.
World Energy GH2 devait construire des centaines d’éoliennes pour alimenter une usine de production d’hydrogène et d’ammoniac verts à Stephenville. Mais le marché de l’hydrogène vert peine à se concrétiser, les acheteurs n’étant pas au rendez-vous, et la compagnie a dû revoir ses plans.
L’aéroport de Stephenville mis sous séquestre
En après-midi, pendant une autre audience devant le juge MacDonald, l’aéroport de Stephenville, dont le propriétaire avait promis des milliers d’emplois et une nouvelle usine de fabrication de drones, a été mis sous le contrôle complet d’un séquestre.

L'aéroport international Dymond de Stephenville, dans l'ouest de Terre-Neuve. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Le juge a approuvé un processus de vente pour l'aéroport, qui sera mis aux enchères au cours des prochains jours.
En janvier, l’hypothèque de l’aéroport a été transférée à BTG Capital, une société de capital-investissement basée à Calgary, qui prendra possession de l’aéroport si aucun autre acheteur ne se manifeste avant le 8 avril.
L’homme d’affaires, Carl Dymond, dont la société à numéro 15132768 Canada Inc. est propriétaire des installations, s’était engagé à injecter des millions de dollars dans la mise à niveau de l’aéroport, créant des milliers d’emplois et rétablissant le service aérien régulier.
Pour le moment, aucune de ses promesses n’a été réalisée. L’administration aéroportuaire fait face à de nombreuses poursuites judiciaires, à des problèmes opérationnels et à des dettes. En mars 2025, des difficultés d'entretien de la piste d'atterrissage ont entraîné la rétrogradation de l'aéroport au statut d'aérodrome enregistré.


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