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La négligence des enfants demeure un fléau sur la Côte-Nord. La proportion des jeunes de la région signalés à DPJ est le double de la moyenne provinciale, alors même qu’une pénurie de main-d’œuvre ralentit l’évaluation des dossiers.
La DPJ déposait jeudi son rapport annuel. Lors d’une conférence de presse réunissant toutes les directions d’établissement, une sorte de cri du cœur a été lancé : il faut que les services de première ligne et la prévention soient renforcés pour que la loi sur la Protection de la jeunesse reste une loi d’exception, une mesure d’urgence.
L’objectif que s’est donné dernièrement la DPJ de diminuer le nombre de signalements va en ce sens. Il ne faut pas arrêter de signaler les cas qui le méritent, précise-t-on, mais il faut rattraper les situations dans le filet social avant qu’elles soient signalées en protection de la jeunesse.
À ce titre, une nouvelle positive se démarque dans le sombre décor de la Côte-Nord : une baisse significative (9 %) du nombre de signalements reçus dans la région, alors qu’ils sont en légère hausse dans la province.
Nadia Denis ne se fait pas d’illusion à ce sujet. La directrice de la DPJ de la Côte-Nord souligne qu’elle reçoit 9 signalements en moyenne par jour. La proportion des enfants qui font l’objet d’un signalement, un peu plus de 13 %, est le double de la proportion à l’échelle du Québec, qui est de 6 %.
La nature des signalements est aussi préoccupante, selon Nadia Denis. En effet, la négligence ou le risque élevé de négligence les expliquent dans une proportion beaucoup plus élevée que c’est généralement le cas dans la province.
Sur la Côte-Nord, 62,5 % des signalements sont liés à la négligence, contre 48 % à l'échelle de la province.
Une liste d’attente qu’on souhaiterait voir disparaître
Mylaine Larocque, la présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) sur la Côte-Nord, salue d’emblée l’esprit de la conférence de presse de ce matin.

Mylaine Larocque est présidente de l'exécutif local de l’APTS.
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
J'étais vraiment très contente de voir que les DPJ reprennent leur rôle social de critique envers les services sociaux. La DPJ est un service de dernier recours (...), mais souvent, le réseau est tellement malade que des situations leur tombent dessus malgré tout.
En même temps, les équipes de l’APTS sur la Côte-Nord sont démunies, particulièrement au niveau de l’évaluation des dossiers, où 12 postes à temps plein sont vacants.
Résultat : environ 130 dossiers sont en attente d’évaluation.
Les trois étapes d’un dossier à la DPJ
- Signalement : lorsque la DPJ reçoit un appel, une première équipe détermine si le signalement doit être retenu ou si l’enfant serait mieux assisté par d’autres services;
- Évaluation : le personnel d’évaluation se penche plus longuement sur le dossier de l’enfant et détermine si des mesures doivent être prises et, si oui, lesquelles;
- Application des mesures : cette troisième équipe s’assure de l’accompagnement à plus long terme de l’enfant et des familles.
Nadia Denis assure que les enfants dont les dossiers n’ont pas été évalués ne sont pas laissés à eux-mêmes.
On répond toujours aux priorités, affirme-t-elle. Ce sont les situations importantes, mais moins urgentes, qui se trouvent en liste d'attente. On a installé des vigies, on a des intervenants qui vont contacter les signaleurs, contacter les filets de protection qui gravitent autour des enfants.
Il n’en reste pas moins que, pour l’APTS, cette pénurie de main-d’œuvre est une réalité dont il est difficile de s’extirper. Des cas de plus en plus lourds retombent sur les épaules d’équipes de moins en moins nombreuses, au risque de les fragiliser encore davantage.


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