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Québec finance deux études pour faire face à l’érosion côtière dans l’archipel madelinot. L’une tentera de trouver un gisement de sable en mer en vue d’effectuer des recharges de plage et l’autre se penchera sur la protection de l’usine des Pêcheries LéoMar de Gros-Cap.
Le Bureau de projets en érosion et submersion côtières du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation a octroyé une aide financière maximale de 250 000 $ pour payer 50 % d'une étude visant à analyser des solutions durables pour freiner l’érosion côtière à proximité de l’usine de transformation des Pêcheries LéoMar.
L'autre moitié de la facture sera payée par Pêcheries LéoMar.
L’importante usine de transformation des produits marins de Gros-Cap est en imminence de danger face à l’érosion et la submersion côtières.
Selon un avis transmis par le ministère de la Sécurité publique à la suite du passage de la tempête Fiona, l’enrochement en place n’est plus adéquat pour assurer la sécurité des personnes et la protection des biens.
L’usine pourrait être sérieusement en danger avec les tempêtes d’automne, la falaise s’est grugée en arrière de façon très sérieuse. À un endroit, on est à quelques pieds de la fondation.
M. Vigneau estime qu'il a été chanceux qu’aucune tempête majeure n’ait frappé les Îles depuis 2022, mais il admet qu’à partir de la mi-août, il consulte quotidiennement la météo pour suivre le déplacement des ouragans.
On est très stressé avec cette situation-là, dit-il.

L'uisne de transformation des Pêcheries LéoMar de Gros-Cap abrite aussi une poissonnerie et une cantine. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Le secteur de l’usine de Gros-Cap se classe au 10e rang des 31 sites vulnérables analysés dans le Cadre d'intervention et de submersion côtière de la Communauté maritime des Îles.
L’usine de Gros‑Cap des Pêcheries LéoMar compte 125 employés. Spécialisée dans la transformation de homard, l'usine est l'une des plus importantes de l’archipel.
La Municipalité des Îles-de-la-Madeleine agira à titre de maître d’œuvre du projet. Selon les règles du ministère de la Sécurité publique, il faut que le porteur d'un dossier de projet de protection, même s’il est privé, soit une autorité publique sur le territoire des Îles, donc, de facto, ça devient la Municipalité, explique le maire des Îles-de-la-Madeleine, Antonin Valiquette.
La Municipalité n'investira pas directement dans le projet. Nous autres, ce que ça nous coûte, c’est du temps d’effectifs, mais il n’y a pas d’argent de la Municipalité qui est investi dans le projet de protection privée de l’usine LéoMar, ajoute-t-il.

L'étude servira à mieux comprendre l’évolution des risques, à analyser des solutions durables et à planifier l’aménagement du territoire en conséquence. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Pêcheries LéoMar dit attendre les devis pour connaître plus précisément les coûts de l’étude, mais croit que la facture sera inférieure à 500 000 $.
Le président de l'entreprise, Christian Vigneau, souhaite que l’étude mène à des travaux de protection le plus rapidement possible. Le jour qu’il va monter un ouragan qui va venir nous attaquer, c’est certain qu’on est à risque, dit-il.
À la recherche de sable en mer
Par ailleurs, une autre étude sera enclenchée, cette fois pour trouver un gisement de sable en mer, dans le but d’avoir du matériel local pour effectuer des recharges de plage.
On a vraiment besoin de grosses quantités de sable. L’idée, c’est d’aller trouver un site de gisement de sable, au large, qui soit sécuritaire pour utiliser du sable à moindre coût plutôt que d’utiliser des agrégats de l’extérieur.
La Communauté maritime des Îles octroiera un contrat de gré à gré à la Fédération québécoise des municipalités du Québec (FQM) pour la rédaction d’un devis technique en vue de lancer des appels d’offres pour réaliser cette étude.
L’organisation madelinienne souhaite être accompagnée par la FQM puisque « le projet présente des éléments de complexité, notamment par les différents paliers de gouvernement impliqués, la juridiction en milieu marin et terrestre, la réglementation associée, les éléments techniques pour la faisabilité des travaux et la gestion contractuelle ».
Pour aller chercher du sable en mer, on ne peut pas aller n’importe où, précise Antonin Valiquette, qui ajoute : On peut influencer les mouvements hydrosédimentaires et on peut risquer de causer un problème d’érosion si on le prend n’importe où ou trop près des côtes.

Québec a déjà commencé à récupérer du sable de dragage à Grosse-Île pour concevoir la recharge de plage à Pointe-aux-Loups. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté: L'île imagin'air
En 2023, le ministère des Transports a lancé un projet de récupération du sable issu du dragage du chenal de Grande-Entrée, pour réaliser le projet de recharge à Pointe-aux-Loups.
Toutefois, les besoins sont grandissants, et ce projet ne peut suffire à la demande, selon le maire des Îles-de-la-Madeleine.
Dans les sables de dragage, il y a invariablement une partie qui est contaminée et qu’on ne peut pas utiliser, c’est du sable où circulent des bateaux au mazout, explique Antonin Valiquette.
Le ministère des Transports réalisera, d’ici 2027, une nouvelle recharge de plage de sable dans le secteur de La Martinique, semblable à celui qui a été effectué à Pointe-aux-Loups. À terme, trois rangées superposées de tubes en géotextile seront adossées à la dune sur environ 500 mètres. Une recharge de plage sera ensuite réalisée.

Une recharge de plage combinée à la présence de tubes de géotextile remplis de sable sera faite à La Martinique. L'ouvrage sera similaire à celui réalisé à Pointe-aux-Loups. (Photo d'archives)
Photo : MTMD
Un montant maximal de 300 000 $ est prévu pour réaliser l'étude de recherche d’un gisement de sable.
Ces fonds sont entièrement versés par Québec par l'entremise du programme Accélérer la transition climatique locale.


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