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Des « vents contraires » ébranlent l’industrie du bois en Colombie-Britannique

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Alors que se déroule, cette semaine à Vancouver, le sommet annuel du Conseil des industries forestières de la Colombie-Britannique, le secteur du bois se retrouve coincé entre un passé qui a déjà été faste et un avenir qui semble moins reluisant.

Aujourd'hui, il est aux prises avec plusieurs défis : un différend commercial avec les États-Unis, des mises en chantier en diminution au sud de la frontière et des fermetures d’usines.

L'industrie forestière de la Colombie-Britannique fait face à de nombreux vents contraires, déclare d’emblée Kim Haakstad, PDG du Conseil des industries forestières de la province. L’organisation représente les producteurs de bois d'œuvre, de pâte à papier et de papier, ainsi que les fabricants de produits dérivés du bois.

Tout d'abord, les tarifs américains sur le bois d'œuvre en provenance du Canada ont explosé en 2025, atteignant parfois plus de 45 % pour certains producteurs. Nous savons que les États-Unis ne se sont pas montrés très disposés à négocier sur la question du bois d'œuvre, fait valoir Kim Haakstad.

Il s’agit de la principale préoccupation du ministre des Forêts de la Colombie-Britannique, Ravi Parmar, qui souligne que le président des États-Unis estime que notre bois d'œuvre constitue une menace pour la sécurité nationale.

Aucun secteur de notre économie canadienne n'est confronté à un cadre tarifaire aussi contraignant que celui de la foresterie.

Malgré la situation, l’industrie forestière demeure importante en Colombie-Britannique. Les exportations du secteur arrivent en deuxième position, derrière celles des produits énergétiques, qui incluent le gaz naturel liquéfié.

S’éloigner du bois comme commodité

Le marché mondial des produits du bois est étroitement lié à l'activité du secteur immobilier, aux cycles économiques et aux conditions d'approvisionnement.

Aux États-Unis, qui demeurent un partenaire commercial important, les mises en chantier sont passées du plus récent sommet de 1,603 million en 2021 à 1,357 million en 2025. Le prix auquel se vend le bois d’œuvre a aussi diminué durant cette période.

Parallèlement, un rapport de 2025 du Conseil des industries forestières de la province indique que le secteur forestier de la Colombie-Britannique accuse un retard en matière de compétitivité par rapport à ses homologues internationaux.

Selon des données du groupe Forest Economic Advisors, la Colombie-Britannique est l'une des régions où les coûts de production du bois d'œuvre sont les plus élevés en Amérique du Nord.

Graphique montrant les coûts indexés du bois d'œuvre résineux. La Colombie-Britannique affiche les coûts les plus élevés.

L'industrie forestière de la Colombie-Britannique est l'une des moins compétitives en Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada

Ces circonstances poussent le ministre Parmar à chercher des solutions de rechange pour le bois récolté dans la province. L'époque où nous fournissions du bois de construction aux Américains pour qu'ils construisent des maisons est révolue, estime-t-il. Je veux que nous tirions le maximum de valeur de notre produit.

Comment y parvenir? Le bois massif représente une occasion énorme, explique Ravi Parmar. Des salles de classe modulaires en bois, des cadres de porte et des planchers ne représentent que quelques produits qu’il est possible de développer, ajoute le ministre.

Le professeur adjoint en aménagement forestier à l'Université de la Colombie-Britannique Gregory Paradis va encore plus loin : des murs préfabriqués, et même des maisons préfabriquées, du lamellé-collé... Si on pouvait trouver une façon de produire un plus petit volume de produits à plus grande valeur, et se faire reconnaître pour la qualité de nos produits, on pourrait tirer notre épingle du jeu, estime-t-il.

Vers d’autres fermetures d’usines?

Rien qu'en 2025, la Colombie-Britannique a perdu trois sites majeurs liés à la foresterie : l'usine de pâte à papier de Crofton, sur l'île de Vancouver; la scierie West Fraser, à 100 Mile House; et l'usine de granulés Drax, à Williams Lake.

Je crains fort qu'il y ait d'autres fermetures d'usines dans les mois à venir, dit Kim Haakstad. La situation n'a guère évolué depuis les fermetures d'usines de la fin de l'année dernière.

Un rapport de la firme Deloitte sur les perspectives économiques canadiennes publié au début avril mentionne que, pour la Colombie-Britannique, le secteur forestier demeure un important frein aux perspectives.

De récentes annonces concernant notamment des arrêts temporaires et des fermetures permanentes dans d’importantes exploitations forestières soulignent l’ampleur du repli et les répercussions sur l’emploi.

Pour de nombreux travailleurs, familles et communautés, l'avenir du secteur forestier est très incertain, insiste le ministre Parmar.

Le sommet annuel du Conseil des industries forestières de la Colombie-Britannique se déroule jusqu’à vendredi. Il a pour thème La foresterie comme solution.

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