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Parcs Manitoba a tenu une soirée portes ouvertes jeudi au centre communautaire de Saint-Norbert pour sensibiliser les résidents sur le projet d’établissement d’un parc provincial dans la forêt Lemay. La séance servait aussi de forum d'échanges avec les participants afin de recueillir leurs opinions et idées sur le futur parc.
La province a annoncé en avril 2025 son intention d'exproprier le propriétaire de la forêt et de transformer le terrain boisé en parc provincial. Cela faisait suite à plusieurs années d’hostilités entre ceux qui voulaient développer la zone boisée au sud de Winnipeg et des groupes de conservation écologique et culturelle.
La séance portes ouvertes est décrite par Parcs Manitoba comme une première étape pour l'élaboration d'une proposition pour le futur parc provincial.
Toute la communauté sollicitée pour planifier le parc
Glen Holmes, qui travaille au ministère de l’Environnement du Manitoba, souligne que l’événement de jeudi est essentiel au regard de l'intérêt public suscité par la forêt Lemay au cours des dernières années.
Ce quartier occupe une place centrale dans la vie locale. Ceci n'est que la première étape et nous commençons doucement. Nous allons mettre en place un processus de consultation et voir où cela nous mènera.

Selon Glen Holmes, il est trop tôt pour fixer des échéanciers et déterminer un budget précis pour la création du parc.
Photo : Radio-Canada / Maggie Wilcox
Selon lui, il est prématuré d'établir des échéanciers ou de chiffrer le budget nécessaire à la création du parc. Il précise aussi que l'emplacement du terrain ajoute à son caractère unique.
C'est un peu différent pour nous, essayer de créer un parc dans une zone urbaine de la ville de Winnipeg. Cela va donc poser quelques défis, mais c'est une formidable occasion de créer un espace vert pour le public.
Privilégier le patrimoine et la réconciliation
Un groupe de femmes autochtones et un aîné avaient ouvert l’après-midi de consultation avec des offres de tabac, une prière et plusieurs chansons. Selon eux et plusieurs résidents, il est essentiel de mettre la réconciliation au cœur de tout futur parc sur le site de la forêt Lemay.
En février 2025, la Société historique de Saint-Boniface a indiqué que la forêt abrite des tombes non marquées d’enfants autochtones. Elles se trouvent dans un cimetière appartenant à l’ancien asile Ritchot. Cet établissement servait de foyer aux mères célibataires et d’orphelinat au début du XXe siècle. Entre 1200 et 2300 enfants, notamment des communautés francophones et métisses, sont morts dans le bâtiment, dont la plupart ont été enterrés dans des tombes communes et anonymes dans la forêt, selon les archives de la Société historique du Manitoba.
Le président de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, Richard Turenne, s'est présenté à l’événement pour s'assurer que son organisme et ses membres seront impliqués dans les discussions sur l’avenir du site.
Le rôle aujourd'hui, c'est de questionner un peu, de s'assurer que les processus sont en bonne main. Et puis de voir l'engagement également de la communauté, c'est sans pareil.

Micheline Girard, qui est née et réside encore à Saint-Norbert, espère que le public manitobain, surtout les jeunes, pourra découvrir l'importance historique et culturelle de la forêt Lemay dans le nouveau parc.
Photo : Radio-Canada / Maggie Wilcox
Place aux idées du public
Pour Micheline Girard, une résidente originaire de Saint Norbert, l'importance historique et culturelle de la forêt est une des raisons qui justifient la préservation du terrain. Elle se réjouit que le gouvernement provincial transforme la forêt en parc provincial. Elle espère surtout que l’héritage rattaché au terrain sera mis de l’avant.
J'aimerais voir une place où on peut rassembler les jeunes avec un feu, où nos aînés peuvent parler aussi. Peut-être avoir des sweatlodges (structures traditionnelles), peut-être des pancartes à propos des traditions, de l’histoire, qui sont importants à Saint-Norbert pour tous les peuples.
Katharina Stieffenhofer, qui a produit un film documentaire impliquant la forêt Lemay, note l’importance de sensibiliser le public à son histoire, mais souligne que la nature doit occuper une place privilégiée dans le futur parc.
Je préférerais que, s'il y a des plaques commémoratives, elles soient discrètes et qu'il n'y ait pas de grands monuments. Ce serait bien d'avoir une plaque au cimetière de l'ancien orphelinat pour rendre hommage aux enfants qui y sont enterrés. Mais quelque chose de discret qui ne perturbe pas la nature, a-t-elle dit jeudi.
La préservation écologique avait justement motivé plusieurs personnes à se déplacer aux portes ouvertes, dont un biologiste de Teulon, ville située au nord de Winnipeg. Ils ont pu écrire des suggestions sur des affiches et participer à des sondages informels avec des autocollants.
Selon Micheline Girard, même si le développement du parc prend du temps, ces consultations communautaires et l’implication de la province sont la bonne manière de procéder.
Un parc provincial, je crois que ça aurait dû être fait il y a 40 ans.


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