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L'Agence canadienne d'inspection des aliments a dévoilé que 33 % des huiles d'olive importées ne sont pas conformes aux normes nationales. Plusieurs huileries du Québec ont ainsi signé une lettre ouverte pour rappeler qu'une solution de rechange locale existe. La ferme Tournevent d’Hébertville fait partie des signataires.
Le producteur jeannois fait notamment pousser du lin, dont une grande partie des futures récoltes seront transformées en huile sur place.
Il y a des huiles qui poussent ici, qui sont faites avec des grains d'ici. Elles sont faites en toute transparence et ne font pas des milliers de kilomètres. Grande traçabilité, grande qualité, première pression à froid faite avec des grains du Québec, a lancé la directrice générale et copropriétaire de la ferme Tournevent, Audrey Bouchard.

Audrey Bouchard est la directrice générale et copropriétaire de la ferme Tournevent.
Photo : Radio-Canada / Alexis Desnoyers Muckle
Audrey Bouchard a cosigné cette lettre ouverte avec d'autres producteurs de l'association des Huiles du Québec pour réagir aux données de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.
Plusieurs huiles d’olive seraient mélangées avec des huiles de moindre valeur, tandis que d'autres afficheraient à tort des mentions, comme extravierge. Les signataires de la lettre ouverte souhaitent ainsi rappeler que des solutions de rechange locales existent.
J'ai été impressionnée de savoir qu'il y a quand même 54 millions de litres d'huile d'olive importée au Canada, a précisé la directrice générale de la ferme Tournevent. Imaginez ce que ça peut représenter sur les plans économique et environnemental. Puis, avec ce qu'on apprend sur le 33 % d'huile frelatée, on se pose des questions sur ce que le consommateur a en main.

La ferme Tournevent, à Hébertville, utilise notamment le lin pour faire de l’huile.
Photo : Radio-Canada / Alexis Desnoyers Muckle
On a cette fierté-là, au Québec, d'avoir de beaux produits agroalimentaires. Je pense que les huiles du Québec ont aussi leur place sur la table.
Si les importations d'huile d'olive sont aussi élevées, c'est en raison de la demande des consommateurs. Selon les producteurs, les autres types d'huiles végétales, comme l'huile de chanvre ou de lin, sont encore méconnus.
C'est assez récent pareil ces nouvelles huiles-là. Ils ne sont donc pas au courant. Ils vont aussi vers l'huile d'olive qui est là depuis des millénaires. Elle est reconnue et c'est un goût que les gens aiment, a expliqué le producteur et ancien vice-président des Producteurs de grains du Canada, William Van Tassel.

William Van Tassel est producteur agricole et ancien vice-président des Producteurs de grains du Canada.
Photo : Radio-Canada / Alexis Desnoyers Muckle
De son côté, le président de l’Union des producteurs agricoles régionale, Jean-Thomas Maltais, souhaite que le gouvernement fasse preuve de plus de fermeté.
C'est bien beau de le voir et de le dénoncer, mais, après ça, vont-ils donner les amendes et les réprimandes? Vont-ils bloquer les produits des autres pays ou bien ils ne le feront pas comme d'habitude. On est souvent bloqué dans d'autres pays, comme la Chine, pour nos exportations, mais, quand c'est le contraire qui se passe avec les importations, ils ont de la difficulté à faire appliquer les normes, a déploré M. Maltais.
L'association des Huiles du Québec entend poursuivre au cours des prochains mois ses démarches afin de sensibiliser la population sur les enjeux liés aux huiles.


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