Il y a quelques mois, des experts en sécurité informatique ont réussi à s’introduire dans les systèmes internes d’OpenAI et à accéder aux comptes ChatGPT de ses employés en moins de 72 heures. Il s’agissait d’une opération de piratage éthique intégrant l’utilisation de Claude, l’IA d’Anthropic. Pourquoi une telle opération ? Comment celle-ci s’est-elle déroulée ?
Une intrusion via la messagerie interne d’OpenAI
Fondée aux Etats-Unis en 2025, la start-up Hacktron AI est experte dans la cybersécurité propulsée par l’intelligence artificielle. Cette dernière se positionne sur le marché comme un véritable ingénieur de sécurité virtuel (ou « coéquipier IA ») pour les développeurs. Hacktron AI propose une plateforme automatisée de tests d’intrusion et de revue de code. L’objectif ? Permettre aux entreprises de sécuriser leurs applications à moindre coût et de recevoir des rapports de vulnérabilité en seulement quelques heures.
Dans un billet de blog publié le 13 septembre 2026, Hacktron AI a expliqué avoir mené une opération de piratage éthique contre OpenAI trois mois plus tôt. Selon les ingénieurs, cette opération illustre la manière avec laquelle l’intelligence artificielle révolutionne la vitesse et l’accessibilité du piratage informatique.
Les experts disent avoir ciblé la plateforme de messagerie Discourse, utilisée en interne par OpenAI. Cette plateforme permettait aux employés de se connecter directement à leurs comptes professionnels ChatGPT ou Codex, l’outil d’aide au codage d’OpenAI. Or, les experts de Hacktron AI ont identifié une vulnérabilité dans ce système d’authentification, avant de s’octroyer un accès direct aux comptes internes des employés.
Comment Claude a été utilisé ?
Le caractère original de cette attaque éthique réside dans l’utilisation de l’IA Claude d’Anthropic, principal concurrent direct d’OpenAI. Dans les faits, les experts de Hacktron AI ont soumis des portions de code à Claude afin de lui faire analyser l’infrastructure de la cible. L’IA a ensuite rédigé un code d’attaque fonctionnel sur mesure afin d’exploiter la fameuse faille. Grâce à cette assistance, l’opération complète a pris moins de 72 heures. D’ordinaire, une telle initiative aurait nécessité des semaines de travail et des ressources considérables, dans la mesure où l’équipe de Hacktron AI se compose seulement de trois personnes.
Puisqu’il s’agissait d’une opération de piratage éthique, les événements se sont déroulés dans un cadre strict. En effet, après avoir débloqué le code source privé et les comptes internes, les experts ont directement alerté OpenAI. La firme a ainsi pris connaissance de la preuve de concept avant de verser 6 500 dollars de récompense à Hacktron AI, dans le cadre de son programme « Bug Bounty ».
« Afin de démontrer l’impact de la vulnérabilité sans pour autant accéder à du code interne, nous avons envoyé une instruction (prompt) au compte Codex d’un employé afin de celui-ci ouvre une demande de tirage dans le monorepo interne d’OpenAI. Nous avons ensuite mis un terme à nos tests. », peut-on lire dans le billet de blog.
Crédit : Hacktron AI
Vers un développement rapide des IA défensives
Sans aucun doute, le piratage étique de Hacktron AI démontre que l’IA réduit drastiquement la barrière à l’entrée pour les cyberattaques. Dans sa communication, la start-up a résumé la situation en expliquant que désormais, des opérations complexes requérant autrefois une certaine expertise et un temps plutôt long sont désormais à la portée de structures minuscules armées d’un simple abonnement à une IA grand public. Cette évolution devrait naturellement inciter les acteurs de la cybersécurité à accélérer le déploiement d’IA défensives afin de corriger les failles existantes le plus vite possible, idéalement avant que celles-ci ne soient découvertes.


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