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Dans les couloirs du Cégep de Sherbrooke, jeudi, ça grouille de monde. Le volume du bruit ambiant est élevé et les lumières sont fortes. À travers le tumulte, il y a quelques petits havres de paix où il est possible d’en apprendre davantage sur la réalité des Cégépiens neurodivergents.
Selon la neuropsychologue et enseignante au Cégep de Sherbrooke Mélissa Lortie, il pourrait être intéressant d’adapter des lieux, comme le Cégep, à un plus grand nombre de personnes.
Quand on va adapter pour des personnes neurodivergentes, on va avoir des conséquences positives sur l’ensemble des groupes, parce qu’on va provoquer un peu plus de flexibilité.
Ça peut vouloir dire cibler des endroits plus calmes, où les lumières sont tamisées, par exemple.

Mélissa Lortie est neuropsychologue et enseignante au Cégep de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Dubois
Alison Jolly est infirmière depuis plusieurs années au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Elle est aussi dyslexique, dysorthographique et a eu un diagnostic tardif d’autisme, à l’âge de 26 ans. Elle ne porte pourtant aucun de ces chapeaux, pour son passage au Cégep.
Elle est plutôt un livre vivant. C’est de partager mon vécu pour faire un apprentissage auprès d’un certain public, témoigne-t-elle.
Ce sont des gens neurodivergents qui veulent témoigner de leur expérience au quotidien. Ça provoque une rencontre qui est vraiment intime avec l’étudiant, explique Mélissa Lortie au sujet des livres vivants.
C’était un apprentissage pour moi, c’est-à-dire de valoriser mon parcours et avouer que, parfois, on peut le minimiser. Ça peut faire toute une différence auprès de certains jeunes.
Avec les autres livres, Mme Lortie explique qu’ils forment une bibliothèque vivante.
Nicolas Aubé-Lanctôt, un autre livre, est artiste. On me donne carte blanche, donc je mêle les arts pour essayer de faire un peu de coconstruction avec les étudiants.
Souvent, les étudiants nous disent que c’est plus formateur que des ateliers qu’ils ont dans leur cours, parce que ce sont des histoires vécues.
Des réactions positives
Les étudiants ont participé à un rallye composé de plusieurs activités mettant en lumière les difficultés qu’un Cégépien neurodivergent peut rencontrer.

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Un jeu reproduit le parcours d'un étudiant au collégial.
Photo : Radio-Canada / Arianne Béland
Je pense que c’est important de sensibiliser, parce que le monde ne sait pas quelle ampleur ça a, on n’a pas beaucoup d’informations là-dessus et c’est facile d’avoir des préjugés, alors que tu ne sais pas de quoi tu parles, estime Charles-Éric Vachon.
Il ajoute mieux comprendre la réalité des personnes neurodivergentes et qu’il pourra dorénavant mieux adapter son comportement.

Joanie Létourneau, Mathias Nolet, Laurianne Ruette et Charles-Éric Vachon sont étudiants au Cégep de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Dubois
C’est beau d'avoir l’information là-dessus, mais le vivre, c’est un peu spécial. Tu te mets à leur place et tu te dis "my god, si j’avais à avoir autant de difficultés à faire quelque chose que tu considères être aussi simple, je voudrais aussi du support", avoue Joanie Létourneau.
Les étudiants sont arrivés à l’activité avec une seule idée en tête : remplir un devoir pour leur cours. Finalement, ils admettent en être ressortis beaucoup plus informés.
Les activités se poursuivent jusqu’au 17 avril.


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