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Selon un nouveau rapport du Bureau du protecteur des enfants et des jeunes du Manitoba, le système de protection de l’enfance du Manitoba ne parvient pas à préparer adéquatement les enfants aux réalités de la vie adulte. Ce rapport de 78 pages a été rédigé par le groupe consultatif des jeunes ambassadeurs de l'organisme et publié jeudi.
Cette équipe consultative, composée de jeunes de tout le Manitoba et axée sur le bien-être des enfants pris en charge par les services de protection de l’enfance, a interrogé 17 jeunes afin de trouver des moyens d’améliorer la transition vers la sortie du système.
Les entretiens ont révélé que les enfants et les jeunes placés en famille d’accueil sont souvent destinés à l’échec plutôt qu’à la réussite, indique le rapport.
Non seulement [les jeunes] quittent souvent le système avec plus de traumatismes qu’à leur arrivée, mais atteignent aussi fréquemment l’âge limite sans diplôme d’études secondaires, sans compétences essentielles à la vie quotidienne, sans réseaux de soutien familial et communautaire ni sans un sentiment fort d’identité et d’appartenance, constate le document.
Plusieurs de ceux qui ont participé au projet ont partagé une expérience commune d’avoir été mis de côté par le système, sans ressources, sans accompagnement ni filet de sécurité, selon le rapport.
Un système qui favorise la survie, pas la réussite
Les participants ont déclaré que leur vie après avoir atteint l'âge limite pour rester en famille d'accueil était axée sur la survie, et non sur la vie . Selon le rapport, les travailleurs sociaux n'ont pas élaboré de plans de transition avec eux et ne les ont préparés à ce qui les attendait.
Certains participants ont également déclaré qu'on ne leur avait pas enseigné les compétences de base de la vie quotidienne, telles que faire ses courses, cuisiner, faire le ménage, obtenir des pièces d'identité, gérer son argent, payer ses factures et remplir sa déclaration d'impôts pendant leur placement.
Les jeunes dans ces circonstances n’ont pas de soutien adéquat et sont plus vulnérables aux cycles d'instabilité, de sans-abrisme, de consommation de substances psychoactives et de chômage, indique le rapport.
Pas à l’aise dans leurs familles d’accueil
Les participants ont également déclaré avoir été victimes de traitements injustes dans les familles d'accueil du Manitoba. Beaucoup ont expliqué se sentir comme des citoyens de seconde zone au sein de leur famille d'accueil, et être soumis à des règles et des attentes différentes de celles qui s'appliquaient aux enfants biologiques de la famille d'accueil.
Derrière bon nombre de ces expériences se cachait la conviction généralisée que certains parents d'accueil étaient davantage motivés par le gain financier que par un véritable désir d'aider les enfants.
Le rapport recommande des processus de sélection et de vérification plus rigoureux pour les parents d'accueil. Il préconise également une formation visant à aider les enfants et les jeunes à comprendre leurs droits au sein du système de placement familial, les obligations de leurs tuteurs ainsi que les ressources disponibles pour défendre leurs intérêts.
En mars 2025, les jeunes autochtones pris en charge par le système de protection de l'enfance du Manitoba étaient neuf fois plus nombreux que les enfants non autochtones, selon le rapport annuel 2025 du protecteur des enfants et des jeunes. Le même rapport indique que tous les enfants pris en charge devraient pouvoir entrer en contact avec des personnes issues de leur propre milieu culturel et s’impliquer dans leurs communautés, car ils ont besoin d’un soutien émotionnel qui va au-delà de la thérapie conventionnelle.
La plupart des jeunes concernés par ce rapport ont d'ailleurs déclaré ne pas avoir de contacts réguliers ni de liens significatifs avec les intervenants des Services à l'enfance et à la famille, ce qui, selon plusieurs d'entre eux, leur donnait le sentiment d'être abandonnés ou oubliés, et que les rares prises de contact ressemblaient davantage à des obligations bureaucratiques qu'à une véritable attention.
Ils ont fait état de problèmes de communication avec les intervenants des Services à l'enfance et à la famille et ont exprimé leurs inquiétudes quant au taux de rotation élevé du personnel de ces services, ainsi qu'au fait que certains travailleurs sociaux ne prenaient pas leur parti ou ne défendaient pas leurs intérêts .
CBC/Radio-Canada a contacté le ministère provincial de la Famille pour obtenir ses commentaires.
Avec les informations d'Özten Shebahkeget


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