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Huit pêcheurs basés entre le secteur du Bic, à Rimouski, et Matane se joignent à la deuxième phase de la pêche exploratoire au homard dans la zone 19 pour la saison 2026.
Pour l’ensemble de la zone qui s’étend de Cacouna à Cap-Gaspé, 17 permis exploratoires supplémentaires ont été attribués pour la prochaine saison, ce qui totalise maintenant 43 permis exploratoires dans ce secteur.
Chacune de ces entreprises de pêche pourra mettre à l’eau 100 casiers. Comparativement à 250 pour les pêcheurs commerciaux, explique Dominic Boula, agent régional principal à la gestion de la ressource à Pêches et Océans Canada.

La zone de pêche 19 ainsi que ses sous-zones.
Photo : Radio-Canada / À partir de la documentation de Pêches et Océans Canada
À compter du début mai, les Bas-Laurentiens pourront donc apercevoir des bouées et des bateaux tout près de la côte pendant dix semaines.
À 72 ans, Marius Doucet, une figure bien connue dans le monde de la pêche au crabe, s’apprête à aller appâter du homard pour la première fois de sa longue carrière.
Ce n’est pas une pêche qui est dure. Puis moi, j'ai le bateau, puis j'ai tout ce qu'il faut, lance-t-il alors qu’il s’affaire dans le garage où il entrepose ses casiers, à un jet de pierre du quai de Rimouski.

Marius Doucet va pêcher le homard pour la première fois en 59 ans de carrière.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
On savait qu’il y en avait [du homard], on en poignait de temps en temps dans nos filets ou les casiers de crabe.
L’objectif ultime, c’est de vérifier si on peut augmenter l’effort de pêche au homard de manière viable, à un niveau qui est commercial, ajoute Dominic Boula.
Pour ce faire, les pêcheurs sélectionnés s’engagent à noter différentes données et à les transmettre au ministère. Outre la quantité totale de homard débarquée et la quantité moyenne qui se retrouve dans chaque casier, ils devront mesurer leurs prises trois fois au cours de la saison.
Les détenteurs d’un permis exploratoire devront aussi noter s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle et si celle-ci contient des œufs. Comme l’objectif, c’est ultimement de voir si cette nouvelle pêche-là est viable à long terme, on veut se baser sur un maximum d’informations, rappelle Dominic Boula du MPO.

Dominic Boula est agent principal régional en gestion de la ressource pour Pêches et Océans Canada.
Photo : Gracieuseté Pêches et Océans
Selon l’agent principal à la gestion des pêches, les résultats de la première année sont particulièrement intéressants dans la zone 19. Si le constat est similaire au terme de la prochaine saison exploratoire, le MPO autorisera la troisième et dernière phase du projet.
Dominic Boula ignore cependant ce qu’il adviendra au terme de ce projet de trois ans. Il n'est pas en mesure de confirmer si cela ouvrira automatiquement la porte à des permis de pêche commerciale.
On va laisser le homard parler puis, après ça, on va être en mesure de voir quelle est la suite des choses, indique-t-il.
Plus d’appelés que d’élus
Selon M. Boula, les pêcheurs ont été nombreux à démontrer de l’intérêt envers cette pêche exploratoire. C’est une ressource qui est intéressante, le homard, qui est lucrative et il y a des difficultés dans différentes pêcheries, donc, effectivement, il y avait un intérêt pour faire cette pêche exploratoire-là.
Plusieurs entreprises de pêche ont pu ajouter cette espèce dans leur portefeuille de permis, poursuit-il. C’est un tirage au sort qui a permis de déterminer qui allait prendre part à l’expérience.
Les pêcheurs qui se joignent à l’aventure doivent cependant acheter tout le matériel nécessaire et avoir un bateau réglementaire. Il y a les casiers qu’il a fallu que j’achète, mentionne Marius Doucet.

Marius a fait l'acquisition de cages à homard avant même de savoir s'il allait obtenir un permis de pêche exploratoire. Il avait confiance qu'il allait pouvoir intégrer l'aventure et voulait être fin prêt pour le mois de mai.
Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger
Il estime avoir dépensé entre 50 000 et 60 000 $ pour acheter des cages, les modifier selon ses préférences et ajouter une table sur le bateau afin d’y déposer les casiers avant qu’ils ne partent à l’eau.
Les détenteurs d’un permis exploratoire peuvent par la suite vendre leurs prises. C’est devenu un revenu qui est hautement significatif pour les pêcheurs qui ont eu un permis exploratoire, comparativement aux revenus qu’ils avaient avant, dans l’exploitation de leurs autres espèces, fait valoir Dominic Boula.
En 2025, les pêcheurs exploratoires de la zone 19 ont débarqué 1200 tonnes de homard, ce qui a généré des revenus de 21 millions de dollars.


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