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La quantité de nourriture comestible gaspillée chaque année au Canada pourrait nourrir plus de 17 millions de personnes selon Deuxième Récolte, une organisation qui récupère les surplus de l’industrie alimentaire pour les redistribuer aux personnes dans le besoin. Pour aider à réduire le gaspillage alimentaire, des chercheurs de l’UBC ont créé un produit à base d'algues qui prolonge la durée de conservation des fruits et légumes.
Nous nous soucions beaucoup du gaspillage alimentaire, dit Tianxi Yang, professeur adjoint à la faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l’Université de la Colombie-Britannique.
Son équipe de chercheurs a développé un enrobage comestible et nutritif visant à réduire le gaspillage alimentaire.
On a pensé à l'agar-agar, parce que c'est un produit 100 % végétalien qui est déjà largement utilisé dans nos produits alimentaires, par exemple pour faire des poudings et des gelées. Il est également riche en fibres, dit Tianxi Yang.
Les chercheurs ont testé leur produit avec des fraises. Ils les ont enrobées d’agar-agar, rendu liquide en le mélangeant à l'acide pentétique et au zinc. L’équipe a ensuite comparé les fraises enrobées de ce produit à des fraises laissées à la température ambiante.
Nous avons constaté que les fraises non enrobées peuvent développer de la moisissure à la température ambiante dès les deux premiers jours. Une fois enrobées, elles restent fraîches pendant au moins quatre jours à la température ambiante.
Les fraises conservées au réfrigérateur sont restées fraîches pendant au moins six jours. Ce produit pourra être utilisé depuis la ferme jusqu’à la table des consommateurs, selon Tianxi Yang.

Une fois sèche, la solution à base d’agar-agar forme une couche transparente fine autour du fruit, ce qui réduit la perte d’humidité et ralentit la détérioration.
Photo : Clare Kiernan / UBC
Une idée bien accueillie
Marie-José Mastromonaco, directrice des opérations de Deuxième Récolte/Second Harvest, accueille favorablement cette nouvelle initiative.
Toute initiative qui va réduire le gaspillage alimentaire est une bonne nouvelle. C'est bon économiquement, c'est bon pour la sécurité alimentaire et c'est bon aussi pour notre environnement, dit-elle.
Éliane Brisebois, agente de recherche spécialiste des questions du gaspillage alimentaire et de la transition écologique des systèmes alimentaires, abonde dans le même sens.
C'est une bonne idée, car c'est une solution qui vient s'intégrer directement dans la chaîne agroalimentaire, ce qui permet ainsi une réduction à la source du gaspillage alimentaire. Dans une option de transition écologique du système alimentaire, il faut justement miser sur les solutions de réduction à la source, explique-t-elle.
Toutefois, Éliane Brisebois ne croit pas que ce soit une solution miracle, puisqu’il faudra voir comment transformer les chaînes de distribution pour y intégrer l'étape où on ajoute ce produit aux aliments et quel sera l'impact de l'ajout de ce produit sur le prix des aliments.
Pour le moment, le produit laisse un léger arrière-goût, mais il n'est pas toxique pour les humains. Et il est possible de l’enlever simplement en rinçant les fruits ou les légumes sous l’eau du robinet.
Bien que le produit doive encore passer une évaluation de la sécurité, Tianxi Yang et son équipe espèrent que le produit pourra obtenir une autorisation complète pour une utilisation commerciale.


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