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C'est décidé. Après les déchets verts 2025, les déchèteries de Lannion Trégor communauté n'accepteront plus les déchets inertes des professionnels.
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Par Philippe Gestin Publié le 22 juil. 2026 à 10h08
Même motif, même décision. Après les déchets verts en avril 2025, Lannion-Trégor Communauté a décidé d’interdire aux professionnels les dépôts de leurs déchets inertes en déchèteries. À savoir ces déchets issus de la déconstruction et de la démolition, les mélanges bitumineux, les mélanges terres et pierres.
Un coût 1,3 M€
En cause, le coût de traitement et de transport de ces déchets, il s’élevait à « 1,3 million d’euros en 2025 », a révélé Christian Jeffroy, vice-président en charge des déchets. Mettant en regard les 80 000 € qui correspondent « au montant de la redevance payée depuis 2022 par les professionnels », principalement ceux du bâtiment.
Comme pour les déchets verts, c’est donc la taxe d’enlèvement des ordures ménagères « payée par les ménages » qui compense la différence. D’où l’idée de rediriger ce flux vers la filière professionnelle de traitement de ces déchets.
Les particuliers, qui contribuent à un tiers de l’apport de ces déchets inertes en déchèteries, ne sont pas concernés par cette interdiction effective au 1er octobre 2026.
Inquiétudes pour les professionnels
Une mesure qui a suscité bien des interrogations chez les élus communautaires. Maire de Trédrez-Locquémeau, Frédéric Perreau s’est inquiété, avec un calendrier si court, « des risques financiers pour les entreprises, surtout les micro-entreprises » avec des devis déjà établis.
Christian Jeffroy a annoncé qu’une plateforme à Kerservel est « mise à disposition d’un entrepreneur », permettant aux professionnels d’y déposer leurs déchets « à partir de la date d’interdiction ».
Notre seule obligation est de traiter les déchets des particuliers. Le but est de diminuer le stock de déchets et le coût de traitement.
L’ouverture d’un site supplémentaire paraît bien insuffisante à plusieurs élus. Ainsi Éric Laurent (Ploubezre) a trouvé le délai « un peu court, il faudrait s’assurer d’un bon maillage territorial avant ».
C’est la loi
Jérôme Froger (Lannion) a pointé « le risque d’augmentation des dépôts sauvages », ce qui coûtera plus cher à l’arrivée.
Le président Gervais Egault compte sur « le civisme et la responsabilité » de chacun. D’autant que c’est la loi : « Les entreprises ont obligation de traiter et requalifier ces matériaux ». Or, jusqu’ici, « c’est l’usager qui paye ».
Difficile aussi de continuer cet accueil tout en augmentant la taxe, comme l’a suggéré Jamila Lognoné, maire de Lanmodez. Les déchèteries ne sont pas équipées pour.
La filière s’organise, le maillage n’est pas encore satisfaisant. Si on ne fait rien, ça explose. On ne prend pas la filière de court, on a rencontré ses représentants il y a trois ans, ils étaient conscients qu’ils allaient devoir s’organiser.
Une politique à préserver
Maire de Lannion et président du Smitred Ouest d’Armor, Éric Robert a appuyé, via l’exemple des déchets verts qui servent « de produits d’amendement pour la filière agricole ».
Pierre Huonnic, maire de Plouguiel où existe une autre plateforme, a enfoncé le clou : « On est l’une des rares agglos où les déchèteries sont gratuites pour le particulier. Si on continuait comme ça, on va devoir en fermer, les rendre payantes. »
L’interdiction a finalement été adoptée par 69 voix pour, 6 contre et 12 abstentions. Preuve d’une large adhésion mais aussi de doutes persistants sur cette opération.
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