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De plus en plus de jeunes Canadiens ont recours aux services d’aide en santé mentale offerts par textos durant la nuit. L’organisme Jeunesse, J’écoute recense une hausse de 24 % de ces conversations pour la première moitié de 2026.
Ce volume est si élevé que les intervenants couvrent parfois le compteur de la file d’attente affichée sur leur écran à l’aide d’un post-it pour se concentrer sur la personne qu’ils aident, plutôt que sur le nombre croissant de personnes qui attendent de recevoir de l’aide, raconte Donna Czosneck, bénévole auprès de l’organisme depuis 2019.
L’organisme à but non lucratif Jeunesse, J’écoute, apporte de l’aide psychologique gratuitement et de manière confidentielle 24 heures sur 24 aux enfants et aux adolescents partout au pays.
La hausse des demandes est encore plus marquée à Vancouver.
Dans un communiqué, l’organisme soutient que, durant les six premiers mois de cette année, les conversations par messages textes enregistrées à Vancouver entre 20 h et 8 h ont augmenté de 46 % par rapport à la même période l’an passé, atteignant 2817 échanges.
Une estime de soi en baisse
Donna Czosneck souligne que les adolescents ont tendance à assimiler ce qu’ils vivent tard en soirée, une période où peu de soutiens sont disponibles.
Elle souligne que la dépression, l’anxiété, l’acceptation sociale et le stress en lien avec les relations sont des sujets qui reviennent dans les échanges par textos.
Ce que je remarque, depuis environ un an, c’est un manque d’estime de soi, une sorte de profonde haine de soi.
Une situation qu’elle attribue en partie aux réseaux sociaux : Je crois que les réseaux sociaux toxiques nourrissent ce genre de perfectionnisme … ces attentes irréalistes qui amènent les jeunes à croire qu’ils n’ont pas de valeur et qu’ils doivent atteindre des buts irréalistes.
Ce à quoi s’ajoutent des inquiétudes, telles que la possibilité de trouver un emploi à l’ère de l’intelligence artificielle, celle de pouvoir s’acheter une maison et les effets des changements climatiques sur leur futur.
Donna Czosnek affirme écouter activement les jeunes pour que ces derniers se sentent écoutés et soutenus, plutôt que de se concentrer sur tenter de fixer le problème.
Demander de l’aide est un signe de force
L’augmentation recensée par Jeunesse, J’écoute résonne avec les résultats de la dernière enquête sur la santé des adolescents en Colombie-Britannique, souligne le directeur général de la division de la Colombie-Britannique de l’Association canadienne pour la santé mentale, Jonny Morris.
L’étude révélait que la proportion d’adolescents qui évaluait avoir une bonne ou une excellente santé mentale était en baisse, tandis que ceux qui rapportaient avoir des pensées d’automutilation étaient en augmentation.
Jonny Morris se réjouit toutefois que les jeunes soient de plus en plus nombreux à demander de l’aide.
Demander de l’aide est un signe de force, ajoute-t-il.
Il note que certains se tournent vers l’intelligence artificielle pour obtenir de l’aide en santé mentale, car celle-ci ne porte pas de jugement et est disponible 24 heures sur 24. Même si ces robots conversationnels peuvent être utiles pour certains, ces outils n’ont jamais été conçus pour devenir des services de crise.
Tant que nous ne sommes pas assurés qu’ils soient sécurisés, bien contrôlés et bien réglementés, cela ne devrait pas remplacer un adulte de confiance, un être humain de confiance.
D’après un texte (nouvelle fenêtre)de Tara Carman.


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