Dernièrement, les chercheurs d’une étude étasunienne ont analysé plus d’un million de cellules cérébrales. Selon les résultats, l’expression de plus d’une centaine de gènes diffère grandement entre les femmes et les hommes. Selon les auteurs, cette découverte pourrait permettre de mieux définir les risques de développer certaines maladies neurologiques, des risques face auxquels les humains ne sont pas égaux en fonction de leur sexe.
Une expression génique variable
Depuis longtemps, les spécialistes savent que les risques de maladies neurologiques diffèrent entre les femmes et les hommes (constat statistique). Mais pourquoi est-ce ainsi ? Une étude menée par le National Institute of Mental Health (NIMH) à Bethesda (Etats-Unis) et publiée dans la revue Science le 16 avril 2026 a peut-être la réponse finale à cette question.
Selon les chercheurs, tout réside dans les variations de l’expression des gènes. Dans le cadre de leurs travaux, ces derniers ont analysé plus d’un million de cellules de six aires corticales – des zones spécifiques du cortex cérébral – provenant du cerveau de 15 femmes et 15 hommes âgés de 26 à 78 ans. Les résultats ont permis d’identifier pas moins de 3 000 gènes dont l’expression est légèrement différente en fonction du sexe. Parmi ces gènes, les scientifiques en ont identifié 133 présentant une variation constante, donc des différentes bien plus prononcées en termes d’expression génique.
Insistons sur le fait qu’ici, il est bien question de changements dans l’activité des gènes et non en ce qui concerne leur nature, puisque tout le monde a les mêmes gènes sur leurs 23 paires de chromosomes. Avoir le gène de telle ou telle maladie est comparable à avoir un bouton on/off et l’expression génique exprime son « niveau de réglage », par exemple 10, 50 ou 100 %. Or, l’étude étasunienne a révélé que le réglage de ce fameux bouton n’est pas le même chez les hommes et chez les femmes.
Crédit : DeCasien et al., Science., 2026Des gènes activés par les hormones sexuelles
Il faut dire que des maladies neurologiques telles que le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et la schizophrénie – des maladies neurodéveloppementales – ou encore la maladie de Parkinson (neurodégénérative) sont plus fréquentes chez les hommes. En revanche, la maladie d’Alzheimer (neurodégénérative) apparait plus fréquemment chez les femmes. Selon les chercheurs, les gènes identifiés lors de leurs travaux ne sont pas localisés sur les chromosomes sexuels, comme il serait possible de s’y attendre. Cependant, un certain nombre de ces gènes peuvent être activés par les hormones sexuelles (œstrogène, testostérone).
« Cette étude enrichit considérablement les connaissances sur les différences liées au sexe dans le cerveau humain, tant en termes d’étendue que de profondeur et de précision, et fournit une nouvelle ressource de données ouvertes pour soutenir les recherches futures. », peut-on lire dans l’étude.
Cette étude ouvrant la voie vers une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires relatifs à ces différences entre les sexes, pourrait aider à identifier les facteurs favorisant la résistance aux maladies mais également, de découvrir de nouveaux traitements thérapeutiques. Evidemment, des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer à quel moment ces différences apparaissent au cours du développement et si ces dernières sont constantes d’une population à l’autre. Les scientifiques ont également évoqué le fait que leurs travaux offraient un instantané de l’expression des gènes, à un moment précis dans le temps. Autrement dit, les futures recherches visant à confirmer ces résultats devront impliquer des populations plus larges.


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