Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les causes de rupture des câbles sous-marins sont plutôt nombreuses. Si certaines causes sont naturelles, la grande majorité découle des activités humaines. Or, dans la mesure où il s’agit ici d’installations stratégiques, il est parfois question de sabotages dont les preuves sont souvent manquantes.
Les trois-quarts des incidents sont d’origine humaine
Rappelons tout d’abord que le réseau mondial de câbles sous-marins incarne la véritable colonne vertébrale du numérique. En effet, bien que les satellites captent souvent l’attention du public, ils ne représentent qu’une faible part des télécommunications mondiales. Dans les faits, entre 95 et 99% du trafic de données intercontinental transite par les câbles sous-marins. Par ailleurs, environ 600 câbles sont actifs ou en cours de déploiement, pour une longueur totale de plus de 1,5 million de kilomètres – soit 37 fois la circonférence de la Terre.
Des nombreux facteurs peuvent être à l’origine de dégâts au niveaux de ces câbles. Certaines causes sont d’origine naturelle, à savoir les tremblements de terre ou encore, les glissements de terrain sous-marins. D’autres causes impliquent directement des activités humaines, principalement en lien avec le transport maritime et la pêche. Dans la plupart des cas, les ancres des navires ou le matériel de pêche endommagent les câbles et ce, pas toujours de manière accidentelle.
En réalité, pas moins de 74% des incidents sont provoqués par des activités humaines, comme le révélait un article du Courrier International le 2 aout 2026. Le journal a également publié une infographie (voir ci-dessous).
Afin d'obtenir l'infographie en meilleure résolution, cliquez ICI.Crédit : Courrier InternationalDe nombreux sabotages présumés
En fin 2025, la chaine CNBC avait notamment donné la parole à Matthew Mooney, directeur des questions internationales au sein de la société de cybersécurité Recorded Future. L’intéressé avait souligné une hausse significative des incidents du genre en mer Baltique mais également, dans le détroit de Formose, en 2024 et 2025. Cependant, il reste encore difficile d’affirmer avec certitude s’il s’agissait d’actes intentionnels (sabotage) ou non. En revanche, cette augmentation pourrait avoir un lien avec la montée des tensions entre la Russie et l’Ukraine et entre la Chine et Taïwan.
« Je dirais que nous avons constaté une augmentation significative des actes de vandalisme que nous considérons comme intentionnels […] Il est néanmoins difficile d’affirmer avec certitude qu’il s’agit d’actes intentionnels. En revanche, les schémas qui se dégagent de ces événements donnent des raisons d’être suspicieux quant à leur potentielle nature accidentelle. », a expliqué l’expert.
Protéger ces infrastructures stratégiques
Si les preuves manquent à l’appel, les gouvernements considèrent la menace avec sérieux. il y a plus d’un an, l’OTAN a déployé des aéronefs, des navires, des drones et des sous-marins dans l’opération Sentinelle de la Baltique. Cette opération fait suite aux mystérieux sectionnements de deux câbles de télécommunication majeurs fin 2024, à savoir le C-Lion1 entre la Finlande et l’Allemagne, et le BCS East-West connectant la Lituanie à la Suède. L’objectif ? Protéger les infrastructures sous-marines de la région face aux menaces croissantes de sabotage. Depuis, les incidents relatifs aux câbles se seraient montrés plus rares.
Mais que se passe réellement lorsqu’un câble est endommagé ? Tout simplement, le flux des données que celui-ci transportait s’interrompt, avec des conséquences sur différents échanges, principalement commerciaux et sociaux. Sans surprise, il devient rapidement question de pertes sur le plan économique. Par ailleurs, les interventions visant à réhabiliter les câbles peuvent durer assez longtemps, en fonction du lieu de la panne – zones isolées ou géopolitiquement sensibles.


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