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Le procès à venir transforme un ancien choix décoratif présidentiel en symbole particulièrement embarrassant pour Emmanuel Macron.
Un nom qui ne devrait pas être totalement étranger à Emmanuel Macron : pendant des années, son immense tapis « Soleil noir » a occupé une place de choix dans l’un des bureaux présidentiels de l’Élysée. Quand la justice finit par entrer dans le décor, certains choix artistiques vieillissent particulièrement mal.
Claude Lévêque renvoyé devant la cour criminelle
Selon les informations publiées le 10 septembre 2026, Claude Lévêque sera jugé par la cour criminelle de Seine-Saint-Denis. Les faits présumés concernent trois mineurs âgés de 8 à 18 ans à l’époque des faits.
L’affaire judiciaire avait commencé après une plainte déposée en 2019. Claude Lévêque avait ensuite été mis en examen en 2023, puis de nouveau en 2024 dans le cadre des investigations concernant un troisième plaignant.
L’ordonnance de mise en accusation, citée par Libération, considère notamment que l’artiste « a pu user de sa place et de son aura d’artiste contemporain renommé ». Une position qui lui aurait permis, selon l’accusation, d’exercer une forme d’ascendant sur de jeunes garçons de son entourage.
« Soleil noir », pièce maîtresse du bureau de Macron
Et c’est ici que l’histoire remonte jusqu’au palais présidentiel.
Contrairement à ce qui est parfois écrit, l’Élysée n’a pas acheté « Soleil noir ». Le gigantesque tapis de Claude Lévêque appartient au Mobilier national. Réalisé par la manufacture de la Savonnerie entre 2005 et 2007, il a été déposé à l’Élysée en juillet 2017.
Emmanuel Macron venait alors de réaménager son fameux bureau d’angle, ancienne chambre de l’impératrice Eugénie. Au menu : mobilier contemporain, marbre, béton, œuvres monumentales et, au sol, les diamants noirs dessinés par Claude Lévêque.
Le Figaro décrivait dès 2017 cette décoration présidentielle. À cette date, rappelons-le, les accusations contre Claude Lévêque n’étaient pas encore publiques.
Mais après leur révélation, le problème devient nettement plus embarrassant.
En janvier 2021, Roselyne Bachelot estimait que le tapis serait « très certainement retiré » en raison du caractère emblématique du lieu. Deux ans plus tard, Le Monde constatait pourtant que l’œuvre n’était toujours pas retournée dans les réserves du Mobilier national.
La poussière, manifestement, s’accumulait mieux sous « Soleil noir » qu’ailleurs.
Macron n’est pas impliqué, mais le symbole est ravageur
Précision indispensable : Emmanuel Macron n’est accusé de rien dans le dossier Claude Lévêque et aucun élément ne permet d’affirmer qu’il connaissait les faits présumés lorsque l’œuvre a été installée en 2017.
Reste le symbole politique.
Le tapis choisi pour l’un des espaces les plus personnels du président est celui d’un artiste désormais renvoyé devant une cour criminelle dans une affaire concernant plusieurs mineurs. Après les premières révélations, le gouvernement annonçait quasiment son retrait. En 2023, il n’avait toujours pas repris le chemin des réserves.
« Soleil noir » représentait à l’origine des diamants. Avec le procès qui se profile, le titre de l’œuvre possède désormais une ironie dont l’Élysée se serait probablement volontiers passé.
Il y a des dossiers qu’on enterre. D’autres qu’on classe. Et puis il y a ceux qui finissent toujours par ressortir de dessous le tapis.


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