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De nouvelles révélations sur le rôle saoudien dans les attentats du 11 septembre omettent de parler de celui de la CIA

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The Grayzone et Kit Klarenberg – Le 11 septembre 2026 – Source The Grayzone

Vingt-cinq ans plus tard, la détermination des médias grand public à s’en tenir à l’histoire officielle du 11 septembre semble enfin se fissurer. Les principaux organes de presse font maintenant état d’une poursuite civile en cours devant un tribunal de New York contre Omar Bayoumi, un agent du renseignement saoudien, accusé depuis longtemps d’être le responsable des terroristes du 11 septembre, Nawaf Hazmi et Khalid Mihdhar. En avril 2023, The Grayzone avait révélé comment Riyad avait recruté puis géré ces deux pirates de l’air potentiels pour le compte de la CIA.   

Comme Max Blumenthal l’a détaillé dans son livre de 2019,  The Management of Savagery, la CIA avait au moins cherché à recruter Hazmi et Mihdhar. Lorsque la déclaration de 21 pages de l’enquêteur principal du Bureau des Commissions militaires, Don Canestraro, a été finalement publiée sous une forme non expurgée en 2023, les soupçons les plus sombres concernant les deux pirates de l’air ont été confirmés : ils avaient bien été recrutés dans une opération de renseignement conjointe CIA-Arabie saoudite qui a peut-être mal tourné.

En septembre dernier, de nombreux médias ont rapporté pour la première fois des preuves apparemment irréfutables impliquant Bayoumi dans la planification et la commission des attentats du 11 septembre. Du matériel jamais vu auparavant, y compris des bandes vidéo montrant Bayoumi en train de jouer au Paintball avec le recruteur d’Al-Qaïda, Anwar Awlaki – lui-même tué dans une frappe de drone américain en septembre 2011 – une autre vidéo le montrant en train de se promener dans Washington DC en 1999, apparemment pour évaluer les mesures de sécurité du Capitole, et un croquis au crayon du soi-disant “calcul mathématique” précis de l’attaque contre le Pentagone avec un schéma d’avion qui l’accompagne.

Ce trésor incroyablement incriminant a été saisi dans la résidence de Bayoumi à Birmingham, au Royaume-Uni, où il vivait au moment du 11 septembre. Seulement 11 jours après l’événement qui a changé notre époque, ces pièces à conviction ont été transmises directement au FBI. Mais leur existence a été inexplicablement « cachée » par le Bureau, et le monde ne l’apprend que maintenant. Entre-temps, Bayoumi a été libéré par la police britannique après que le ministère américain de la Justice a décidé qu’il n’y avait “pas suffisamment de preuves” de son rôle dans le 11 septembre pour l’extrader. Un détective britannique de haut rang a déclaré à la télévision britannique, aux heures de grande écoute, que l’affaire contre Bayoumi avait été ouverte puis fermée car des “pressions diplomatiques” l’ont mise à l’abri de la justice.

Les médias qui rejetaient auparavant la possibilité d’un complot impliquant un proche allié des États-Unis se sentent maintenant libres de rapporter comment une vaste conspiration du silence a empêché le FBI d’interroger des responsables saoudiens fortement soupçonnés d’avoir aidé financièrement et matériellement Bayoumi, les pirates de l’air, et leurs complices.

Cependant, dans la hâte de condamner Riyad pour son rôle dans le 11 septembre, aucune référence n’a été faite au rôle de l’État de sécurité nationale américain dans la gestion de l’implication des Saoudiens avec Al-Qaïda. En fait, c’était l’unité de traque de Ben Laden de la CIA, la Station Alec, qui protégeait la présence de Hazmi, Midhar et d’autres futurs pirates de l’air des enquêtes du FBI, alors qu’ils planifiaent l’exécution de leur opération “Day of the Planes”. Et, qu’ils le sachent ou non, Alec Station les avait recrutés comme espions au sein d’Al-Qaïda.

Le 18 avril 2023, Kit Klarenberg a rendu compte pour The Grayzone du dépôt de plainte par l’enquêteur du Bureau des Commissions militaires, Don Canestraro, corroborant les récits du recrutement de Hazmi et Mihdhar par la CIA. L’article de Kit est devenu l’un des articles les plus partagés que nous ayons publiés. Pourtant, les médias grand public ont censuré ses reportages.

L’association 9/11 families qui a intenté une action en justice historique exige maintenant la divulgation de documents détenus par le gouvernement américain sur le rôle de Riyad dans les attentats du 11 septembre. Tout procès futur pourrait donner lieu à d’autres révélations sur le lien intime de Riyad avec les individus qui ont planifié et exécuté le 11 septembre. Mais la main directrice de la CIA a été laissée de côté, presque à dessein.

Comme nous l’avons signalé dans notre exposé sur le 11 septembre, les vétérans de la Station Alec – dont certains ont été impliqués dans le recrutement de Hazmi et Mihdhar, sinon d’autres pirates de l’air – sont devenus des acteurs clés du programme de torture de la CIA après le 11 septembre. Ils ont abusé de ces positions pour façonner le récit officiel du 11 septembre, obtenant des aveux par des violences physiques extrêmes qui sont maintenant considérées comme entachées et inadmissibles devant les tribunaux. Ce faisant, ils se sont exclus de l’histoire.

Le reportage qui suit est un correctif historique qui place la CIA là où elle était vraiment, au centre du complot du 11 septembre : les pirates de l’air du 11 septembre étaient des recrues de la CIA

Un dossier judiciaire récemment publié soulève de graves questions sur la relation entre la station Alec, une unité de la CIA mise en place pour pister Oussama ben Laden et ses associés, et deux pirates de l’air du 11 septembre menant aux attentats, qui a fait l’objet d’une dissimulation par les plus hautes instances du FBI.

Obtenu par SpyTalk, le dépôt est une déclaration de 21 pages de Don Canestraro, enquêteur principal du Bureau des Commissions militaires, l’organe juridique chargé de superviser les affaires des accusés du 11 septembre. Il résume les divulgations classifiées du gouvernement et les entretiens privés qu’il a menés avec des hauts fonctionnaires anonymes de la CIA et du FBI. De nombreux agents qui ont parlé à Canestraro ont dirigé l’Opération Encore, l’enquête avortée du Bureau sur les liens du gouvernement saoudien avec l’attaque du 11 septembre.

Bien qu’elle ait procédé à de longs entretiens avec divers témoins, produit des centaines de pages de preuves, enquêté officiellement sur plusieurs responsables saoudiens et lancé un grand jury pour enquêter sur un réseau de soutien américain géré par Riyad pour les pirates de l’air, l’Opération Encore a été brusquement résilié en 2016. Cela était prétendument dû à une agitation byzantine intra-FBI sur les méthodes d’enquête.

Lors de sa publication initiale en 2021, chaque partie du document était caviardée à l’exception d’une partie “non classifiée”. Compte tenu de son contenu explosif, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi : comme l’enquête de Canestraro l’a conclu, au moins deux pirates de l’air du 11 septembre avaient été recrutés, sciemment ou par inadvertance, dans une opération conjointe de renseignement CIA-Arabie saoudite qui a peut-être mal tourné.

En 1996, la station Alec a été créée sous l’égide de la CIA. L’initiative était censée être un effort d’enquête conjoint avec le FBI. Cependant, les agents du FBI affectés à l’unité ont rapidement découvert qu’il leur était interdit de transmettre des informations au siège du Bureau sans l’autorisation de la CIA, et encouraient de lourdes sanctions s’ils le faisaient. Les efforts visant à partager des informations avec l’unité équivalente du FBI – l’escouade I-49 basée à New York – ont été bloqués à plusieurs reprises.

Fin 1999, alors que « les voyants clignotait en rouge » au sujet d’une attaque terroriste imminente à grande échelle d’Al-Qaïda à l’intérieur des États-Unis, la CIA et la NSA surveillaient de près un “cadre opérationnel” au sein d’une cellule d’Al-Qaïda dont les ressortissants saoudiens Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar faisaient partis. Les deux hommes auraient détourné le vol 77 d’American Airlines, qui s’est écrasé sur le Pentagone le 11 septembre.

Al-Hazmi et al-Midhar avaient assisté à un sommet d’Al-Qaïda qui a eu lieu entre le 5 et le 8 janvier 2000, à Kuala Lumpur, en Malaisie. La réunion a été secrètement photographiée et filmée par les autorités locales à la demande d’Alec Station, bien qu’apparemment aucun son n’ait été capturé. En route, Mihdhar a transité par Dubaï, où des agents de la CIA sont entrés par effraction dans sa chambre d’hôtel et ont photocopié son passeport. Celui-ci possédait un visa à entrées multiples pour les États-Unis.

Un câble interne contemporain de la CIA indique que cette information a été immédiatement transmise au FBI “pour enquête plus approfondie”. En réalité, Alec Station non seulement n’a pas informé le Bureau du visa américain de Mihdhar, mais a également expressément interdit à deux agents du FBI affectés à l’unité de le faire.

« [J’ai dit] « Nous devons en parler au Bureau. Ces gars sont clairement mauvais…nous devons le dire au FBI ». Et puis [la CIA] m’a répondu : « non, ce n’est pas l’affaire du FBI, pas la compétence du FBI« , a allégué Mark Rossini, l’un des agents du FBI en question. « Si nous avions décroché le téléphone et appelé le Bureau, j’aurais violé la loi. J’aurais…été retiré du bâtiment ce jour-là. J’aurais eu mes autorisations suspendues, et je serais parti ».

Le 15 janvier, Hazmi et Mihdhar sont entrés aux États-Unis par l’aéroport international de Los Angeles, quelques semaines seulement après le complot déjoué du Millenium. Omar al-Bayoumi, un « employé fantôme » du gouvernement saoudien, les a immédiatement rencontrés dans un restaurant de l’aéroport. Après une brève conversation, Bayoumi les a aidés à trouver un appartement près du sien à San Diego, a cosigné leur bail, leur a ouvert des comptes bancaires et leur a offert 1 500 dollars pour leur loyer. Les trois auront de multiples contacts à l’avenir.

Lors d’entretiens avec des enquêteurs de l’Opération Encore, des années plus tard, Bayoumi a allégué que sa rencontre avec les deux pirates de l’air potentiels n’était qu’un simple hasard. Son extraordinaire soutien pratique et financier était, selon lui, par pure charité, motivé par sa sympathie pour les deux hommes, qui parlait à peine anglais et ne connaissait pas la culture occidentale.

Le Bureau n’était pas d’accord, concluant que Bayoumi était un espion saoudien, qui manipulait un certain nombre d’agents d’Al-Qaïda aux États-Unis. Ils considéraient également qu’il y avait une “une chance sur deux” qu’il – et par extension Riyad – ait une connaissance préalable détaillée des attaques du 11 septembre.

Cette découverte remarquable n’a été reconnue publiquement que deux décennies plus tard, lorsqu’une tranche de documents de l’opération Encore a été déclassifiée sur ordre de l’administration Biden, mais elle a été complètement ignorée par les médias grand public. La déclaration de Don Canestraro révèle maintenant que les enquêteurs du FBI étaient allés encore plus loin dans leurs évaluations.

Un agent spécial du Bureau, surnommé « CS-3 » dans le document, a déclaré que le contact de Bayoumi avec les pirates de l’air et son soutien par la suite “ont été effectués à la demande de la CIA par l’intermédiaire des services de renseignement saoudiens”. Le but explicite de la station Alec était de « recruter Al-Hazmi et Al-Mihdhar via une relation de liaison« , avec l’aide de la Direction générale des renseignements de Riyad.

La mission officielle d’Alec Station était de suivre ben Laden, « de recueillir des renseignements sur lui, de mener des opérations contre lui, de perturber ses finances et d’avertir les décideurs de ses activités et de ses intentions ». Ces activités impliquaient naturellement l’enrôlement d’informateurs au sein d’Al-Qaïda.

Néanmoins, comme plusieurs sources de haut niveau l’ont dit à Canestraro, il était extrêmement “inhabituel” qu’une telle entité soit impliquée dans la collecte de renseignements et le recrutement d’actifs. L’unité basée aux États-Unis était dirigée par des analystes de la CIA, qui ne gèrent généralement pas les ressources humaines. Légalement, ce travail est l’apanage exclusif des agents chargés des affaires « formés aux opérations secrètes » et basés à l’étranger.

« CS-10 », un agent de cas de la CIA au sein de la station Alec, était d’accord avec la proposition selon laquelle Hazmi et Mihdhar entretenaient une relation avec la CIA par l’intermédiaire de Bayoumi, et était déconcerté que l’unité ait été chargée de tenter de pénétrer Al-Qaïda en premier lieu. Ils ont estimé que “ce serait presque impossible… de recruter des informateurs à l’intérieur” du groupe, étant donné que station Alec était basée dans un sous-sol de Langley, “à plusieurs milliers de kilomètres des pays où Al-Qaïda était soupçonné opérer.”

« CS-10 » a en outre témoigné qu’ils « avaient observé d’autres activités inhabituelles » à la station Alec. Les analystes de l’unité “dirigeaient les opérations vers les agents chargés des dossiers sur le terrain en envoyant aux agents des câbles leur demandant de faire une tâche spécifique”, ce qui était « en violation des procédures de la CIA ». Les analystes « n’avaient normalement pas le pouvoir d’ordonner à un agent de terrain de faire quoi que ce soit ».

« CS-11 », un spécialiste des opérations de la CIA affecté à la station Alec « quelque temps avant les attaques du 11 septembre » a déclaré qu’ils avaient également « observé une activité qui semblait être en dehors des procédures normales de la CIA ». Les analystes de l’unité “restaient pour la plupart fidèles à eux-mêmes et n’interagissaient pas fréquemment” avec les autres. Lorsqu’ils communiquaient entre eux par câbles internes, ils utilisaient également des pseudonymes opérationnels, que “CS-11” décrivait comme particuliers, car ils ne travaillaient pas sous couverture, “et leur emploi avec la CIA n’était pas une information classifiée.”

La culture opérationnelle inhabituelle de l’unité peut expliquer certaines des décisions étranges prises au cours de cette période vis-à-vis des informateurs d’Al-Qaïda. Au début de 1998, alors qu’il était en mission de la CIA pour pénétrer la scène islamiste londonienne, un informateur conjoint du FBI et de la CIA, nommé Aukai Collins, a reçu une offre étonnante : ben Laden lui-même voulait qu’il se rende en Afghanistan pour qu’ils puissent se rencontrer.

Collins a transmis la demande à ses supérieurs. Alors que le FBI était en faveur de l’infiltration de la base d’Al-Qaïda, son responsable de la CIA a rejeté l’idée en disant : “il était impossible que les États-Unis approuvent un agent américain infiltré dans les camps de Ben Laden.”

De même, en juin 2001, des analystes de la CIA et du FBI de la Station Alec ont rencontré de hauts responsables du Bureau, y compris des représentants de leur propre unité. La CIA a partagé trois photos de personnes ayant assisté à la réunion de Kuala Lumpur 18 mois plus tôt, dont Hazmi et Mihdhar. Cependant, comme l’a rappelé un officier antiterroriste du FBI portant le nom de code “CS-15″, les dates des photos et les détails clés sur les personnages qu’elles représentaient n’ont pas été révélés. Au lieu de cela, les analystes ont simplement demandé si le FBI “connaissait l’identité des individus sur les photos.”

Un autre fonctionnaire du FBI présent, “CS-12″, offre un récit encore plus accablant. Les analystes de la station Alec non seulement n’ont pas fourni d’informations biographiques, mais ont faussement laissé entendre que l’un des individus pourrait être Fahd Al-Quso, un suspect dans l’attentat à la bombe contre l’USS Cole. De plus, ils ont carrément refusé de répondre à toutes les questions liées aux photographies. Néanmoins, il a été confirmé qu’aucun système n’était en place pour alerter le FBI si l’un des trois membres d’Al Qaeda entrait aux États-Unis-une, une technique d’enquête pourtant standard pour les suspects de terrorisme.

Étant donné que Hazmi et Mihdhar semblaient travailler, dans une certaine mesure, simultanément pour la Station Alec la réunion de juin 2001 pourrait bien avoir été une trappe. Aucun renseignement de valeur ne pouvait être extraite de savoir si le FBI savait qui étaient leurs agents, à part s’assurer que l’équipe antiterroriste du FBI n’était pas au courant de leur identité, de leur apparence physique et de leur présence aux États-Unis.

Une autre source de Canestraro, un ancien agent du FBI qui s’appelait « CS-23 », a témoigné qu’après le 11 septembre, le siège du FBI et son bureau extérieur de San Diego ont rapidement appris « l’affiliation de Bayoumi avec les services de renseignement saoudiens et par la suite l’existence de l’opération de la CIA pour recruter Hazmi et Mihdhar ».

Cependant « des hauts responsables du FBI ont supprimé les enquêtes » sur ces sujets. « CS-23 » alléguait, en outre que les agents du Bureau témoignant devant l’Enquête conjointe sur le 11/9 avaient reçu pour instruction « de ne pas révéler toute l’étendue de l’implication saoudienne avec Al-Qaïda ».

La communauté du renseignement américaine pourrait avoir eu toutes les raisons de protéger Riyad de tout examen et des conséquences de son rôle dans les attentats du 11 septembre, car elle était alors l’un de ses alliés les plus proches. Mais la complicité des hauts rangs du FBI dans la dissimulation d’informations par Alec Station a peut-être été motivée par l’intérêt personnel, car l’un des leurs était intimement impliqué dans les efforts de l’unité pour recruter Hazmi et Mihdhar, puis dissimuler leur présence aux États-Unis aux autorités compétentes.

« CS-12 », qui a assisté à la réunion de juin 2001 avec la station Alec, a déclaré à Canestraro qu’ils “ont continué à faire pression sur le siège du FBI pour obtenir de plus amples informations sur les personnes apparaissant sur les photographies” au cours de cet été. Le 23 août, ils sont tombés sur une “communication électronique” du siège du FBI, qui identifiait Hazmi et Mihdhar, et notait qu’ils étaient aux États-Unis.

« CS-12 » a ensuite contacté l’analyste du FBI au sein de la station Alec qui avait rédigé la communication. La conversation s’est rapidement « échauffée », l’analyste leur ordonnant de supprimer le mémo “immédiatement” car ils n’étaient pas autorisés à le consulter. Bien que non nommée dans la déclaration, l’analyste du FBI en question était Dina Corsi.

Le lendemain, lors d’une conférence téléphonique entre ”CS-12“, Corsi, et le chef de l’unité ben Laden du FBI, des « responsables du quartier général du FBI » ont explicitement demandé à « CS-12 » de « se retirer » et de « cesser de chercher » Mihdhar, car le Bureau avait l’intention d’ouvrir une « enquête de collecte de renseignements » sur lui. « CS-12 » a envoyé un courriel à Corsi le lendemain, déclarant sans ambages “quelqu’un va mourir” à moins que Mihdhar ne soit poursuivi pénalement.

Ce n’est sûrement pas un hasard si deux jours plus tard, le 26 août, Alec Station a finalement informé le FBI que Hazmi et Mihdhar étaient aux États-Unis. À ce moment-là, le couple était entré dans la phase finale des préparatifs des attaques imminentes. Si une enquête criminelle avait été ouverte, ils auraient pu être arrêtés dans leur élan. Au lieu de cela, comme l’avaient prédit les responsables en contact avec “CS-12”, une enquête de renseignement a été lancée, qui entravait tout effort de recherche.

Dans les jours qui ont immédiatement suivi les attentats du 11 septembre, « CS-12 » et d’autres agents du FBI basés à New York ont participé à une autre conférence téléphonique avec le siège du Bureau. Au cours de la conversation, ils ont appris que Hazmi et Mihdhar étaient nommés sur le manifeste du vol 77. Un analyste sur la ligne a cherché les noms des deux personnes dans des « bases de données commerciales« , les trouvant rapidement et leur adresse personnelle figurant dans l’annuaire téléphonique local de San Diego. Il s’est avéré qu’ils vivaient avec un informateur du FBI.

« CS-12 » a rapidement contacté Corsi « concernant des informations sur les pirates de l’air. » Elle a répondu en fournissant une photographie de la même opération de surveillance qui avait produit les trois photos présentées lors de la réunion de juin 2001 entre la station Alec et des agents du FBI ; ils représentaient Walid bin Attash, un suspect principal dans les attentats à la bombe contre l’ambassade américaine d’Al-Qaïda en Afrique de l’Est en 1998 et son attaque contre l’USS Cole.

Corsi n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi la photo n’avait pas été montrée aux agents du FBI plus tôt. ”CS-12“ affirme que si cela avait été le cas, ils auraient ”immédiatement lié“ Hazmi et Mihdhar à bin Attash, ce qui « serait passé d’une enquête basée sur le renseignement à une enquête criminelle. » Le bureau extérieur du FBI à New York aurait alors pu consacrer toutes ses « ressources » à la recherche des pirates de l’air avant le jour fatidique du 11 septembre 2001.

Les efforts inlassables d’Alec Station pour protéger ses agents d’Al-Qaïda soulèvent la question évidente de savoir si Hazmi et Mihdhar, et peut-être d’autres pirates de l’air, travaillaient effectivement pour la CIA le jour du 11 septembre.

Les véritables motivations derrière l’obstruction de la CIA pourraient ne jamais être connues. Mais il semble très clair qu’Alec Station ne voulait pas que le FBI soit au courant ou interfère dans son opération de renseignement. Si le recrutement de Hazmi et Mihdhar par l’unité était purement dédié à la collecte d’informations, plutôt qu’à la direction opérationnelle, il est incompréhensible que le FBI n’en ait pas été informé et ait plutôt été volontairement mal dirigé.

Plusieurs sources du FBI consultées par Canestraro ont émis l’hypothèse que le désespoir de la CIA de pénétrer Al-Qaïda l’avait incitée à accorder à Alec Station le pouvoir de recruter des agents, et l’a même poussé à le faire. Mais si c’était vraiment le cas, alors pourquoi Langley a-t-il refusé l’opportunité d’envoyer Aukai Collins – un agent secret avéré qui avait infiltré plusieurs gangs islamistes – pénétrer le réseau de ben Laden en Afghanistan ?

Une autre explication est qu’Alec Station, une puissante équipe de voyous de la CIA, n’ayant de comptes à rendre à personne, a cherché à infiltrer le groupe terroriste à ses propres fins sinistres, sans l’autorisation et la surveillance habituellement requises par Langley dans de telles circonstances. Étant donné que Collins était un agent commun avec le FBI, on ne pouvait pas lui faire confiance pour participer à une opération secrète aussi sensible.

Aucun membre de la Station Alec n’a été puni de quelque manière que ce soit pour les supposés “échecs du renseignement” qui ont permis les attaques du 11 septembre. En fait, ils ont même été récompensés. Richard Blee, le chef de l’unité au moment des attentats, et son successeur Alfreda Frances Bikowsky, ont tous deux rejoint la division des opérations de la CIA et sont devenus des personnalités très influentes dans la soi-disant guerre contre le terrorisme. Corsi, pour sa part, a été promue au FBI, pour finalement atteindre le rang de Sous-directrice adjointe du Renseignement.

Dans une tournure perverse, le rapport du Comité sénatorial du renseignement sur le programme de torture de la CIA a révélé que Bikowsky avait été un acteur clé dans la gestion des sites noirs de l’agence, et l’un de leurs principaux apologistes publics. Il est de plus en plus clair que le programme visait spécifiquement à susciter de faux témoignages de suspects afin de justifier et d’étendre la guerre américaine contre le terrorisme.

La compréhension du public des attentats du 11 septembre est fortement éclairée par les témoignages livrés par les victimes de torture de la CIA, sous la contrainte la plus extrême imaginable. Et Bikowsky, un vétéran de la station Alec qui couvrait au moins deux pirates de l’air potentiels du 11 septembre, avait été chargé d’interroger les auteurs présumés des attaques.

L’agent vétéran du FBI, Aukai Collins, a conclu ses mémoires par une réflexion effrayante qui n’a été renforcée que par la déclaration explosive de Don Canestraro :

Je me méfiais beaucoup du fait que le nom de Ben Laden ait été mentionné quelques heures seulement après l’attaque. Je suis devenu très sceptique à propos de tout ce qu’on disait sur ce qui s’est passé, ou qui l’a fait. J’ai repensé à l’époque où je travaillais encore pour eux et où nous avons eu l’opportunité d’entrer dans le camp de Ben Laden. Quelque chose clochait… aujourd’hui, je ne sais pas qui était derrière le 11 septembre, et je ne peux même pas le deviner… Un jour, la vérité se révélera d’elle-même, et j’ai le sentiment que les gens n’aimeront pas ce qu’ils entendront.

The Grayzone et kit Klarenberg

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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