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Cette région du cerveau est différente chez les hommes et les femmes, et elle influencerait le comportement social

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Certaines régions du cerveau peuvent-elles influencer les différences de comportement social chez les hommes et chez les femmes ? C'est ce que suggère une étude plutôt surprenante menée sur des souris par des chercheurs israéliens. Les résultats viennent d'être publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas)

Le groupe de neurones identifié est situé dans l'amygdale médiane, une région du cerveau connue depuis longtemps pour jouer un rôle central dans le comportement social, le traitement des émotions et les comportements de reproduction sexuelle.

Constamment actifs chez les femmes, épisodiquement chez les hommes

Ce qui rend ces neurones de l'amygdale particulièrement remarquables, c'est que chez les femmes, ils sont constamment actifs dans des conditions normales, alors que chez les hommes, ils sont inactifs la majeure partie du temps. En revanche, chez ces derniers, ils sont susceptibles de s'activer lors de changements importants dans le statut social ou reproductif.

La fonction précise de ce groupe de neurones reste à ce jour mystérieuse, mais son fonctionnement interpelle. En effet :

  • avant la maturation sexuelle, cette région de l'amygdale présente des niveaux d'activité similaires chez les hommes et les femmes ;
  • après la maturation, son activité disparaît, mais uniquement chez les hommes ;
  • lors de rapports sexuels, cette région redevient active chez ces derniers.

Ceci suggère que le contexte social et reproductif joue un rôle clé dans la régulation de cette zone du cerveau.

Pourquoi c’est surprenant ?

Il existe des différences au niveau du cerveau des hommes et celui des femmes. Cependant, elles ne sont pas aussi franches que ce que les chercheurs israéliens viennent de découvrir.

Par exemple, les différences déjà connues impliquent des changements progressifs et présentent des chevauchements importants, alors que dans cette structure de l'amygdale, on est vraiment sur un fonctionnement ON/OFF. « Ce qui nous a surpris ici, c'est la clarté du signal. Il s'agit d'un groupe discret de neurones qui se comporte presque comme un interrupteur biologique, reflétant le sexe et l'état social de manière très robuste », commente un des trois auteurs de l'étude, le Dr Tamar Licht, chercheur à l'Institut de recherche médicale Israël-Canada (IMRIC) de l'Université hébraïque de Jérusalem.

Autre « bizarrerie » : l'activité du groupe de neurone ne semble pas du tout liée aux hormones sexuelles, ce qui est plus qu'étonnant. Et ce n'est pas tout ! Il apparaissait que les neurones de l'amygdale pouvaient, chez l'homme, s'activer à la suite d'une relation sexuelle reproductive, ce qui suggère que le cerveau est susceptible de faire basculer certains circuits neuronaux favorisant une adaptation comportementale.

Les scientifiques ont également découvert que les neurones de l'amygdale peuvent être influencés par la prolactine, la fameuse « hormone du lien », qui est connue pour façonner le comportement social et parental, et qui est sécrétée à la suite d'un contact sexuel.

L’amygdale est déjà connue pour jouer un rôle dans le comportement maternel. Elle peut s’activer chez les hommes très impliqués dans le soin aux nouveau-nés. © Louis-Paul Photo, Adobe Stock

L’amygdale, déclencheur de comportement « maternel » ?

Il y a quelques années, Ruth Feldman, neurobiologiste à l'université hébraïque de Jérusalem, avait été un des premiers chercheurs à explorer les différences de fonctionnement de cerveaux d'hommes et de femmes, notamment de parents.

Elle avait déjà noté que, chez la plupart des mères, l'amygdale s'activait quatre fois plus que chez les pères. Selon elle, cette structure du cerveau est impliquée dans les réactions émotionnelles et joue un rôle indispensable dans la vigilance face au danger, essentiel pour la sécurité des bébés et des enfants. Chez les pères s'occupant de leur enfant, elle notait plutôt l'activation d'une zone du cerveau appelée sillon temporal supérieur (STS).

Cependant, dans une étude pionnière menée sur 89 pères et mères, dont un certain nombre de couples d'hommes qui avaient adopté un enfant, elle a découvert que l'amygdale des pères homosexuels est quatre fois plus active que celle des pères hétérosexuels, et aussi active que celle des mères, alors qu'il n'y avait eu ni grossesse, ni accouchement, ni allaitement. Publiés dans Pnas, les résultats suggéraient que les hommes sont programmés eux aussi pour déployer l'ensemble de la panoplie parentale, notamment celle qui est habituellement attribuée aux mères, et donc qu'il existe une véritable plasticité du cerveau.

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