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Depuis plus d'un an, des observateurs alertent: la bulle de l'intelligence artificielle ne pourra pas durer éternellement. Pour le moment, leurs mises en garde n'ont pas été suivies de la tant redoutée explosion de cette bulle qui semble faire durer le suspense, rapporte le journal Futurism.
Cet état actuel de l'IA a pourtant réussi à dépasser les prévisions les plus pessimistes, au point que l'économie américaine se trouve aujourd'hui dans une situation encore plus préoccupante qu'à la veille du krach boursier de la fin des années 1920. On vous explique pourquoi.
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Russ Mould, chroniqueur économique du Telegraph, souligne que la surévaluation des actions américaines a désormais dépassé le niveau qui avait précipité la chute du marché boursier au début de la Grande Dépression. Selon lui, les actions américaines cotées au S&P 500, l'indice qui mesure la performance des grandes entreprises américaines en bourse, se négocient aujourd'hui à un prix équivalant à 41 fois leurs bénéfices sur la dernière décennie.
Pire qu'en 1929
Autrement dit: les investisseurs paient 41 dollars pour chaque dollar de profit annuel généré par Wall Street au cours des dix dernières années. Cet écart entre ce que les investisseurs placent et ce qu'ils y gagnent, c'est en quelque sorte l'équivalent financier du retrait soudain de la mer avant un tsunami. Si ce ratio ne permet pas de savoir précisément quand la vague déferlera, ni quelle en sera l'ampleur, un tel niveau est un signal de danger. À un moment ou à un autre, dans un avenir pas si lointain, les choses pourraient mal tourner… et le feront sûrement.
Pour vous donner une idée de l'ampleur du phénomène, la moyenne historique de ce ratio se situe autour de 17,3, selon Investing.com. Le jour du «Mardi noir», qui a déclenché la pire catastrophe financière de l'histoire moderne, ce ratio s'élevait à 32,5 dollars pour un, soit 8,5 points de moins que les 41 dollars d'aujourd'hui.
Impression de déjà-vu
La justification de ces valorisations invraisemblables repose presque entièrement sur l'IA. La quasi-totalité de l'appareil financier américain a adhéré au récit selon lequel l'IA s'apprête à déclencher une révolution durable et mondiale de la productivité et des profits. Pour autant, la technologie se révèle inutile dans la grande majorité des environnements professionnels.
Bien sûr, des récits similaires avaient déjà été tenus à propos d'internet à la fin des années 1990, ou même de l'électrification des infrastructures à la fin des années 1920. Ces technologies ont fini par s'imposer, mais pas avant que l'engouement initial à leur égard ne s'effondre en une catastrophe financière violente, entraînant l'économie dans une remise à zéro brutale.
Pour les économistes, la contradiction d'une telle ampleur ne peut se résoudre que de deux façons: soit les bénéfices finissent réellement par rattraper les promesses démesurées suscitées par l'IA, soit le marché comble l'écart entre valorisation financière et productivité réelle de la manière la plus douloureuse qui soit.
Le premier scénario paraissant de moins en moins probable, jour après jour, la prochaine décennie pourrait bien nous offrir un aperçu, aux premières loges, de ce à quoi ressemblait le monde en 1930.





























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