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À 11 jours du scrutin et encore moins du début du vote par anticipation, quatre candidats de la région ont croisé le fer lors d’un débat organisé par ICI Estrie.
Six thèmes ont été abordés : le coût de la vie et le logement, l'éducation, la santé, l'environnement et l'énergie, le transport, et finalement, les infrastructures. Le débat, animé par le chef d'antenne du Téléjournal Estrie Pierrick Pichette a eu lieu devant une salle comble, au Cégep de Sherbrooke.
Stéphanie Vachon de Québec solidaire, Pierre Cossette du Parti libéral du Québec, qui se présentent tous deux dans Sherbrooke, Guillaume Rousseau de la Coalition avenir Québec et Bernard Sévigny du Parti québécois, qui eux, se présentent dans Richmond, ont présenté leur vision à la population.
Cinq invitations ont initialement été lancées. Seul le Parti conservateur du Québec a refusé les multiples demandes formulées à son endroit.

Des centaines d'étudiants du Cégep de Sherbrooke ont assisté au débat estrien.
Photo : Radio-Canada / Félix Delorme-Lapointe
Coût de la vie et logement
Ce n’est pas un hasard si le sujet du coût de la vie et du logement a ouvert le débat. Mme Vachon et M. Cossette ont tous les deux assuré qu’il s’agit d’une priorité pour leurs partis respectifs. Le péquiste Bernard Sévigny a quant à lui affirmé qu’il s’agit du sujet dont il a le plus entendu parler sur le terrain.
Guillaume Rousseau est entre autres revenu sur le remboursement de la taxe de bienvenue par la CAQ. À ma connaissance, tous les autres partis […] veulent abolir cette mesure-là. Je sais que le Parti libéral a été très franc là-dessus, je salue la franchise.
Ce à quoi Pierre Cossette a rétorqué : On aimerait avoir des moyens infinis, mais malheureusement, on a une situation financière au Québec qui est difficile avec un déficit extrêmement important. Le PLQ, tout comme le PQ, propose plutôt de rembourser une partie de la Taxe de vente du Québec (TVQ).
Éducation
Comme dans la plupart des débats abordant l’éducation, l’école à trois vitesses a volé la vedette.
Trois des quatre partis présents, le PQ, le PLQ et QS, adhèrent à l’idée de tenir des états généraux afin de revoir le système d’éducation s’ils sont portés au pouvoir.
Ça a l’air d’être une belle idée. On va se réunir, parler d’éducation, mais la réalité, c’est que la dernière fois qu’il y a eu des états généraux au milieu des années 1990, les résultats n’ont vraiment pas été concluants.
La CAQ propose plutôt d’organiser des sommets annuels avec des objectifs clairs qui feraient l’objet de suivis. Selon M. Rousseau, c’est une manière d’être dans le concret, comme [la CAQ l’est] avec le vouvoiement et le cours de Culture et citoyenneté québécoise.
Je trouve ça vraiment amusant d’entendre que le vouvoiement est un succès, je serais curieux d’avoir la perception des gens dans la salle, a répondu M. Cossette, ce qui a provoqué de nombreux éclats de rire dans la salle.
Santé
Comment améliorer concrètement l’accès à un médecin pour les Estriens? C’est la question posée aux quatre candidats et toutes leurs réponses ont un dénominateur commun : l'amélioration des soins à domicile.
Santé Québec est une structure extrêmement centralisée, a appuyé Bernard Sévigny, ce avec quoi Pierre Cossette a dit être d’accord.
Guillaume Rousseau s’est empressé de dire qu’il ne faut pas abolir Santé Québec.
Il ne faut pas abolir Santé Québec, mais il faut décentraliser la prise de décisions.
Stéphanie Vachon croit quant à elle que les économies réalisées par Santé Québec ont été faites sur le dos des travailleurs et des travailleuses. Parce que, quand vous économisez du temps de travail, ce sont d’autres gens qui travaillent deux fois plus.
Tout au long du débat, la solidaire a adopté une stratégie offensive en questionnant directement ses adversaires sur différents enjeux.
Environnement et énergie
Stéphanie Vachon a voulu connaître la position des autres partis sur la question d'un éventuel projet de mégacentre de données de Keel Infrastructures, à Sherbrooke.
Le candidat libéral a affirmé vouloir respecter les compétences municipales.
Il a également été question d’acceptabilité sociale concernant les parcs éoliens, puisque plusieurs projets sont sur la table en Estrie.
L’acceptabilité sociale, c’est un cheminement, ça se cultive. Ça prend des discussions, des ajustements. On n’arrive pas avec un projet qu’on ne peut pas modifier.

Le péquiste Bernard Sévigny, le caquiste Guillaume Rousseau, l'animateur Pierrick Pichette, le libéral Pierre Cossette et la solidaire Stéphanie Vachon.
Photo : Radio-Canada / Félix Delorme-Lapointe
Transport
La Société de transport de Sherbrooke (STS) fait face à un lourd déficit, entre autres en raison de coupes budgétaires du gouvernement provincial.
[Sherbrooke] est différent. Il faut que cette performance soit reconnue, qu’on soit capable d’appuyer nos sociétés de transport, nos universités. Les gens qui font différemment ici doivent être appuyés. Il faut régionaliser des décisions et s’assurer qu’on a les moyens de se développer, a avancé Pierre Cossette.
Pour la solidaire Stéphanie Vachon, c’est plutôt la prévisibilité qui fait défaut.
Les coupes de la CAQ à la STS ont été faites rétroactivement. Ils ont su un an après avoir déjà dépensé l’argent et dégagé des sommes. Ils ont même été obligés de couper des postes.
Infrastructures
Le maintien des infrastructures est la principale demande des municipalités du Québec. La Fédération québécoise des municipalités avance un déficit de près de 50 milliards de dollars.
Il faut savoir planifier. Dans l’ouest de la ville, Rock-Forest-Saint-Élie-Deauville est un bassin de 40 000 personnes et il n’y a pas d’école secondaire. C’était prévisible, parce qu’on sait où est le développement. […] En attendant, les élèves du secondaire partent tous en autobus ou en auto le matin, a déploré le péquiste Bernard Sévigny.
Plusieurs infrastructures régionales, comme l’école Mitchell-Montcalm, la bibliothèque de Windsor et le centre multisport de Saint-Denis-de-Brompton ont fait partie des discussions.
Questions des étudiants
Après le débat, des étudiants du Cégep de Sherbrooke ont posé leurs questions aux candidats. Une jeune femme a notamment demandé au caquiste Guillaume Rousseau la raison pour laquelle le parti mérite son vote. Vous proposez beaucoup de projets. Est-ce c'est dû à un manque de temps que vous ne pouvez pas élaborer ces projets-là?
M. Rousseau a été clair : la Coalition avenir Québec a changé de chef.
Le style est complètement différent. M. Legault avait ses qualités, mais il avait tendance à aller un peu vite. Il avait un problème, il trouvait une solution et il fonçait. Mme Fréchette est plus du genre à consulter les gens sur le terrain, à aller voir ce que nous dit la science et à prendre un peu plus de temps pour décider, mais quand elle décide, c'est avec détermination et on va de l'avant.
Le Téléjournal Estrie du 24 septembre présente une édition spéciale d’une heure sans publicité qui revient sur les meilleurs moments de ce débat.


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