Le premier ministre hongrois Peter Magyar a annoncé l’arrêt dimanche de l’unique centrale nucléaire de son pays, une «première en 44 ans», en raison de niveaux d’eau trop bas dans le Danube. «En raison de la nouvelle baisse du niveau des eaux du Danube, l’une des deux dernières unités de production de la centrale nucléaire de Paks sera mise à l’arrêt à 1h30 du matin» dimanche, a-t-il écrit sur son compte X peu avant la mise à l’arrêt programmée.
«La production de la centrale tombera ainsi à seulement 240 mégawatts», a complété le dirigeant qui précise que la centrale «sera complètement arrêtée pour la première fois en 44 ans».
Notre point: Les fortes chaleurs pèsent sur les systèmes électriques
Elle fournit 40% de l’électricité du pays
Située à une centaine de kilomètres au sud de Budapest, la centrale de Paks fournit environ 40% de la production annuelle d’électricité du pays.
Le Danube avec la centrale de Paks au lointain, 31 juillet 2026. — © ATTILA KISBENEDEK / AFP
Vendredi, l’exploitant de la centrale, dont les quatre réacteurs construits avec une technologie de l’ère soviétique sont refroidis par de l’eau pompée dans le Danube, avait prévenu que la baisse du niveau du fleuve pourrait contraindre la centrale à être complètement mise à l’arrêt vers le milieu de la semaine prochaine. Or le gouvernement avait prévenu que l’opération pourrait intervenir dès le week-end.
En raison de déficits de précipitations prolongés et de la chaleur extrême qui touche l’Europe depuis le printemps, les eaux du Danube ont atteint par endroits un niveau historiquement bas. Et la situation risque d’empirer en raison des 40 à 42 degrés prévus dans les prochains jours dans le pays d’Europe centrale.
Le Rhin est à son plus bas niveau
Le Rhin a atteint un nouveau plus bas historique samedi midi à Cologne, à 67 cm, soit deux centimètres de moins que le dernier record datant de 2018, indique l’autorité des voies navigables (WSV). Les eaux devraient remonter suite aux importantes pluies.
A Kaub, plus au sud, le niveau du fleuve était déjà remonté samedi midi à 30 cm, après avoir atteint un plus bas à 25 cm vendredi, selon le WSV. Cette différence entre les villes s’explique par le fait que chaque station possède son propre zéro de référence et que les valeurs des jauges ne sont donc pas directement comparables d’une ville à l’autre.
Le Rhin, ici vers Düsseldorf Oberkassel, le 31 juillet 2026. — © IMAGO / IMAGO/BREUEL-BILD
Ce faible niveau des eaux pourrait affecter plusieurs secteurs clés de la première économie européenne, notamment la chimie et la sidérurgie, qui dépendent du fleuve pour transporter de grandes quantités de marchandises.
Des chaînes d’approvisionnement menacées
Dans un entretien au quotidien Rheinische Post paru samedi, Thilo Schaefer, expert du changement climatique à l’institut économique IW, a alerté sur les conséquences potentielles d’un arrêt de la navigation sur ce fleuve.
«Une mise à l’arrêt totale de la navigation intérieure exigerait à elle seule environ 3000 camions-citernes supplémentaires par jour», a-t-il dit. «Or, ces capacités ne sont pas disponibles. De réelles pénuries menacent donc les chaînes d’approvisionnement. Pour l’économie allemande, cela peut devenir une charge conjoncturelle sensible», a-t-il ajouté.
Le Rhin est le deuxième fleuve le plus long d’Europe occidentale et centrale après le Danube, et neuf pays dépendent de lui pour l’eau potable, l’eau douce, l’hydroélectricité et le transport fluvial. (ATS)


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