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Il faut absolument réduire la production mondiale de matières plastiques. Si vous aviez encore des doutes, une étude publiée ces jours-ci dans The Lancet Planetary Health devrait vous convaincre que c'est une véritable urgence.
Une étude de modélisation pour estimer l’impact du plastique sur la santé
Les auteurs ont cherché à quantifier les impacts sur la santé humaine des plastiques présents dans les déchets solides municipaux (64 % de la production mondiale de plastique), en tenant compte de l'ensemble de leur cycle de vie, c'est-à-dire depuis l'extraction du pétrole et du gaz nécessaires à leur fabrication jusqu'à leur fin de vie (incinération ou dépôts dans la nature) en passant par leur production, leur transport et leur recyclage. Ils ont également pris en compte dans leurs calculs les impacts sur la santé des matériaux alternatifs à usage unique et ceux des systèmes de réutilisation du verre.
Il s'agissait d'estimer les effets sur la santé des gaz à effets de serre, des particules et des émissions chimiques spécifiques associées à la production et la gestion de ces matériaux, en matière de nombre d'années de vie en bonne santé perdues.
Dans leur étude, les chercheurs, des scientifiques anglais de la London School of Hygiene & Tropical Medicine et français de l'Institut national de la recherche agronomique (Inrae), n'ont pas tenu compte de l'exposition aux substances pouvant s'échapper d'emballages alimentaires, comme les produits chimiques et les microplastiques, et reconnaissent donc que, malgré des résultats inquiétants, l'étude sous-estime les risques globaux.
Le saviez-vous
Megan Deeney, une des auteurs de l’étude, a pris l’exemple d’une bouteille d’eau pour expliquer comment se déroule son cycle de vie. Elle est fabriquée à partir de pétrole et de gaz fossiles qui vont être transformés en polyéthylène téréphtalate (PET). Elle va être transportée jusqu’au lieu de commercialisation puis, après usage et malgré les efforts de recyclage, elle a de grandes chances de finir dans une décharge où elle se décomposera en libérant des produits chimiques dans l’environnement.
4,5 millions d’années de vie en bonne santé perdues par an en cas de « business as usual »
Résultat : si rien ne change dans la manière que nous avons aujourd'hui de produire et de gérer les déchets plastiques - en gros, si l'on continue le « business as usual » -, le nombre cumulé d'années de vie en bonne santé perdues - en raison du réchauffement climatique, de la pollution atmosphérique et des maladies et décès prématurés liés aux effets toxiques des produits chimiques que les plastiques contiennent - devrait atteindre 83 millions d'ici à 2040. Ce nombre passerait ainsi de 2,1 millions en 2016 à 4,5 millions en 2040, soit un doublement du chiffre mondial en près de 25 ans !
« La pollution plastique et les émissions associées à son cycle de vie nuisent à la vie et au bien-être des populations dans le monde entier, mais l'ampleur des multiples impacts sur la santé n'a pas encore été pleinement quantifiée », expliquent les chercheurs.
27/1/26. Global health impacts of plastics systems could double by 2040. Health harms are at all plastic life cycle stages: extraction of fossil fuels, feedstocks for 90%+ of plastics & material production to final disposal or release to environmenthttps://t.co/fBbZGmrw9G
— andrew watterson (@aew1aew1) January 27, 2026Une seule solution : freiner la production mondiale de plastique
En revanche, selon leurs calculs, il serait possible de réduire de 43 % le nombre cumulé d'années de vie perdues en 2040, si l'on mettait en place des politiques visant :
- à réduire la production mondiale de plastique ;
- à améliorer la collecte et l'élimination des déchets ;
- à augmenter le recyclage ;
- à remplacer certains plastiques par des matériaux alternatifs ;
- à mettre en place des systèmes de réutilisation ;
Il semble cependant que ce soit la réduction de la production de plastique, SANS mettre en place de substitution de matériaux, qui serait le levier le plus efficace pour réduire les émissions et alléger les charges sanitaires, estiment les auteurs.
Recycler le plastique, un geste vertueux… mais qui ne réglera pas la crise sanitaire associée à ses impacts sur la santé. © AdriaVidal, Adobe Stock
Aucun traité sur la baisse de la production de plastique n'a jamais pu être conclu jusqu'à présent au niveau mondial, en raison notamment des pressions exercées par les pays producteurs de pétrole. Selon Megan Deeney, l'auteure principale de l'étude, pour face à cette crise sanitaire mondiale, rien n'empêche en revanche les pays d'agir au niveau national.


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