«Je suis un rideau en flammes/je suis de l’eau qui bout/je suis un serpent je suis un bord de verre coupant/je suis du sang/je suis cet escargot ardent/qui rentre chez lui en rampant». Charles Bukowski (1920-1994) et la poésie, c’est tout un poème, au long cours. Jugez plutôt: pas moins de 35 recueils de poésie, 20 de son temps et 15 autres publiés à titre posthume. En comparaison, il a écrit une quinzaine de recueils de nouvelles (dont Contes de la folie ordinaire, Journal d’un vieux dégueulasse, Au sud de nulle part) et autres textes, six romans (dont Factotum, Women, Pulp) et une dizaine d’ouvrages (essais, lettres, correspondances). La poésie aura été toute (la moitié de) sa vie, puisqu’il a commencé à coucher sur le papier ses premiers vers à l’âge de 35 ans seulement. Les spécialistes de l’œuvre de l’icône de la contre-culture estiment qu’il a écrit quelque 5000 poèmes.
Abel Debritto, auteur d’une thèse sur Charles Bukowski, publie depuis les années 2000 des textes oubliés, méconnus ou inédits du «vieux dégueulasse» selon l’expression de l’écrivain, alias Buk, Hank ou Henry Chinaski. Ils proviennent de collections d’universités ou de bibliothèques de Californie et d’Arizona et de revues alternatives souvent confidentielles. Il s’agit surtout de poèmes mais aussi de textes de non-fiction, de notes ou d’extraits de lettres, réunis en anthologies thématiques. Selon cet expert et éditeur, il resterait entre 1500 et 2000 poèmes non encore publiés.


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