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La foire commerciale de fruits de mer, événement incontournable pour les spécialistes de la pêche, le Seafood Expo North America, débute dimanche à Boston.
L’an dernier, l’entrepreneur gaspésien Bill Sheehan se souvient que la menace tarifaire américaine était sur toutes les lèvres. C'était le sujet du jour l'an passé, ça risque encore [d'être] le sujet du jour.
Bill Sheehan vend généralement les deux tiers de sa production à ses voisins du sud. Le reste est vendu en grande partie au Québec, mais aussi en Europe et en Asie.

Visiteurs au Seafood Expo North America. (image d'Archives)
Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre
Même s'il n'y a pas de tarifs douaniers sur les produits de la mer canadiens, l’instabilité économique l’incite à développer de nouveaux marchés. Quand on parle de 10, 15, 20, 25 % sur ces produits-là, c'est des chiffres qui peuvent changer les habitudes des consommateurs américains.
Il rappelle que depuis, la Chine a retiré ses tarifs sur certains produits de la mer canadiens. La Chine va recommencer à consommer davantage de produits de la mer, entre autres le homard. Il s’achète beaucoup de homard en Chine , soutien-t-il.
Avec nos voisins du sud, ça serait essayer de réduire absolument notre dépendance envers le marché américain, mais on sait que ça ne sera pas du jour au lendemain.

Bill Sheehan, de chez E. Gagnon et Fils, serre la main d'un acheteur américain lors d'un "Seafood Expo North America", à Boston. (Photo d'archives)
Photo : ICI Radio-Canada
Il y a le niveau politique, il y a le niveau je dirais...de la vraie vie , souligne le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche. Serge Fortin rappelle que malgré tout, les États-Unis demeurent un partenaire d’affaires important.
C’est ce qu’il compte rappeler aux nombreux politiciens canadiens avec qui il compte s'entretenir durant les trois jours de l'événement.
Oui, il y a des politiciens qui passent, qui peuvent avoir un impact, mais souvent ces impacts-là sont à court terme alors que sur le terrain, on a établi des relations d'affaires avec des chaînes alimentaires, des distributeurs américains.

Le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, Serge Fortin (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Serge Fortin
De son côté, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Donald Martel, veut profiter de son passage à Boston pour rencontrer ses homologues des provinces maritimes et la ministre fédérale des pêches.
Nos relations avec les États-Unis sont plus du tout les mêmes. Est-ce qu'un jour ça va revenir? Souhaitons-le, mais actuellement il ne faut pas vivre dans le passé.
Actuellement, on vit une situation irrégulière dans nos relations, donc c'est important d'avoir des portes de sortie. On en à l'est et à l'ouest présentement.

Donald Martel, ministre de l'Agriculture, le 10 septembre 2025. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
De créer des liens avec les gens dans le domaine des pêches aux États-Unis, ça peut-être utile plus tard , assure de son côté le député fédéral de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes.
Le Gaspésien veut pour sa part tisser des liens politiques avec des partenaires américains en cas de besoin et avec leur support, mettre une certaine pression à l'intérieur des États-Unis pour qu’on renonce à cette menace-là.

Le député bloquiste de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine—Listuguj, Alexis Deschênes, défend l'industrie des pêches de son territoire. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
L'an dernier, les produits de la mer représentaient 8,5 milliards de dollars des exportations canadiennes, dans 114 pays.
Plus de 72 % de ce montant était transigé avec les États-Unis selon les données du gouvernement du Canada.


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