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Bientôt des data centers ne consommant pas ou peu d’eau ? Certains y croient !

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La plupart du temps, le problème le plus souvent mis en avant concernant les data centers est leur consommation électrique. Cependant, les besoins en eau pour leur refroidissement sont également très préoccupants. Pourtant, un cabinet norvégien indépendant de recherche énergétique croit à un avenir où les centres données ne consommeront pas ou peu d’eau.

Une consommation jusqu’à de 19 millions de litres d’eau par jour

Lorsque l’on évoque les data centers, la consommation énergétique revient la plupart du temps, en particulier celle des installations servant à l’intelligence artificielle. Il faut dire que les serveurs dédiées aux puces de calcul pour l’IA ont une densité énergétique 7 à 8 fois supérieure à celle des centres de données classiques.

Cependant, un autre point de consommation important revient moins souvent : l’eau. En effet, les data centers ont besoin de beaucoup d’eau pour évacuer la chaleur thermique générée par les serveurs – refroidissement par évaporation. Les plus grands centres de données peuvent consommer jusqu’à de 19 millions de litres d’eau par jour, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 50 000 habitants. Seulement voila, 70 à 80% de cette eau s’évapore dans l’atmosphère et n’est pas recyclée localement.

Alors que les futurs projets de data centers géants cristallisent actuellement les tensions, le cabinet norvégien indépendant de recherche énergétique et de veille économique Rystad Energy s’est exprimé sur la consommation dans un communiqué publié le 8 septembre 2026. Pour les chercheurs, l’avenir de la consommation d’eau dépend d’un arbitrage technologique et géographique complexe et non d’une solution miracle.

Un refroidissement liquide directement sur les puces

Dans les faits, les actuelles tours aéroréfrigérantes sont considérées comme étant efficace énergétiquement. En revanche, ces dernières pèsent extrêmement lourd sur les ressources hydriques. Selon Rystad Energy, la transition vers des data centers à faible consommation d’eau est réalisable grâce à l’adoption de technologies d’atténuation, comme le refroidissement liquide.

« Bien que les serveurs IA génèrent beaucoup plus de chaleur, l’essor de l’IA ne signifie pas nécessairement une augmentation proportionnelle de la consommation d’eau, car le refroidissement liquide au niveau du rack peut réduire la charge thermique sur les systèmes au niveau des installations et permettre une plus grande utilisation du refroidissement à sec. », peut-on lire dans le communiqué.

Le cabinet estime qu’il y a urgence. Selon son pire scénario, la consommation d’eau directe des data centers à l’échelle mondiale devrait quasiment tripler d’ici 2030, atteignant 644 milliards de litres par an contre 222 milliards de litres en 2025. Le scénario le plus favorable, soit 388 milliards de litres par an dès 2030, impliquerait un déploiement du refroidissement liquide directement sur les puces, comme sur les plateformes de type Nvidia Vera Rubin (voir ci-après). Ce procordé permettrait donc un refroidissement sec, sans évaporation.

Nvidia Vera RubinCrédit : Nvidia

Hausse de la consommation électrique et « eau cachée »

En revanche, une telle transition ne peut se faire sans concession. Effectivement, la suppression de l’évaporation de l’eau oblige à utiliser de gigantesques ventilateurs pour refroidir les fluides. Autrement dit, le système de refroidissement sec qu’évoque Rystad Energy permet d’économiser environ 2,15 litres d’eau par kWh de charge informatique mais consomme 0,30 à 0,74 kWh d’électricité supplémentaire par kWh.

Cette fameuse transition pose également la question de « l’eau cachée », principalement l’eau nécessaire aux centrales pour produire cette électricité additionnelle. Or, cette consommation pourrait exploser alors qu’aux Etats-Unis, l’eau cachée représente déjà plus du double de la consommation directe des data centers.

En somme, Rystad Energy ne croit pas simplement que les datacenters ne consommeront pas ou peu d’eau. Le cabinet démontre que réduire l’usage de l’eau sur site déplace une partie du problème vers le réseau électrique. Ainsi, une telle transition exige une décarbonation et une efficacité énergétique accrues en amont.

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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