NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le passage à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central a été décidé par le gouvernement d'Edouard Philippe et est entré en vigueur le 1er juillet 2018. Une mesure qui va alors déclencher un fort mécontentement chez les automobilistes et entraîner, avec les prix du carburant, le mouvement des gilets jaunes. Aujourd’hui de nombreux départements repassent à 90 km/h, parfois après plusieurs changements et dans ce qui ressemble bien à une énorme cacophonie. Mais quel est le bilan des 80 km/h ?
Nicolas Laperruque - Aujourd'hui à 07:00 | mis à jour aujourd'hui à 09:43 - Temps de lecture :
-
La mesure visait les routes bidirectionnelles sans séparateur central en France métropolitaine et devait être évaluée après deux ans. Le Cerema (établissement public qui évalue les mesures de sécurité routière) précise que l’évaluation a été menée sur 18 mois, de juillet 2018 à décembre 2019, la pandémie ayant perturbé le calendrier prévu.
Photo Adobe Stock
-
-
Selon ce bilan, la vitesse moyenne pratiquée a baissé de 3,3 km/h, avec un effet jugé net sur la gravité des accidents plutôt que sur leur fréquence. En clair, il n’y a pas eu moins d’accidents après le passage à 80 km/h sur les routes concernées, mais ils étaient moins graves.
Photo Adobe Stock
-
Le Cerema indique une baisse de 331 tués sur le réseau concerné sur 18 mois par rapport à la référence 2013-2017, et de 349 tués sur 20 mois si l’on inclut janvier-février 2020. En revanche, sur le reste du réseau routier français, le nombre de tués est resté globalement stable sur la même période.
Photo Adobe Stock
La mesure visait les routes bidirectionnelles sans séparateur central en France métropolitaine et devait être évaluée après deux ans. Le Cerema (établissement public qui évalue les mesures de sécurité routière) précise que l’évaluation a été menée sur 18 mois, de juillet 2018 à décembre 2019, la pandémie ayant perturbé le calendrier prévu.
Selon ce bilan, la vitesse moyenne pratiquée a baissé de 3,3 km/h, avec un effet jugé net sur la gravité des accidents plutôt que sur leur fréquence. En clair, il n’y a pas eu moins d’accidents après le passage à 80 km/h sur les routes concernées, mais ils étaient moins graves.
Combien de victimes avant et après ?
Le Cerema indique une baisse de 331 tués sur le réseau concerné sur 18 mois par rapport à la référence 2013-2017, et de 349 tués sur 20 mois si l’on inclut janvier-février 2020. En revanche, sur le reste du réseau routier français, le nombre de tués est resté globalement stable sur la même période.
C’est l’un des points clés du débat: les partisans de la mesure soulignent ces vies sauvées, en se servant des chiffres annoncés par l’Etat. Mais du côté des opposants, on conteste fortement l’efficacité de cette mesure et sa portée réelle sur la sécurité routière.
Efficacité contestée
La contestation s’appuie sur une série d’arguments. Le premier est simple : passer à 80 km/h n’a pas fait baisser le nombre d’accidents, comme le reconnaît lui-même le rapport du Cerema. Pour les opposants à cette mesure, la légère baisse du nombre de morts tient dans le renouvellement du parc, de la qualité des routes, des équipements de sécurité et des comportements à risque. Pire, rouler à 80 km/h entraînerait des dépassements dangereux. Enfin, de nombreux opposants affirment qu’un ralentissement à 80 augmenterait les émissions nocives, en rendant la circulation plus heurtée ou moins fluide, balayant l’argument écologique de la mesure.
On peut ajouter à cela l'allongement du temps de parcours, ainsi que l’impact économique et social de la mesure. Enfin, l’idée d’appliquer la même limite à des routes très différentes est critiquée, car toutes n’ont pas le même niveau de danger ni le même trafic comme le rappelle la Ligue des Conducteurs qui s’inquiète également du très faible niveau d’acceptabilité de la mesure. “Beaucoup la voient comme une décision verticale, ressentie comme punitive, ce qui alimente le rejet politique et social.”
Le fantôme des Gilets Jaunes
La mesure des 80 km/h a aussi été rattrapée par le contexte politique des gilets jaunes. Annoncée en juin 2018 puis appliquée en juillet, elle a rapidement été perçue comme un symbole de décision technocratique imposée d’en haut, au même titre que d’autres sujets de pouvoir d’achat et de contraintes quotidiennes.
Dans les territoires ruraux et périurbains, où la voiture est indispensable, l’abaissement de la vitesse a été vécu par une partie des automobilistes comme une mesure punitive et déconnectée des réalités locales. Cela a renforcé son impopularité et contribué à en faire un marqueur du quinquennat, au-delà même de son seul bilan de sécurité routière.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
En 2026, les sources de suivi de la carte des limitations indiquent qu’environ une quarantaine de départements maintiennent encore tout ou partie de leur réseau départemental à 80 km/h, alors que 52 départements sont revenus au 90 km/h sur tout ou partie de leurs routes. Parmi les départements encore à 80 km/h, on retrouve notamment l’Ain, l’Aisne, les Alpes-Maritimes, l’Essonne, le Gard, le Finistère, la Loire-Atlantique, la Moselle, la Savoie, les Yvelines ou le Val-d’Oise. Le chiffre exact varie selon qu’on compte les départements gardant l’ensemble du réseau à 80 km/h ou seulement ceux où une partie du réseau y reste soumise.
Le 80 km/h d’Édouard Philippe a produit un bilan officiel favorable, mais largement discuté. Non seulement le bilan de sécurité routière est contesté, tout comme l’impact écologique, mais cette mesure semble n’avoir jamais démontré sa légitimité. A tel point que les Départements eux-mêmes choisissent de revenir au 90 km/h, là où d’autres restent fidèles au 80, renforçant l’impression de gabegie et de désorganisation. Aujourd’hui un français qui traverse le pays aura bien du mal à savoir à combien il doit rouler.


3 week_ago
64



























.jpg)






French (CA)