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Près de quatre voitures d’occasion sur dix en France ont déjà été accidentées, et certaines présentent des dommages très importants, parfois équivalents à plus de la moitié de leur valeur.
Olivier Tiertant - Hier à 07:00 | mis à jour hier à 10:11 - Temps de lecture :
Des véhicules gravement endommagés continuent de circuler et sont régulièrement remis sur le marché, parfois après des réparations minimales ou réalisées avec des pièces de qualité inférieure.
Si en France et pour un véhicule français, nous disposons du site Histovec pour connaître l'historique d'un véhicule, ce n'est pas le cas pour les voitures et utilitaires qui arrivent d'un autre pays.
« Il faut savoir qu'un flux important de véhicules d'occasion arrivent d'Allemagne » explique Moundyr Gainou, directeur France du site CarVertical.
« Et dans ce cas, l'historique ne suit pas de pays en pays. Le marché et la législation européenne sont encore fragmentés. Des voitures peuvent donc changer de pays, perdre une partie de leur historique et être revendues sans que le nouvel acheteur ait pleinement conscience des risques ».
Absence de base de données unifiées
Le résultat, ce sont des véhicules accidentés dans un pays, qui passent ensuite dans un autre pays pour être réparés dans des conditions inconnues et qui reviennent ensuite dans un trosième pays de l'union europenne, vierge de tout soucis.
« Nous avons eu le cas avec une Porsche 911 notamment. Elle a été accidentée en Allemagne. Elle est restée une année sans rouler... et au vu des dommages ce n'est pas étonnant, avant d'arriver en France, totalement reconstruite. Le seul hic, c'est que l'accident n'a pas été déclaré. Donc non seulement la valeur de la voiture n'est pas correcte, mais le nouvel acheteur ne peut pas savoir non plus si les réparations ont été faites dans les règles de l'art ».
D'autres exemples sont tout aussi frappants, comme ce Nissan XTrail, stationné dans un garage en Allemagne et qui a été inondé jusqu'au plafond. Le véhicule est ensuite vendu en Pologne, puis on trouve trace d'un contrôle technique et d'une assurance.
La voiture est en fait remise sur la route en 2023 et circule depuis en Pologne. « Dans ce cas, ce véhicule aurait dû partir à la destruction. Il a été nettoyé et rhabillé... mais les faisceaux électriques eux ont baigné dans l'eau, avec un risque de corrosion et de problèmes électriques durant toute la vie du véhicule » comment Moundyr Gainou.
Les véhicules utilitaires souvent concernés
Le véhicules utilitaires sont particulièrement concernés par le phénomène. « Ce sont eux qui font le plus de kilomètres, donc en général, on découvre souvent des historiques avec des réductions de kilométrages d'environ 70000 kms en moyenne. Cela permet de revaloriser le véhicule mais c'est un risque technique pour le nouvel acheteur puisque les intervalles d'entretien sont faussés » ajoute Moundyr Gainou.
« Et puis il y a encore les véhicules gravement accidentés comme ce Renault Trafic de 2022 qui a eu un très grave accident. Mais comme il avait peu de kilomètres, il a été réparé et revendu en France deux ans plus tard... avec moins de kilomètres que lors de la déclaration d'accident ! ».


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