Un volcan sous-marin de 800 mètres a jailli des profondeurs de l’océan Indien en 2018, à quelques dizaines de kilomètres de Mayotte, sans qu’aucun scientifique n’assiste à sa naissance. Le Fani Maoré est un volcan sous-marin situé à cinquante kilomètres à l’est de l’île de Mayotte dans l’océan Indien, s’élevant de 800 mètres au-dessus du fond marin situé ici à 3 500 mètres sous le niveau de la mer. Il aura fallu attendre mai 2019, soit un an après les premiers signes, pour que la France découvre qu’un nouvel édifice géologique venait de pousser sur son territoire. Pendant tout ce temps, l’île elle-même s’enfonçait, sans que personne comprenne vraiment pourquoi.
À retenir
- Un volcan sous-marin de 800 mètres s’est formé en 2018 à 50 km à l’est de Mayotte sans être observé à sa naissance
- Une série de 1 800 séismes a frappé l’île entre mai 2018 et mai 2019, avec une secousse de magnitude 5,8
- L’île de Mayotte s’est enfoncée de 15 centimètres et déplacée de 18 centimètres vers l’est à cause d’une vidange magmatique
Sommaire
Un essaim de séismes que personne ne sait expliquer
La séquence sismique de Mayotte a débuté le 10 mai 2018 à 50-60 km à l’Est de Mamoudzou. Cinq jours plus tard, le 15 mai 2018, une secousse de magnitude 5,8 frappe l’île tout entière : il s’agit du séisme le plus important jamais recensé dans l’archipel des Comores.
Depuis mai 2018, l’île de Mayotte est frappée par un épisode de séismes en essaim, avec plus de 1 800 secousses ressenties, de magnitude supérieure à 3,5. Faute de structures aux normes sismiques, des habitants préfèrent passer la nuit dehors, sur les places publiques, par crainte de voir leur toit s’effondrer.
La terre, elle, ne s’arrête pas de trembler.
Le volcan surgit sans que personne ne le voie naître
Il faut attendre une année complète avant que quiconque comprenne d’où viennent ces secousses répétées. En mai 2019, la campagne scientifique « MAYOBS » révèle l’existence d’un volcan de 800 m de hauteur situé à 50 km à l’est de Mayotte, à 3 500 m de profondeur, formé en moins d’un an à partir d’une base de 4 à 5 kilomètres de diamètre. Lors de sa découverte en 2019, le volcan ne porte encore aucun nom. Il est finalement appelé « Fani Maoré » par les sources officielles, scientifiques et journalistiques depuis 2022.
En 2018, une éruption volcanique sous-marine, l’une des plus importantes jamais enregistrées, a secoué l’île de Mayotte. Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement français mobilise le CNRS, le BRGM, l’IPGP, l’Ifremer et plusieurs autres instituts de recherche pour comprendre ce qui se joue au fond de l’océan.
Le mystère, enfin, a un visage.
Mayotte glisse et s’enfonce, doucement mais sûrement
L’île elle-même n’est pas restée immobile pendant la crise. L’IGN a noté que l’île se déplaçait vers l’est à la vitesse de 14 mm par mois, tout en s’affaissant légèrement. Ce mouvement, imperceptible au quotidien, s’accumule mois après mois jusqu’à devenir mesurable à l’œil nu sur le trait de côte.
En octobre 2019, l’enfoncement constaté de l’île de Mayotte en raison du phénomène de vidange magmatique atteint 15 centimètres, provoquant un début de submersion des résidences les plus proches du rivage. Les données disponibles à l’époque font état de 15 centimètres d’enfoncement et de 18 centimètres de déplacement vers l’est. La physicienne Nathalie Feuillet résume le phénomène d’une image parlante : « l’île de Mayotte est posée sur une poche de magma qui se vide ». Pour suivre ce genre d’épisode à l’avenir, le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte, le REVOSIMA, a été mis en place.
Mayotte n’avait jamais autant bougé.
Un DOM-TOM sous surveillance, enfin
En 1963, l’île volcanique de Surtsey avait émergé au large de l’Islande sous l’objectif des caméras du monde entier. Au large de Mayotte, rien de comparable : l’édifice s’est bâti sous 3 500 mètres d’eau, loin de tout regard, avant d’être repéré presque par hasard lors d’une campagne océanographique. Depuis 2023, les contributions des ministères concernés progressent fortement, signe de l’attention désormais portée par les pouvoirs publics à ce phénomène unique.
Depuis fin 2020, aucun déplacement n’a été enregistré, signe que la poche de magma sous l’île s’est provisoirement stabilisée. Le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte reste chargé de sa surveillance, au cas où le sous-sol mahorais décide, un jour, de reprendre son souffle.
Sources : lejournal.cnrs.fr | outre-mer.gouv.fr


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