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Par Arnaud Dassier
Le 17 avril 2026 à 17h04

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le libéralisme fait son retour dans le cœur des Français, à en croire un sondage Ifop publié le 13 avril. Le délégué général de l’UDR Arnaud Dassier s’en félicite : le pays semble désormais prêt à sortir de l’impasse socialiste.
Passer la publicité Passer la publicitéArnaud Dassier, chef d’entreprise, est délégué général de l’UDR.
C’est un lieu commun malheureusement bien connu de la famille libérale française, dont j’ai l’honneur de faire partie : notre patrie a beau être celle des auteurs et des penseurs les plus influents de la tradition libérale, de Tocqueville à Bastiat en passant par Jean-Baptiste Say, le mot de «libéral» fut longtemps tabou dans notre vie politique. Le libéralisme est souvent chargé de tous les maux, tandis que la mystique de l’égalité et de la redistribution demeure, des tréfonds de la gauche jusqu’aux confins de la droite, l’alpha et l’oméga de toute politique publique et de toute campagne électorale.
Mais ce temps semble toucher à sa fin. Ce que les libéraux français n’ont pas réussi à accomplir par la seule force des idées, la catastrophe budgétaire et l’asphyxie fiscale et normative sont en train de l’imposer. La réalité, implacable, entraîne la réconciliation des Français avec le bon sens libéral.
Le dernier sondage Ifop consacré aux idées libérales en apporte une démonstration éclatante. Il révèle moins un basculement idéologique qu’une maturation collective.
Le premier enseignement est sans appel : la parole publique est disqualifiée. Près de 81% des Français considèrent que les responsables politiques ne disent pas la vérité sur la situation des finances publiques. Cette rupture de confiance signifie que le pays n’attend plus de promesses, mais un discours de vérité.
Face à la dérive inquiétante de nos comptes publics, les Français font preuve d’une lucidité qui manque cruellement au sommet de l’État : 75% d’entre eux se déclarent désormais favorables à l’inscription dans la Constitution d’une règle interdisant les déficits budgétaires. Ce soutien est encore plus massif dans l’électorat de droite et au sein du RN. Après un demi-siècle de laxisme, le pays accepte enfin l’idée d’une discipline vertueuse.
Le sondage Ifop montre que, pour la première fois depuis longtemps, le pays est prêt. La question n’est plus celle de l’acceptabilité des réformes. Elle est celle du courage politique de les annoncer et de les mettre en oeuvre.
Enfin, la revalorisation du travail émerge comme l’ultime rempart contre l’assistanat. Toujours dans l’étude Ifop, 91% des Français estiment que le travail ne paie pas assez dans notre pays. C’est un quasi-consensus qui transcende tous les clivages politiques. Les Français ne veulent plus travailler la moitié de l’année pour un État obèse incapable de maintenir les services publics tout en laissant filer la gabegie. Autre chiffre éloquent : 57% des sondés estiment les prélèvements obligatoires trop élevés. Puisque seuls 45% des Français paient l’impôt sur le revenu, le verdict est sans appel : la totalité des contribuables nets - mais une partie significative des bénéficiaires de la redistribution - crie son ras-le-bol du matraquage fiscal.
Dernier enseignement, et non des moindres : 68% des Français (dont 81% des sympathisants du RN) se disent prêts à voter pour un candidat proposant une thérapie de choc pour réduire le déficit, les dépenses publiques et les impôts.
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Contrairement à ce que certains continuent d’affirmer, il n’y a pas de contradiction entre cette base populaire et un programme libéral ambitieux. Il existe au contraire une convergence : la demande de vérité appelle la transparence budgétaire. Le rejet des privilèges implique la remise en cause des rentes. L’exigence de souveraineté suppose un État recentré sur ses missions essentielles. Et l’aspiration au pouvoir d’achat passe nécessairement par une baisse des prélèvements et une libération du travail. Le libéralisme populaire est le seul projet capable de réconcilier un État fort, protecteur dans ses missions régaliennes, et une société libre.
Le sondage Ifop montre que, pour la première fois depuis longtemps, le pays est prêt. La question n’est plus celle de l’acceptabilité des réformes. Elle est celle du courage politique de les annoncer et de les mettre en œuvre.
L’enjeu est désormais de proposer un projet à la hauteur des défis que nous devons affronter et que les Français pourront soutenir aux prochaines élections. Cela suppose de rompre avec deux mythes de la vie politique française. Le premier consiste à croire que le libéralisme serait impopulaire par nature et pour l’éternité. Le second selon lequel l’électorat populaire serait irréductiblement hostile à toute réforme économique ambitieuse remettant en cause notre «modèle social».


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