Le bâtiment, au charme béton, fait face aux courts du tennis club du stade de Lausanne. A gauche, le siège de Philippe Morris, à droite une banque, et à quelques centaines de mètres le port de Vidy, ses voiliers, ses restaurants, ses mouettes. Sous le soleil estival, un orage pourtant. Le numéro 54 Avenue de Rhodanie abrite la Fédération internationale des échecs, dite la FIDE. Jusqu’à jeudi encore, l’instance suprême de ce vénérable sport, reconnue par le CIO, était présidée par un homme aux joues pleines et au sourire placide: le Russe Arkady Dvorkovich.
Le grand patron de la FIDE a annoncé vendredi quitter temporairement ses fonctions. Alors qu’il avait jusque-là réussi à échapper aux coups de semonce de l’Union européenne et à la mise à l’écart de Moscou des organisations sportives internationales, l’économiste figure cette fois parmi les 48 personnes dont le nom est inscrit dans le 21e paquet de sanctions de l’UE adopté jeudi. Il est reproché à cet ancien vice-premier ministre (2012 à 2018) de «soutenir des actions ou des politiques qui portent atteinte ou menacent l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine». Il est interdit de voyage en Europe, où ses potentiels avoirs ont été gelés. Echec et mat?


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