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Dans la course aux Oscars, Arco fait figure de poids plume face aux grosses productions américaines, de Zootopia 2 à Elio (Disney) en passant par Les guerrières de la K-pop (KPop Demon Hunters, Netflix). Pourtant, du point de vue artistique, la production française soutenue par Natalie Portman mérite sa nomination.
Le public aura l’occasion de s’en rendre compte cette fin de semaine, car après une tournée des plus grands festivals du monde (de Cannes à Toronto), le dessin animé d’Ugo Bienvenu sera projeté dans les salles obscures partout au pays dès vendredi.
L’histoire commence en 2932. Arco attend le retour de ses parents et de sa sœur de leur voyage dans le temps quotidien. Il apprend qu’ils se sont rendus à l’époque des dinosaures.
Le garçon voudrait pouvoir accompagner sa famille dans ses aventures, mais la loi interdit le vol et les déplacements spatio-temporels aux enfants de moins de 12 ans.
La nuit tombée, Arco soustrait son équipement à sa sœur et voyage accidentellement jusqu’en 2075. Il fait la rencontre d’Iris, une fille de son âge qui lui vient en aide.
Hommage à Miyazaki
Quand le film s’ouvre sur des scènes bucoliques où, sur l'une des innombrables plateformes suspendues au-dessus des nuages, Arco nourrit les animaux de la famille. On voit que Hayao Miyazaki a fait école bien au-delà du Japon.
Une impression appuyée par les notes introductives de la musique écrite par Arnaud Toulon, qui n’est pas sans rappeler celle de Joe Hisaishi, le compositeur emblématique des studios Ghibli.
À ces premières sensations (très positives) s’ajoute la proximité entre certains thèmes chers au vénérable maître nippon et à Ugo Bienvenu. Dans Arco, la question de la crise climatique est très présente, tout comme celle des rêves d'enfance. Qui n’a jamais rêvé de pouvoir voler?
En même temps, le réalisateur parvient également à se distinguer. Il s’inspire peut-être de Miyazaki, mais il ne le copie pas. Dans ce premier long-métrage, pas d’esprits surnaturels, mais une science vis-à-vis de laquelle l’humanité entretient un rapport complexe.
D’un côté, le progrès a participé au désenchantement du monde et, en même temps, a permis la survie de l’humanité.
Enfin, Ugo Bienvenu fait le choix d’une esthétique singulière aux accents artisanaux à travers chaque plan, en cela Arco se distingue de ses principaux concurrents dans la course aux Oscars.
Les personnages d’Iris et du robot Mikki rendent aussi hommage à l’art du dessin à divers moments du film, la boucle est bouclée.
Des hologrammes comme parents
La Terre va plus mal en 2075 qu’en 2932. Des feux de forêt dévorent la planète. Tous les postes de services publics, de la police aux enseignants, sont occupés par des robots.
Cela ne permet pas pour autant aux parents d’être présents auprès de leurs enfants : ce sont leurs hologrammes qui sont assis à la table du dîner, car ils sont trop occupés par leur travail pour rentrer chez eux.
Les tâches qui incombent habituellement aux adultes sont assurées par Mikki, un robot dont la voix est la synthèse de celles du père et de la mère.
Dans ce monde, la fantaisie vient d’un trio de théoriciens du complot un peu loufoques. Ils cherchent Arco dont ils ont vu la traînée céleste couleur arc-en-ciel s’abattre dans une forêt. Après de multiples rebondissements, et en échange de réponses à leurs questions, ils finissent par aider le jeune garçon pour qu’il puisse rentrer chez lui.
Cette légèreté qui surgit parfois n’occulte pas la gravité de la situation. À leur manière, et sur des registres différents, Arco et Iris sont perdus. Cette histoire est le récit de leur amitié et de la connexion qu’ils établissent malgré les horizons différents dont ils sont issus.
Ponctué d’images fortes, à l’instar de celles qui montrent les enfants sauvés d’un feu de forêt par un robot, Arco est une invitation à regarder notre époque en face et à réfléchir aux conséquences de nos décisions sur le monde en général et sur les enfants en particulier.
Arco, réalisé par Ugo Bienvenu. En salle au Canada à partir du 30 janvier. Durée : 1 h 28.


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