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France 28/09/2026 06:01 Actualisé le 28/09/2026 09:10
Le pape Léon XIV clôture sa visite en France par un passage à Metz ce lundi 28 septembre. Un choix lourd de sens.

FILIPPO MONTEFORTE / AFP
Le pape Léon XIV, ici en septembre au Vatican. Il sera de passage à Metz le 28 septembre dans le cadre de sa tournée en France.
EN BREF • Le pape Léon XIV termine sa visite en France par Metz.
• Metz, marquée par les guerres, symbolise la réconciliation européenne, un thème central pour le pape qui souhaite s’éloigner des institutions officielles de l’UE.
• Le programme inclut une messe à la cathédrale Saint-Étienne, une rencontre interreligieuse et un discours sur l’Europe.
Dès que les premières rumeurs d’une visite en France de Léon XIV ont circulé, le programme du pape a suscité hypothèses et spéculations. Beaucoup ont misé, sans prendre trop de risques, sur Paris et Lourdes. Ils étaient déjà moins nombreux à avoir anticipé un passage par Saint-Denis. Mais rares sont ceux qui avaient imaginé un arrêt à Metz. Le souverain pontife a pourtant plusieurs raisons de choisir la capitale de la Moselle pour sa dernière journée en France, ce lundi 28 septembre.
Léon XIV avait prévu d’aller à Metz depuis plusieurs mois. Une idée qui lui a été soufflée par Mgr Philippe Ballot, évêque de Metz, lors d’une rencontre au Vatican en janvier. « Auprès de lui, j’ai évoqué les trois guerres traversées par notre territoire, les annexions, le fait que d’anciens pays ennemis soient devenus frères… Ou encore la figure de Robert Schuman, » a-t-il confié dans une interview à La Croix ce 12 septembre.
Une proposition qui correspondait parfaitement à l’envie de Léon XIV de consacrer une partie de sa tournée française à l’Union européenne et à la paix, un sujet cher au Vatican. « Le Saint-Siège a, depuis le début, toujours été très intéressé et bienveillant envers la construction européenne », explique Sébastien Maillard, conseiller spécial de l’Institut Jacques Delors, dans Le Pèlerin le 14 août.
S’éloigner des institutions, se rapprocher de Robert Schuman
Pour parler de paix et d’Europe, Léon XIV aurait pu se rendre à Strasbourg comme Jean-Paul II et François avant lui. Mais le pape américain souhaiterait s’éloigner des institutions pour revenir « à l’esprit fondateur de l’Union et remonter à la source du projet européen ».
Et qui dit construction européenne dit Robert Schuman, l’un des fondateurs de l’UE qui fut avocat à Metz et député de Moselle, un département marqué par trois guerres, celle de 1870-1871 (qui a opposé la France de Napoléon III à la Prusse de Guillaume Ier), puis les deux guerres mondiales. En juin 2021, l’homme politique a été déclaré « vénérable » par le pape François, dans un décret reconnaissant « l’héroïcité de ses vertus. » La première étape vers une possible canonisation.
Des terres meurtries par les conflits qui ont pourtant servi de terreau à la construction européenne et à la paix. « On se souvient encore tant, ici, des souffrances traversées par les familles de Lorraine – on pourrait associer l’Alsace – et des régions frontalières en Allemagne ; aujourd’hui, nous sommes amis », confie Mgr Philippe Ballot.
Une symbolique qui a plu au Saint-Père. « Sa parole devrait être marquée par cela », prédit-il sans trop prendre de risque. En effet, le programme annonce un discours de Léon XIV avec pour thème : « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ».
Metz, l’un des plus vieux diocèses de France
Au-delà de son rôle central dans la construction européenne, Metz est aussi une ville de premier plan dans l’histoire du catholicisme en France. Fondée aux alentours de 280 par Saint-Clément, l’Église de Metz est l’une des plus anciennes du pays, rappelle le diocèse sur son site.
Au programme de ces 24 heures : une messe dans la cathédrale Saint-Étienne (dont la capacité a été agrandie grâce à un espace extérieur permettant à un maximum de 12 000 personnes d’y assister), une rencontre interreligieuse, un discours puis une déambulation en papamobile. « Nous avons une estimation d’affluence autour de 40 000 à 100 000 personnes pour l’ensemble de la journée. Cela montre combien l’enthousiasme autour du voyage du pape s’est prolongé jusqu’en province ! », se réjouit l’évêque de Metz.


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