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Après la réconciliation économique, la réconciliation politique?

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Au terme de deux jours de rencontres au Grand cercle économique des Peuples autochtones et du Québec, un constat se dégage : le développement économique des Premières Nations est en marche.

Celui qui a mis en branle le Grand cercle économique des Peuples autochtones et du Québec (GCÉPAQ), l’ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) Ghislain Picard, était aux côtés de son successeur, Francis Verreault-Paul, pour le panel de clôture de l'événement qui se tenait à l'Hôtel Le Bonne Entente, à Québec, les 3 et 4 février.

En 2021, l’objectif du Grand cercle était de montrer le fossé qui nous séparait de la majorité québécoise, a rappelé M. Picard.

Cinq ans plus tard, alors qu’une centaine d’entreprises et d’organisations sont impliquées dans des projets pour inclure les Premières Nations dans l’économie, il faut maintenir le cap, affirme M. Picard, qui ne veut surtout pas que s’installe un statu quo, après le coup d’éclat qu’a représenté le Grand cercle.

La réconciliation économique est définie par la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador comme un processus continu et complexe qui vise à rétablir des relations économiques justes et équitables, basées sur le respect mutuel et la compréhension, et qui implique de travailler en collaboration avec les peuples autochtones.

Il y a des occasions qui se pointent, il faut continuer de les saisir.

Des représentants d’entreprises comme Hydro-Québec, Pomerleau, Rio Tinto ou Alto (qui développe le train à grande vitesse entre Québec et Toronto) étaient à la rencontre de Québec. Ces grandes organisations sont très conscientes des enjeux et désireuses de participer, elles aussi, au développement économique des Premières Nations.

Un parti, peut-être, mais une réconciliation législative d'abord

Questionné par l’animatrice du panel pour savoir s’il partageait l’idée, lancée par Ghislain Picard, d’un parti politique autochtone, Francis Verreault-Paul n’a pas fermé la porte.

Il estime cependant qu’il y a d’autres modèles possibles qui permettraient aux Premières Nations de prendre la place qui, selon lui, leur revient, telle la réconciliation législative, qui implique de prendre en compte la compétence des Autochtones avant d'adopter des projets de loi qui ont un impact sur eux.

L’exemple des Maoris, en Nouvelle-Zélande, et des Samis, dans les pays scandinaves, est, à cet égard, très inspirant, a-t-il soutenu.

Jinny Thibodeau Rankin, Francis Verreault-Paul, Ghislain Picard, Ève Bastien et Waseskon Awashish.

Jinny Thibodeau Rankin et Waseskon Awashish, de la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador, aux côtés des panelistes et de l'animatrice Ève Bastien.

Photo : Radio-Canada / Ximena Sampson

Il est grand temps, estime M. Verreault-Paul, que les Premières Nations soient reconnues comme un partenaire égal et non traitées comme un groupe de pression.

Le chef de l’APNQL participait à l’audition de deux projets de loi cette semaine à l’Assemblée nationale. Il devait présenter son mémoire et disposait du même temps de parole que des associations ou des groupes qui voulaient également se faire entendre.

On ne verra jamais le gouvernement du Québec aller participer à une consultation d'un projet de loi fédéral, a-t-il illustré.

Ils travaillent, de gouvernement à gouvernement, d'élus à élus. Pourquoi ce n'est pas la même chose avec les gouvernants des Premières Nations?

Pour sa part, Ghislain Picard croit à la nécessité d’un mouvement politique. Nelson Mandela disait : ça semble impossible jusqu’à ce qu’on le fasse, a-t-il observé. Qui dit que c’est impossible? Les gens qui veulent que ça ne se manifeste pas.

Celui qui est très critique du gouvernement de François Legault a invité les citoyens à se faire entendre aux urnes, alors qu’un nouveau gouvernement provincial doit être élu cet automne.

La réconciliation économique est née du statu quo politique, a-t-il insisté, rappelant que les électeurs ont le pouvoir de se faire entendre et de demander aux élus s’ils jugent acceptable le retard énorme dans les conditions socio-économiques de nos communautés.

On a toujours le vent dans la face, mais c’est à nous de nous assurer que le vent puisse tourner.

La prochaine rencontre du Grand cercle économique, déjà prévue cet automne, bénéficiera d'une formule renouvelée, a assuré Francis Verreault-Paul. Ce qui est clair, c’est que les jeunes des communautés seront au coeur de sa démarche.

Beaucoup d’engagements ont été pris ces cinq dernières années, a-t-il souligné. On veut bâtir sur la pérennité de ces engagements et donner toutes les occasions possibles à la jeunesse pour qu’elle atteigne son plein potentiel à tous les niveaux.

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