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Politique 08/01/2026 14:05 Actualisé le 08/01/2026 14:14
Regrettant que Donald Trump se soit « affranchi des règles internationales », le chef de l’État dénonce « l’agressivité néocoloniale » dont font preuve selon lui les États-Unis.
Par Marceau Taburet et Marie Haynes
Un changement net de ton. Dans une prise de parole beaucoup plus offensive que celle du week-end dernier après le kidnapping de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores au Venezuela, Emmanuel Macron a dénoncé ce jeudi 8 janvier l’attitude des États-Unis qui « se détournent progressivement » de leurs alliés et qui font le choix, sous l’impulsion de Donald Trump, de « s’affranchir des règles internationales ».
Lors de son discours annuel prononcé devant les ambassadeurs français, le chef de l’État a nettement haussé le ton contre Washington. Là où le 3 janvier, il disait « se réjouir » que « le peuple vénézuélien [soit] débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro », sans mentionner l’entrave au droit international que constituait alors l’opération américaine, Emmanuel Macron reconnaît désormais que « les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien ».
Conscient du risque que l’Europe ne « s’efface » au profit de grands empires, le président a une nouvelle fois pointé « l’Internationale réactionnaire » qui se met en place selon lui partout dans le monde. « Ce que je disais là-dessus il y a un an perdure : on assiste même à un processus de recolonisation », a-t-il ajouté. À l’entendre, « les discours anticoloniaux » traditionnels « ne correspondent plus à la réalité ». « Nous subissons l’agression néocoloniale de certains », estime-t-il.
« Nous sommes bien plus forts que beaucoup ne le croient »
Des mots forts, rares dans la bouche d’un Emmanuel Macron souvent plus mesuré et peu désireux de se mettre à dos les États-Unis, dont les financements sont déterminants pour aider l’Ukraine à résister aux assauts russes. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin avait lourdement critiqué sa première réaction, estimant qu’« Emmanuel Macron se soumet », par « crainte d’irriter Donald Trump ». « Ne pas réagir à ce qui se passe au Venezuela, c’est s’affaiblir dans la négociation sur l’Ukraine », ajoutait l’homme du « non » à la guerre en Irak en 2003.
Aujourd’hui, le chef de l’État dit refuser « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme » autant que « le défaitisme ». Son but : une forme de non-alignement qui consisterait à ne plus « suivre bêtement les puissances » parce que cela « ne nous correspond pas ». « C’est le choix de la vassalisation heureuse », moque-t-il.
Comme une réponse à ceux qui se lamentent chaque jour sur l’impuissance de l’Europe, Emmanuel Macron se dit convaincu que « nous sommes bien plus forts que beaucoup ne le croient ». À condition, ajoute-t-il, que « l’on s’unie davantage ». Ça vaut pour la réponse à l’attaque américaine au Venezuela, ça vaudra aussi demain si Donald Trump décide s’en prendre au Groenland ou à Cuba.


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