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Depuis le casse spectaculaire du Louvre à Paris le 19 octobre 2025, plusieurs musées français, souvent de petites structures, ont été ciblés par des malfrats. Sur ce seul mois de juillet, trois nouveaux établissements ont été cambriolés.
Le dernier méfait a eu lieu vendredi dernier au musée du Pays châtillonnais (Côte-d'Or). Un torque en or, joyau celte de plus de 2500 ans et pièce maîtresse du trésor de Vix, a été dérobé. Les auteurs ont opéré en plein jour et à visage découvert, en se faisant passer pour des touristes. Ils ont fracturé la vitrine sécurisée, pris le collier et se sont enfuis.
Ils ont agi "avec une rapidité et une logique de professionnels", souligne Jérémié Brigand, président de la Communauté de communes du Pays châtillonnais. "Ce vol intervient après l'échec de deux précédentes tentatives nocturnes de cambriolage. À la suite de ces événements, le musée avait renforcé ses mesures de sécurité, notamment en instaurant un service de surveillance nocturne."
Le 5 juillet, c'est le musée Lalique situé à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin) qui a été visé. Des bijoux d'une valeur de plusieurs millions d'euros ont été volés. Le 1er juillet, c'est le centre archéologique de Montans (Tarn) qui a été la cible de malfrats. Ils ont emporté une quarantaine de pièces d'or.
Identifier les failles et mettre à l'abri si nécessaire
Après ces vols à répétition, la ministre de la Culture Catherine Pégard a présenté à la hâte son plan d'action de sûreté des établissements patrimoniaux et des lieux de conservation de biens culturels. Ce travail avait été entamé après le casse du Louvre.
La commission d'enquête parlementaire avait dressé des constats alarmants. "Nos musées manquent de moyens et sont donc mal préparés face aux risques", ont écrit le député de droite Alexandre Portier et celui de gauche Alexis Corbière, respectivement président et rapporteur de la commission dans un document publié le 6 mai.
"Selon l'étude sur les musées de France réalisée par le ministère de la culture pour l'année 2024, seuls 23 % des 616 établissements qui ont répondu sur la sécurité disposaient d'un plan d'urgence et de prévention des risques, 25 % seulement d'un plan finalisé de sauvegarde des biens culturels, 54 % d'un système de vidéosurveillance et 64 % de consignes de sécurité formalisées. Selon [le syndicat] CGT Culture, entre 2012 et 2024, les effectifs de la filière d'accueil-surveillance-magasinage sont passés de 3 776 à 3 100 agents titulaires, soit une baisse de 18 %. Ces décennies de sous-investissement dans la sécurité des musées ont des conséquences."
Pas de remplacement des originaux
Le plan présenté par Catherine Pégard, qui fera l'objet d'un projet de loi, comprend six volets déclinés en 33 actions. Le gouvernement prévoit tout d'abord d'identifier les établissements les plus sensibles et de mettre à l'abri, dans des lieux adaptés, les objets les plus vulnérables dans l'attente de la sécurisation de leur présentation. La ministre a ajouté qu'elle n'était "pas favorable" au remplacement temporaire des originaux par des copies.
La galerie d'Apollon du Louvre, lieu du cambriolage d'octobre 2025, réouvre ce mercrediAutre axe : renforcer la culture de la sûreté dans l'ensemble de la chaîne des intervenants sur les collections et les édifices patrimoniaux, en soutenant la formation des agents. La ministre veut aussi instaurer une visite de sûreté obligatoire des musées.
Catherine Pégard n'a pas dit un mot sur les moyens financiers alloués pour répondre aux nouveaux objectifs. Elle assure toutefois qu'elle veut poursuivre le fonds sûreté doté de 30 millions d'euros et lancé début 2026. Quatre cent quatre-vingt-deux chantiers prioritaires ont déjà pu être accompagnés en France. Le ministère recense actuellement les besoins les plus urgents pour 2027.
Au Louvre, la galerie d'Apollon où étaient exposés les bijoux de la Couronne de France a rouvert ses portes aux visiteurs le 22 juillet. Mais plus aucun joyau n'est exposé. Quant à l'enquête, elle se poursuit. Les quatre membres du commando sont toujours sous les verrous depuis leur arrestation en novembre 2025. Les huit bijoux dérobés, représentant un butin estimé à 88 millions d'euros, restent introuvables.
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