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En 2024, environ 7 adolescentes sur 10 ont obtenu leur diplôme d’études secondaires en cinq ans sur la Côte-Nord. Les garçons sont moins nombreux, ils étaient 6 sur 10 à terminer leurs parcours dans la même période.
Ce constat pousse des professionnels de l’éducation à se demander comment motiver les garçons.
Au micro de Bonjour la Côte mardi, le psychologue et spécialiste de la réussite scolaire, le professeur Égide Royer, souligne que l’écart entre filles et garçons se rétrécit lorsqu’on leur laisse plus de temps pour terminer leur secondaire. En 2024, 78 % des filles et 69 % des garçons ont été diplômés en 7 ans d'études.
Dans son livre blanc publié le 7 avril, le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a estimé que le système scolaire à trois vitesses, soit la séparation des élèves entre les écoles privées, publiques et les programmes contingentés, pouvait expliquer la différence entre les filles et les garçons.
Le cas de la Côte-Nord illustre que ce n’est pas la seule cause en jeu, puisqu’il n’existe qu’une seule école privée dans la région, fait remarquer Égide Royer.
Taux de diplomation au secondaire en 2023-2024
| Après 5 ans d'études | 68 % | 82 % | 61 % | 56 % |
| Après 7 ans d'études | 77 % | 85 % | 70 % | 61 % |
La réalité du marché du travail est également un facteur. Même sans diplôme, sur la Côte-Nord, les jeunes ont accès à des métiers traditionnellement masculins très bien rémunérés qui ne nécessitent pas de qualification, expose le professeur.
Le Centre de services scolaires de l’Estuaire a choisi de s'adapter à ce contexte. Selon le centre, il est possible d'aider les jeunes à trouver un sens à l’école et à persévérer en se fixant un objectif professionnel.
Pour un jeune qui accorde peu de valeur à un diplôme d’études secondaires, on le raccroche en encourageant à avoir un diplôme de formation professionnelle, explique la directrice générale du CSS de l’Estuaire, Nadine Desrosiers.

Certains élèves trouvent un sens à leurs études en explorant la formation professionnelle, affirme Nadine Desrosiers. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Cette approche commence dès le préscolaire, où les petits développent leur connaissance de soi et sont encouragés à réfléchir à leur avenir.
Plus tard au secondaire, les élèves peuvent explorer la formation professionnelle en participant à un stage d’un jour, que ce soit en voirie forestière, dans une cuisine ou dans un salon de coiffure.
Parfois, c’est le petit déclic qui leur donne un but dans la vie, souligne Nadine Desrosiers.
Depuis la mise en place de cette nouvelle approche, en 2018, la directrice générale remarque que le taux de réussite de la formation professionnelle s’améliore. Pour l’année 2023-2024, il était 86 %, soit plus élevé que dans l’ensemble du Québec (83,3 %).
Elle continue : l'important, c’est qu’ils restent dans le monde scolaire. Certains vont finir leur parcours aux adultes, d’autres vont continuer aux études collégiales, indique-t-elle.
Des organismes communautaires sont aussi impliqués dans la persévérance scolaire. L'intervenante jeunesse du Carrefour jeunesse emploi, Karine Vivier, organise depuis près de 10 ans un mini-colloque sur la persévérance scolaire, qui s'adresse aux jeunes du secondaire.
Ces colloques traitent de sujets aussi variés que l'anxiété relative aux choix de carrière, des DEP offerts dans la région, ou de stratégies pour améliorer l'apprentissage.


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