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Après de longs retards et une certaine résistance dans le quartier, le premier centre de consommation supervisée du Manitoba a ouvert ses portes de façon permanente, mardi, au centre-ville de Winnipeg.
Géré par le Centre de santé et de bien-être des Autochtones, l'établissement accueillera les usagers cinq jours par semaine.
L'équipe médicale compte huit membres, dont un conseiller spécialisé dans les interventions de crise, tandis qu'une équipe de sécurité sera présente sur les lieux 24 heures sur 24.
Comment fonctionne le centre?
La province précise que cet espace — qui peut recevoir jusqu'à 12 personnes simultanément — ne fournira aucune drogue, mais visera plutôt à réduire les méfaits et les risques de surdose. L'accès est strictement interdit aux personnes de moins de 18 ans.
Les usagers se présentant pour des injections seront accueillis dans un véhicule récréatif aménagé, autrefois utilisé pour la vaccination pendant la pandémie. Un espace distinct, aménagé sous un auvent extérieur, est quant à lui réservé à l'inhalation.
La consommation proprement dite prend environ deux à trois minutes, précise Monica Cyr, directrice générale du Centre de santé et de bien-être des Autochtones.
Depuis bien trop longtemps, nous voyons des gens consommer publiquement, nous voyons des gens mourir. [...] Il s'agit d'un outil supplémentaire permettant aux gens d'accéder à du soutien et à des services.
Le maire de Winnipeg, Scott Gillingham, a affirmé mardi qu'il espérait que cette initiative contribuera à réduire la consommation de drogue dans l'espace public. Les personnes qui consomment disposent désormais d'un espace qui leur est réservé, a-t-il souligné.
À la tête du ministère de la Santé, Uzoma Asagwara abonde dans le même sens, estimant que ce nouvel espace permettra d'améliorer la sécurité au centre-ville : C'est une mesure que les experts et les habitants réclament depuis longtemps.

Plusieurs contretemps ont retardé les plans de la province, mais le centre a finalement ouvert ses portes au 366, avenue Henry, au centre-ville de Winnipeg.
Photo : Radio-Canada / Gary Solilak
Des résidents et des commerçants inquiets
Des voisins et des commerçants du secteur craignent toutefois que l'emplacement du centre n'aggrave l'insécurité dans le quartier.
Pourquoi s'installer ici et semer l'inquiétude [au sein de la communauté]?, demande Lourdes Miranda, propriétaire du restaurant Pampanga, situé sur l'avenue Henry.
De son côté, l'activiste Joseph Fourre estime qu'un tel centre ne fait que prolonger l'agonie de la dépendance sans offrir de réelle structure de traitement.
Face aux critiques, Monica Cyr demande à la population de donner une chance au projet.
Nous nous engageons à agir en bon voisinage. Nous croyons en ce que nous faisons. Nous croyons à la réduction des risques.
Des patrouilles à pied du Partenariat pour la sécurité communautaire accompagneront les usagers dans leurs déplacements afin d'éviter les regroupements autour du bâtiment. Les autorités recevront également des rapports réguliers permettant de mesurer l'impact de l'établissement sur le quartier.
Initialement prévu pour 2025, le projet avait été devancé à mars dernier avant de subir une série de reports. L'établissement n'avait fonctionné qu'une seule journée en juin, avant de lancer une ouverture progressive en juillet pour parfaire la formation du personnel, avant son inauguration complète ce mois-ci.
Avec les informations d'Ian Froese, Gavin Axelrod et Arturo Chang


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