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À Paris, Emmanuel Grégoire s’attaque à Rachida Dati et se fait reprendre par LFI

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Lors de son premier meeting de campagne, le candidat PS aux municipales s’en est pris à la ministre de la Culture. Sans se douter que la riposte viendrait des insoumis.

Emmanuel Grégoire à la Bellevilloise le 14 janvier.

QUENTIN DE GROEVE / Hans Lucas via AFP

Emmanuel Grégoire à la Bellevilloise le 14 janvier.

EN BREF Emmanuel Grégoire a attaqué Rachida Dati lors de son premier meeting de campagne à Paris, en soulignant son ralliement à Emmanuel Macron.
La France insoumise a réagi en attaquant le PS pour son refus de soutenir une motion de censure contre l’exécutif.
Les sondages montrent Emmanuel Grégoire en tête, mais il doit capter les voix de LFI pour éviter la défaite au second tour

Coup de billard à trois bandes. Emmanuel Grégoire croit s’attaquer à Rachida Dati, mais se fait reprendre à la volée par La France insoumise. Mercredi 14 janvier, le socialiste organisait son premier grand meeting de campagne à la Bellevilloise, une salle de l’Est parisien. Une démonstration de force puisque, outre la présence de l’ensemble des partis de gauche qui composent sa liste (le PS, les Écologistes, le PCF, Place Publique, l’Après...), plusieurs milliers de personnes ont fait le déplacement.

Au cours de son discours, le candidat à la mairie de Paris s’en est pris à Rachida Dati, son adversaire la plus redoutable dans cette bataille. « La précarité, l’accroissement des inégalités, la montée du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie, l’inaction écologique... Qui en sont les responsables ? Qui est au gouvernemnt ? Qui est ministre de Macron ? Qui a été ministre de Sarkozy ? Vous, madame Dati », a critiqué l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo.

Sans se douter qu’il serait repris, sur cette attaque en particulier, par des cadres et militants de La France insoumise. Car le jour même, une motion de censure était examinée à l’Assemblée nationale, et le Parti socialiste a une nouvelle fois refusé de s’y associer (contrairement aux trois autres groupes de gauche), permettant au gouvernement de Sébastien Lecornu de se maintenir. « Qui a refusé de censurer Lecornu ? Qui a sauvé Macron ? », a ainsi répliqué sur son compte X Manuel Bompard, le coordinateur de LFI.

Cette riposte illustre leur position de challenger (mais aussi de caillou dans la chaussure du PS), à l’aube d’élections municipales très disputées. Dans de nombreuses grandes villes, La France insoumise décide de faire cavalier seul et d’ainsi affronter des listes d’union PS-Écologistes-PCF. Ce scénario se produit à Paris donc, mais aussi à Marseille, à Lyon, à Bordeaux, à Rennes, à Nantes... Une stratégie assumée par la direction nationale, qui entend tirer les leçons du scrutin de 2020, sur lequel LFI avait globalement fait l’impasse.

Des attaques à la pelle

Dans les sondages, Emmanuel Grégoire est donné en tête au premier tour (autour de 33 %), devant Rachida Dati (26 %). Mais en cas de qualification de Sophia Chikirou au second tour, les deux candidats sont donnés au coude-à-coude, autour de 40 %... avec même une légère avance pour la maire du VIIe arrondissement. En d’autres termes, Emmanuel Grégoire a tout intérêt à récupérer un maximum de voix de La France insoumise dès le premier tour, pour éviter de la voir se hisser au-desus des 10 % et donc se qualifier au second.

Partout, la même stratégie du « pare-choc » est à l’œuvre : aspirer les voix de LFI, sans en faire un adversaire principal. Lors de son meeting du 14 janvier, le socialiste n’a pas cité une seule fois le nom de Sophia Chikirou et fait de la droite et de l’extrême droite ses adversaires principaux. Ainsi, Rachida Dati en a-t-elle pris pour son grade. Lui reprochant d’être dans « l’outrance », Emmanuel Grégoire l’a aussi accusée de vouloir transformer Paris en « labo facho ». Là où lui entend faire de la capitale une « ville-refuge ». Sur la même lancée, il a poursuivi : « Ils veulent gérer Paris, ils ne savent même pas gérer le musée du Louvre ». L’intéressée ne s’est pas exprimée depuis.

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