Le SoFi Stadium est tellement immense avec ses neuf niveaux superposés comme un épais mille feuilles, ses vastes accès plantés d'un lac, d'une palmeraie et bien sûr d'innombrables parkings, qu'il a l'air toujours vide. C'est l'arrivée des joueurs de l'équipe d'Iran, d'abord sur le gigantesque jumbotron circulaire suspendu sous le toit d'acier et de verre, puis tout là-bas, tout petits, sur la pelouse, et la clameur qui les a accompagnés qui a fait prendre conscience de la foule, lundi. C'est ça une diaspora: des gens d'une même origine disséminés en des points éloignés mais qu'un lien invisible, souvent culturel, parfois sportif, aide à faire communauté et, à certaines occasions, rassemble.
Ce lundi à Inglewood, banlieue de Los Angeles (mais y a-t-il des banlieues dans ces villes américaines sans début ni fin?), ce lien c'était la Tim Melli, l'équipe d'Iran de football. Téhéran est en guerre avec les Etats-Unis, même si un accord de paix a été présenté le matin même. Les Etats-Unis co-organisent la Coupe du monde, notamment les trois matchs de l'Iran dans le groupe G, contre la Nouvelle-Zélande ce lundi, contre la Belgique le 21 juin toujours à Los Angeles, et le 27 juin contre l'Egypte à Seattle. Les Iraniens ont laissé planer la menace d'un boycott, les Américains leur ont fait les pires difficultés: rejet d'une quinzaine de demandes de visa au sein de la délégation iranienne, refus dans un premier temps de leur allouer le quota de billets réservés à chaque pays qualifiés...


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