Au lendemain de la votation du 14 juin, une analyse était largement partagée: la campagne autour de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» aura au moins eu le mérite de rappeler l’urgence de répondre aux conséquences de la croissance démographique, notamment dans le domaine des transports. Depuis une quinzaine d’années, le réseau des grandes lignes ferroviaires suisses est notoirement sous-dimensionné. La situation est particulièrement tendue sur l’axe est-ouest du Plateau où des centaines de milliers d’usagers font face à des trains bondés, dont les images ont abondamment nourri les discours des partisans de l’initiative. Certes, plusieurs chantiers ont bien été lancés pour accroître ponctuellement les capacités. L’effort n’en demeure pas moins largement insuffisant pour mettre fin à l’inadéquation entre l’offre et la demande, source de frustrations croissantes dans la population.
Or, c’est dans ce contexte déjà tendu, et malgré la reconnaissance du problème, que le Conseil fédéral entend sabrer dans les investissements visant à développer les capacités ferroviaires. Il a ainsi récemment envisagé de repousser la réalisation de plusieurs projets de première importance. Nous pensons en particulier au projet de tunnel Morges-Perroy, pourtant déjà voté par les Chambres fédérales, et dont l’utilité en tant que premier maillon de la nouvelle ligne ferroviaire Genève-Lausanne ne fait aucun doute.


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