La Suisse doit conclure un accord de partenariat avec l'Union européenne en matière de sécurité et de défense. Le Conseil des Etats a validé mardi, pour la deuxième fois, une motion du National demandant que le Conseil fédéral ouvre des négociations avec Bruxelles. L'OTAN a finalement été exclue du texte.
Le contexte sécuritaire européen a profondément changé depuis que le gouvernement américain se retire progressivement de l'architecture de sécurité européenne. Celle-ci se reconstruit, et la Suisse doit y contribuer, selon les deux Chambres.
Lire aussi: Stefan Holenstein: «La Suisse est désormais une faille dans la sécurité de l’Europe»Avec ces partenariats, la Suisse pourrait effectuer des achats d'armements communs avec l'UE et adopter une politique de sécurité davantage axée sur le continent européen. Un tel rapprochement ne serait pas contraire au droit de la neutralité, car il porterait avant tout sur l'acquisition de matériel militaire, ont avancé plusieurs élus.
Les sénateurs avaient toutefois relevé que l'UE n'était pas en soi un concept de défense. Jugeant que l'OTAN représentait l'alliance la plus efficace dans ce domaine, ils l'avaient incluse dans la motion.
La balance a penché avec une voix
La Chambre du peuple avait tenu à son texte initial. La coopération avec l'OTAN fonctionne déjà de manière satisfaisante depuis de nombreuses années dans le cadre du Partenariat pour la paix.
La Chambre des cantons a plié de justesse, par 21 voix contre 20. L'UDC et le PLR, soutenus par quelques centristes, rejetaient la motion. Josef Dittli (PLR/UR) a estimé qu'un tel accord irait à l'encontre de la neutralité suisse. Werner Salzmann (UDC/BE) a lui relevé qu'un partenariat en ce sens n'apporterait aucune plus-value étant donné que presque tous les Etats membres de l'UE sont également membres de l'OTAN.
Un vote dans le sens du Conseil fédéral
La rapportrice de commission Andrea Gmür-Schönenberger (Centre/LU) a au contraire argué que la sécurité en Suisse dépend de la stabilité dans les pays européens. Elle a demandé d'agir rapidement. La motion permet un partenariat «concret et rapidement réalisable», sans remettre en question la neutralité helvétique.
Lire aussi: L’Europe, plus rassurante que la neutralité?Le Conseil fédéral soutenait aussi la motion. Il a déjà annoncé l'année passée sa volonté de conclure un partenariat de défense et de sécurité avec l'UE, qui ne serait pas juridiquement contraignant.
Le mandat de négociation devra être soumis aux commissions de la politique de sécurité ainsi qu'aux commissions de politique extérieure.


2 week_ago
50




















.jpg)






French (CA)