Emmitouflés dans des parkas, capuches relevées, une quinzaine d’hommes se pressent ce mercredi soir de novembre au siège du district de football des Hauts-de-Seine (92), entre une société d’aide à domicile et le porche du numéro 90 de l’avenue Marceau de Courbevoie. François Charrasse accueille les arrivants avec bienveillance, le cou entouré de lunettes à cordon. Ce professeur à la retraite aux allures de vieux sage est l’une des figures du football francilien: vice-président de la Ligue de Paris de football et président du district des Hauts-de-Seine.
Ce soir, il a convoqué son collège des présidents de clubs. Une assemblée composée d’une quinzaine de dirigeants, dont certains des plus grands clubs d’Ile-de-France: ES Nanterre, FC Rueil-Malmaison, FC Plessis Robinson. Que des hommes, symbole d’un football amateur qui peine à se féminiser. Installé au milieu de la table en forme de U, François Charrasse lance les débats. Durant deux heures, l’ordre du jour balaye le quotidien du football local: accessibilité aux personnes handicapées, lutte contre les violences sexuelles ou les incivilités envers les arbitres. La soirée se prolonge autour d’un buffet et s’éloigne du formalisme de la réunion. Emerge alors une autre réalité: derrière le fourre-tout du bénévolat, ces présidents gèrent des clubs amateurs scrutés de près par les recruteurs de Ligue 1, de Premier League et certains des agents de joueurs les plus influents du monde. Depuis quelques années, l’Ile-de-France est la principale pépinière des futurs talents du football mondial.


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