Le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray et les organisations lycéennes n’ont pas fait d’avancée notable jeudi, pour leur troisième échange depuis le début du mouvement, alors que les blocages d’établissements et les manifestations ont continué contre les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.
La réunion entre Edouard Geffray et les organisations lycéennes, en visioconférence, a même semblé figer les positions, alors que les vacances scolaires débutent vendredi. «Nous avons quitté la réunion (au bout d’une heure, ndlr) parce que nous n’étions pas écoutés et on nous annonce une nouvelle réunion lundi à laquelle nous ne nous rendrons pas, tout simplement parce que ça ne sert à rien […] la mobilisation va aussi continuer pendant les vacances et à la rentrée aussi», a expliqué Marius Mesnil, co-secrétaire général de l’Union syndicale lycéenne.
Les manifestations des lycéens et des syndicats ouvriers convergent place Vauban à Paris le 13 octobre 2026. — © IMAGO/Julien Mattia / Le Pictorium / IMAGO/Le Pictorium
Les syndicats de lycéens préfèrent désormais discuter directement avec le premier ministre, plutôt que le ministère de l’Education, appelant de nouveau les lycéens à manifester aux côtés des divers mécontents (gilets jaunes, agriculteurs) le samedi 17 octobre.
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«On ne s’attendait à rien, et on est quand même déçus», a lâché Louis Letoublon, vice-président de Les Lycéens!. «On va maintenant s’adresser à Matignon au premier ministre qui a fait un certain nombre d’annonces sur d’autres sujets importants», a-t-il ajouté.
De son côté, Edouard Geffray a mis en avant les actions menées, avec notamment les 3000 professeurs remplaçants annoncés à l’issue de la précédente réunion avec les syndicats, qui permettent ce jeudi soir de ne plus comptabiliser que «41 établissements» en grandes difficultés, contre 114 jeudi dernier. Concernant Parcoursup, des mesures concrètes «seront communiquées d’ici fin octobre», a rappelé Edouard Geffray.
Lire aussi: Derrière la colère des lycéens, une jeunesse qui craint le futurDans la matinée, le ministre s’était rendu au lycée Les Iris à Lormont, près de Bordeaux, en partie saccagé le 8 octobre, avec des dégâts estimés par la région à au moins 250 000 euros. «Les gens qui font ça […], c’est des criminels. Tenez bon!», a lancé le ministre, avant de remercier les personnels qui ont «sauvé des jeunes», mais «aussi des adultes».
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a dénoncé la transformation du «mouvement lycéen» en «un mouvement de violences urbaines», qui fait «injure d’ailleurs aux lycéens» qui ont voulu témoigner de leur «angoisse» et «mécontentement», ou «demander des choses».
Une journée de mobilisation le 17 octobre
Jeudi, la mobilisation s’est poursuivie un peu partout, alors que les syndicats étudiants ont appelé à se joindre à la journée de mobilisation programmée samedi 17 octobre.
Des manifestations spontanées, réunissant plusieurs centaines de personnes, ont démarré en début d’après-midi, à Bordeaux, Lille et à Aubervilliers notamment. Les personnels du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement lycéen, ont dénoncé une intervention «violente» de policiers en civil dans l’enceinte de l’établissement pour y interpeller un élève.
Un professeur utilise un porte-voix devant des policiers anti-émeutes (CRS) tandis que des élèves et des professeurs du lycée Paul Éluard de Saint-Denis manifestent devant le commissariat central de Saint-Denis, près de Paris, pour protester contre des violences policières présumées, le 15 octobre 2026. — © DIMITAR DILKOFF / AFP
Au niveau national, les proviseurs étaient appelés par leur principal syndicat à une «opération rideaux» jeudi après-midi, consistant à ne gérer que les urgences, pour signifier leur «ras-le-bol».
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Parti d’un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement des lycéens s’est propagé en France, soutenu par des organisations étudiantes et syndicales. Concernant les facs, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, a évoqué jeudi «une quinzaine» d’interventions des forces de l’ordre dans les universités jusqu’à présent.
Depuis le début de la contestation, «près de 900» policiers et gendarmes ont été blessés selon le ministère de l’Intérieur, tout comme plus de 200 lycéens et près de 150 personnels de l’Education. Trente-six enquêtes ont été ouvertes par la police des polices dont quatre concernent des «blessures mutilantes» et six des «blessures significatives».
Lire aussi: Pourquoi la police française est une des seules à tant utiliser les polémiques balles de défense LBD fabriqués en SuisseLe gouvernement table sur les vacances scolaires pour provoquer son essoufflement dans les 3700 lycées du pays, mais des organisations de jeunesse appellent à rejoindre la mobilisation samedi avec des gilets jaunes contre la vie chère.


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