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Éprouvée par les deuils et la maladie au sein de sa famille, Cheryl West a trouvé un refuge inattendu à quelques dizaines de mètres du sol. Aux commandes de ses drones, cette résidente de Grenfell sublime les paysages ruraux de la Saskatchewan tout en apaisant son esprit.
Lorsqu'elle manie sa télécommande, Cheryl West s'isole du reste du monde. Je n'aime pas qu'on me parle quand je pilote le drone. Je suis dans ma bulle, confie-t-elle.
Ce qui n'était au départ qu'une simple suggestion de son fils, il y a six ans, s'est transformé en une véritable bouée de sauvetage. Installée à Grenfell, à une centaine de kilomètres à l'est de Regina, Mme West partage aujourd'hui ses prises de vue aériennes sur sa page Facebook, suivie par des milliers d'internautes.
Avant de voir sa province d'en haut, elle avoue qu'elle n'en mesurait pas toute la beauté. Ce que beaucoup d'abonnés apprécient vraiment, c'est de découvrir des paysages que personne ne peut voir à moins d'être dans les airs, raconte-t-elle.
Un soutien vital
Derrière les couchers de soleil et les champs à perte de vue se cache une démarche de reconstruction personnelle. Ces dernières années, Cheryl West a dû soutenir sa fille aux prises avec de violentes crises d'épilepsie quotidiennes, avant qu'une chirurgie ne vienne stabiliser son état il y a trois ans. Dans le même temps, elle a dû faire face à la perte de plusieurs proches.
Je n'ai jamais eu l'occasion de vivre pleinement chacun de mes deuils parce qu'il y avait constamment une urgence à gérer, confie la quinquagénaire.

Cheryl West s'est initiée au drone lorsque son fils lui a suggéré l'idée il y a six ans.
Photo : Fournie par Cheryl West
Cette passion pour l'image l'a aussi rapprochée de la mémoire de son père, qui photographiait lui aussi des paysages et qui est décédé en 2000 : Avant de partir, il m'a dit : "Ne t'inquiète pas, je vivrai à travers toi." Avec le drone, j'ai compris ce qu'il voulait dire. Il vit à travers moi grâce à l'image.
Désormais, elle et son mari Kirk Lee sillonnent les routes de campagne chaque semaine. Entre les heures de tournage, la captation sonore au sol et le montage, l'exercice requiert une rigueur qui lui permet de décrocher. Je ne sais pas ce que je ferais sans les drones pour ma santé mentale, tranche-t-elle.
La photo pour voir le beau
Ce pouvoir thérapeutique de l'objectif ne surprend pas Dre Erwin, infirmier en soins primaires et fondateur du Club de photographie de Pinehouse (Pinehouse Photography Club), une localité située à 200 kilomètres au nord de Prince Albert.
M. Erwin, qui utilise la photothérapie auprès des jeunes de la communauté, a lui-même eu recours à cette discipline pour surmonter des traumatismes personnels, après avoir notamment survécu à une tornade.
Pour moi, la photographie consiste à se concentrer sur ce qu'il y a de bon dans l'existence, à fixer son regard sur quelque chose d'extraordinaire pour ensuite le partager, explique-t-il.
Selon lui, la prise de vue par drone, les poses longues de nuit et les vidéos en accéléré révèlent la richesse insoupçonnée des Prairies : Les gens ont souvent l'impression que la Saskatchewan est plate et qu'il n'y a rien à voir. Mais il y a une beauté immense ici. Il suffit parfois d'ouvrir l'œil un peu plus grand.
Avec les informations de Maeve Ellis


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